Présidentielle 2027 : le centre et la droite relancent l’idée d’une primaire
Marc Fesneau et Aurore Bergé défendent, chacun à leur manière, une primaire pour désigner un candidat commun en 2027. Mais le périmètre, le calendrier et les participants possibles divisent déjà.
L’essentiel
- Gabriel Attal, Marc Fesneau et Aurore Bergé défendent une primaire pour 2027.
- Le périmètre divise entre ouverture aux sociaux-démocrates et primaire limitée au centre droit.
- Plusieurs figures, dont Raphaël Glucksmann, Bruno Retailleau et Édouard Philippe, restent réticentes ou opposées.
Une primaire pour éviter la dispersion
L’idée d’une primaire au centre et à droite revient au premier plan dans la perspective de la présidentielle de 2027. Après Gabriel Attal, Marc Fesneau et Aurore Bergé plaident à leur tour pour une procédure de désignation commune.
Selon HugoDécrypte, Gabriel Attal, candidat du parti Renaissance, a proposé cette semaine une primaire élargie afin, dit-il, d’« empêcher un deuxième tour entre La France insoumise et le Rassemblement national ». D’après la même source, il n’avait pas exclu cette option auparavant, mais c’est la première fois qu’il appelait clairement à son organisation. Il a ensuite précisé viser en priorité le centre et la droite.
Cette initiative intervient dans un contexte défavorable pour plusieurs figures du camp central. D’après l’article de BFMTV reprenant La Tribune Dimanche, Gabriel Attal et Édouard Philippe sont en baisse dans les sondages, même si l’ancien Premier ministre et maire du Havre reste donné devant lui. Le risque, pour les partisans d’une primaire, est celui d’une multiplication des candidatures dans un espace politique déjà fragmenté.
Marc Fesneau, président du groupe Les Démocrates à l’Assemblée nationale et figure du MoDem, résume cette logique dans un entretien à La Tribune Dimanche. Le titre de l’entretien le cite ainsi : « Je ne vois pas d’autre solution que la primaire pour faire émerger un candidat ». Pour lui, le centre ne dispose pas encore d’un candidat naturel capable de rassembler.
Fesneau veut un périmètre très large
La position de Marc Fesneau se distingue par l’ampleur du périmètre qu’il propose. Dans La Tribune Dimanche, relayée par BFMTV, il défend une primaire allant « des sociaux-démocrates à la droite républicaine ».
L’ancien ministre de l’Agriculture refuse donc une compétition limitée au centre et à la droite. Selon lui, une primaire seulement centrée sur ces deux blocs enfermerait les participants dans des cadres politiques dépassés. Il estime que l’élection présidentielle à venir impose une offre plus large.
Mais cette ouverture a une limite nette : David Lisnard. Le maire de Cannes, qui réclame de son côté une grande primaire ouverte de la droite, n’entre pas dans le périmètre souhaité par Marc Fesneau. Ce dernier l’accuse, selon BFMTV, de préparer « la grande alliance avec l’extrême droite », en le rapprochant de Sarah Knafo, du parti Reconquête.
BFMTV précise que Marc Fesneau semble s’appuyer sur des déclarations de David Lisnard, qui a déjà affirmé publiquement qu’il voterait pour Marine Le Pen en cas de second tour contre Jean-Luc Mélenchon. Le même article rappelle toutefois que le maire de Cannes critique fortement les propositions économiques du Rassemblement national.
Cette exclusion illustre l’une des principales difficultés du projet : définir où s’arrête la « droite républicaine ». Pour Marc Fesneau, cette frontière passe notamment par le refus de toute ambiguïté avec l’extrême droite.
Bergé soutient Attal, mais refuse le centre gauche
Aurore Bergé, ministre macroniste chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, défend elle aussi une primaire. Mais son périmètre diffère de celui de Marc Fesneau.
Dans Le Parisien, cité par 20 Minutes, elle affirme porter cette idée « depuis dix-huit mois », car elle y voit la seule méthode permettant d’obtenir une candidature unique du centre et de la droite. Elle soutient ainsi la proposition formulée par Gabriel Attal.
