Binance piraté : le FBI accuse la Corée du Nord d’un vol record de cryptos
La plateforme Binance dit avoir repris les retraits après un piratage estimé à 6,3 milliards de dollars. Le FBI attribue l’attaque au groupe nord-coréen TraderTraitor, lié à Lazarus.
L’essentiel
- Le FBI attribue le piratage de Binance au groupe nord-coréen TraderTraitor.
- Le préjudice est estimé à 6,3 milliards de dollars par la plupart des sources.
- Binance dit avoir repris les retraits et promet de couvrir les pertes des clients.
Un vol hors norme chez le numéro un mondial
Binance, présentée par 20 Minutes comme la première plateforme d’échanges de cryptomonnaies au monde, fait face à un piratage d’une ampleur inédite. Selon Le Monde, le préjudice dépasse les 6 milliards de dollars, ce qui en ferait le plus grand vol de cryptomonnaies jamais enregistré.
Plusieurs sources, dont 20 Minutes et La Tribune, avancent un montant de 6,3 milliards de dollars. La Tribune précise, dans un autre article, que cette somme aurait été dérobée en vingt minutes. Un article de La Tribune daté du 1er novembre mentionne toutefois « 6,3 millions de dollars », un chiffre isolé qui diverge des autres publications disponibles et du communiqué du FBI repris par 20 Minutes.
Le piratage aurait eu lieu « aux alentours du 29 octobre 2026 », d’après le communiqué du FBI cité par 20 Minutes. Binance a suspendu les retraits après l’attaque, avant d’annoncer leur reprise ce dimanche, selon La Tribune et 20 Minutes.
La plateforme assure aussi que ses clients ne subiront pas de pertes. D’après HugoDécrypte, Binance a déclaré qu’elle couvrirait toutes les pertes de ses utilisateurs. 20 Minutes rapporte également que le groupe affirme qu’aucun client ne sera lésé.
Le FBI pointe TraderTraitor et la Corée du Nord
Le FBI a formellement accusé la Corée du Nord d’être responsable de ce vol, selon Le Monde et 20 Minutes. La police fédérale américaine désigne plus précisément le groupe de pirates informatiques TraderTraitor.
Dans le communiqué cité par 20 Minutes, le FBI écrit que « la République populaire démocratique de Corée est responsable du vol de plus de 6 milliards de dollars américains en actifs virtuels » auprès de Binance.
Cette attribution intervient après des premières analyses venues du secteur privé. Avant la prise de position du FBI, HugoDécrypte rapportait que la cyberattaque n’avait pas été revendiquée, mais que le laboratoire d’analyse de cryptomonnaies TRM Labs l’attribuait déjà à des pirates nord-coréens en raison de ressemblances avec de précédents vols.
La Tribune indique également que plusieurs sociétés spécialisées attribuaient le piratage au groupe TraderTraitor. Le Monde présente de son côté l’accusation du FBI comme visant le groupe nord-coréen derrière ce qui serait le plus grand vol de cryptomonnaies jamais recensé.
Des fonds déjà en cours de blanchiment
Selon 20 Minutes, le FBI affirme que les fonds détournés étaient en train d’être convertis en Ether, la cryptomonnaie du réseau Ethereum. L’objectif présumé serait ensuite de poursuivre le blanchiment au moyen de services de finance décentralisée, aussi appelés DeFi, et d’échanges instantanés.
Les services DeFi sont des outils financiers fonctionnant sur la blockchain, sans passer par les circuits bancaires classiques. Les échanges instantanés permettent, eux, de convertir rapidement une cryptomonnaie en une autre.
Le FBI a publié une liste d’environ 500 adresses Ethereum que les acteurs de TraderTraitor utiliseraient pour blanchir les actifs volés, d’après 20 Minutes. L’agence américaine demande aux plateformes de cryptomonnaies, aux services DeFi et aux sociétés d’analyse blockchain de bloquer les transactions associées à ces adresses.
Binance affirme de son côté avoir réussi à geler 3 milliards de dollars grâce à des partenaires spécialisés du secteur, selon HugoDécrypte. Cette somme représenterait une partie importante des actifs volés, mais les sources disponibles ne permettent pas de dire quelle part pourra effectivement être récupérée ni dans quels délais.
Un précédent chez Bybit et un enjeu géopolitique
Le vol visant Binance s’inscrit dans une série d’attaques attribuées à des groupes nord-coréens. D’après 20 Minutes, le montant dérobé serait quatre fois supérieur à celui que le FBI attribuait déjà au même groupe sur la plateforme Bybit en février 2025 : 1,5 milliard de dollars, alors considéré comme le plus important vol de cryptomonnaies.
HugoDécrypte rappelle également ce précédent chez Bybit, évoquant une méthode similaire. Pour TRM Labs, cité par HugoDécrypte, ces ressemblances ont contribué à orienter les soupçons vers des pirates nord-coréens avant même l’accusation publique du FBI.
20 Minutes souligne que l’affaire met en lumière les capacités cyber de la Corée du Nord, pays dirigé par Kim Jong-un et soumis à de lourdes sanctions internationales en raison de ses programmes nucléaire et balistique.
Le groupe TraderTraitor est décrit par 20 Minutes comme faisant partie de Lazarus, lui-même affilié aux services de renseignement nord-coréens. Le média cite aussi un rapport de l’armée américaine de 2020 selon lequel l’unité de cyberguerre nord-coréenne, le « Bureau 121 », compterait 6 000 employés, dont certains opéreraient depuis l’étranger, notamment depuis la Biélorussie, la Chine, l’Inde, la Malaisie ou la Russie.
La Tribune cite Tom Kellermann, expert chez TrendAI, pour qui ces pirates seraient passés « de la deuxième à la première division ». Selon lui, leurs capacités seraient renforcées par des ressources venues de Russie et par l’intelligence artificielle.
Binance sous pression, le secteur en alerte
Au-delà du montant, l’affaire relance les interrogations sur la sécurité des plateformes de cryptomonnaies. La Tribune résume l’enjeu par cette formule, attribuée à l’expert interrogé : « La cryptomonnaie n’est pas un gage de sécurité ». Le piratage touche en effet le leader mondial du secteur, qui revendique 335 millions d’utilisateurs, selon 20 Minutes.
Les effets de marché semblent pour l’instant contenus. D’après HugoDécrypte, le cours de certaines cryptomonnaies a commencé à chuter dans la nuit suivant l’annonce, avant de se stabiliser à nouveau. Les sources disponibles ne donnent pas davantage de détails sur les actifs les plus touchés ni sur l’ampleur de ces variations.
La priorité est désormais double : empêcher le blanchiment des fonds et rassurer les utilisateurs. Le FBI appelle les acteurs du secteur à bloquer les transactions liées aux adresses identifiées. Binance, de son côté, affirme avoir repris les retraits et promet de couvrir les pertes des clients.
Les prochaines étapes dépendront donc de la capacité des plateformes, des services DeFi et des sociétés d’analyse blockchain à suivre les fonds, à bloquer les conversions et à coopérer avec les autorités. L’affaire pourrait aussi peser sur la concurrence entre plateformes, une question déjà soulevée par La Tribune, sans que les sources disponibles permettent encore d’en mesurer les effets.
Les sources de cet article
Cet article croise 5 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’IA à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication.