À Paris, les gilets jaunes défient l’interdiction de manifester à Concorde
Malgré l’arrêté de la préfecture de police, la coordination des gilets jaunes maintient son appel à occuper la place de la Concorde, samedi après-midi. Les autorités opposent le risque de troubles à l’ordre public et renvoient les manifestants vers le cortège République-Nation.
L’essentiel
- La préfecture de police a interdit le rassemblement des gilets jaunes place de la Concorde.
- La coordination maintient son appel et refuse de rejoindre le cortège intersyndical autorisé.
- En début d’après-midi, peu de manifestants étaient présents et deux porte-parole ont été interpellés.
Un rassemblement interdit mais maintenu
« Nous irons à Concorde à 14 heures et nous y resterons jusqu’à 19 heures », a affirmé Benjamin Ball, membre de la coordination des gilets jaunes, vendredi à la sortie de la préfecture de police de Paris, selon Le Figaro. L’interdiction décidée par les autorités n’a donc pas modifié le mot d’ordre : la coordination entend toujours se rendre place de la Concorde.
La préfecture de police a pris un arrêté visant cet appel au rassemblement. Sa porte-parole, Hélène Denéchère, a défendu cette décision samedi matin sur franceinfo, citée par 20 Minutes, en invoquant des risques de troubles à l’ordre public liés à la volonté affichée de « prendre la Concorde ». Les autorités soulignent, en parallèle, que les manifestants disposent d’une autre option : rejoindre l’itinéraire déclaré par l’intersyndicale, de la place de la République à la place de la Nation.
La Concorde, un choix politique assumé
Pour les organisateurs, le choix de la place de la Concorde n’a rien d’un simple rendez-vous logistique. David Libeskind, avocat des gilets jaunes, l’a présentée comme « un lieu emblématique, près de l’Assemblée nationale, un lieu de pouvoir », d’après Le Monde et Le Figaro. En maintenant ce point de rassemblement, la coordination cherche à donner une portée directement politique à ses revendications.
Le mouvement refuse, dans le même temps, de se fondre dans le cortège intersyndical autorisé. Son avocat estime que cette manifestation ne les « concerne pas », les demandes portées n’ayant pas, selon lui, le même objet. Il cite notamment la mise en place d’une démocratie directe. Benjamin Ball a, de son côté, appelé à une désobéissance de masse, tout en précisant que les participants seraient assis par terre. La ligne choisie tient donc à distance les syndicats, alors même que ceux-ci disposent du parcours validé par les autorités parisiennes.
Une plainte déposée contre le préfet
Le bras de fer s’est aussi déplacé sur le terrain judiciaire. David Libeskind a indiqué avoir déposé jeudi une plainte pénale contre le préfet de police, Patrice Faure, rapporte Le Figaro. La coordination reproche à la préfecture une « fin de non-recevoir » après sa demande de rassemblement à Concorde.
Du côté de l’État, la position ne varie pas : le rassemblement place de la Concorde est interdit, tandis que la marche République-Nation est autorisée. Les participants potentiels se retrouvent ainsi placés devant une alternative très concrète, rejoindre le cortège déclaré ou tenter d’accéder à un site où les forces de l’ordre sont déployées pour empêcher tout regroupement.
Une mobilisation plus réduite qu’au lancement
Samedi en début d’après-midi, la place de la Concorde était surtout occupée par les forces de l’ordre, présentes en nombre, selon les constatations de l’AFP rapportées par Le Parisien. Très peu de manifestants tentaient alors de s’y rassembler. Deux porte-parole de la coordination, Benjamin Ball et Azelma Sigaux, ont été interpellés par la police, toujours selon l’AFP.
Un rassemblement annoncé plus tôt près de la tour Eiffel n’a finalement pas eu lieu, d’après les mêmes constatations. À l’échelle nationale, les gilets jaunes prévoyaient environ 120 actions sur le territoire, selon leur carte interactive citée par 20 Minutes. Le niveau apparaît très inférieur aux 1 700 actions revendiquées lors de l’Acte I du 17 octobre.
Cette journée intervient aussi deux jours après les manifestations de l’intersyndicale pour le pouvoir d’achat, qui ont réuni jeudi entre 575 000 personnes selon les autorités et 1,6 million selon la CGT, toujours d’après 20 Minutes. Dans ce contexte, la mobilisation des gilets jaunes dépendra de leur capacité à conserver une présence visible malgré l’interdiction, face à des autorités décidées à la cantonner au seul parcours déclaré.
Sources
Cet article croise 4 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication. Notre méthode