La ministre cite plusieurs formations qui, selon elle, devraient définir ensemble les règles du scrutin : Renaissance, le MoDem, Horizons, l’UDI, le Parti radical, Les Républicains et Nouvelle Énergie. 20 Minutes souligne que ce cadre inclurait donc plusieurs personnalités potentielles ou déclarées de cet espace, dont Gabriel Attal, Édouard Philippe, Bruno Retailleau et David Lisnard.
C’est là une différence majeure avec Marc Fesneau. Là où le responsable MoDem veut écarter David Lisnard, Aurore Bergé l’inclut dans le périmètre de discussion. À l’inverse, elle ne souhaite pas la participation de Raphaël Glucksmann, candidat social-démocrate.
Selon 20 Minutes, Aurore Bergé estime qu’il est possible de parler à l’électorat de centre gauche sans ajouter de nouvelles formations à la primaire. Elle fait valoir que ces formations ont déjà choisi leur candidat et appelle son propre camp à rester cohérent.
Des refus et des réticences déjà exprimés
La proposition de primaire est loin de faire consensus. Selon HugoDécrypte, aucun autre candidat n’avait accepté la proposition de Gabriel Attal au moment où elle a été formulée.
Bruno Retailleau, candidat des Républicains selon cette source, l’a qualifiée de « fantaisiste et ridicule ». Édouard Philippe, du parti Horizons, avait également déjà écarté cette idée, toujours d’après HugoDécrypte.
Du côté du centre gauche, le refus est également clair. L’entourage de Raphaël Glucksmann a indiqué, selon BFMTV et 20 Minutes, qu’il ne participerait pas à cette primaire. La raison avancée : elle ne correspond pas à son espace politique. 20 Minutes rappelle aussi qu’il a remporté la primaire socialiste et qu’il porte une volonté de rupture avec les dix dernières années, selon les éléments rapportés par HugoDécrypte.
Ces refus compliquent la stratégie défendue par Gabriel Attal, Marc Fesneau et Aurore Bergé. Une primaire n’a de sens politique que si elle attire suffisamment de candidats et de partis pour produire un vainqueur reconnu. Or les premières réactions montrent que plusieurs acteurs clés ne veulent pas, à ce stade, se placer dans ce cadre.
L’autre point de friction concerne les règles. Aurore Bergé évoque des conditions de participation, de parrainage d’élus ou de militants, et des modalités permettant aux Français d’y prendre part. Selon elle, les électeurs pourraient participer soit en étant membres d’un parti, soit en adhérant directement à la primaire.
Un calendrier serré pour trancher
Pour les partisans de la primaire, le temps devient un enjeu central. Aurore Bergé avertit, selon 20 Minutes, qu’il ne faut pas attendre janvier ou février pour se mettre d’accord. Elle souhaite que les modalités soient fixées au plus tard d’ici la fin de l’année, afin d’éviter que de nouveaux sondages défavorables ne fragilisent encore le camp du centre et de la droite.
La séquence ouvre donc plusieurs débats en même temps. Le premier porte sur le périmètre : faut-il une primaire centrée sur la droite et le centre, comme le souhaite Aurore Bergé, ou une compétition allant jusqu’aux sociaux-démocrates, comme le propose Marc Fesneau ? Le deuxième concerne les exclusions : David Lisnard peut-il participer, malgré les critiques de Marc Fesneau ? Le troisième porte sur l’utilité même du scrutin, contestée par certains candidats potentiels.
Pour l’instant, la primaire reste donc une proposition politique plus qu’un processus engagé. Ses défenseurs y voient un moyen d’éviter la dispersion et de construire une candidature unique face au RN et à LFI. Ses opposants ou sceptiques y voient, au mieux, une manœuvre tardive ; au pire, un cadre inadapté à leur stratégie.
Les prochaines semaines devraient être décisives. Si les partis cités par Aurore Bergé acceptent d’ouvrir une discussion, ils devront rapidement trancher les règles, le corps électoral et la liste des participants. Sans accord sur ces points, l’appel à une primaire risque de rester un signal politique sans traduction concrète.
Les sources de cet article
Cet article croise 4 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’IA à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication.