Jeudi 5 novembre 2026

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À BFMTV, la rédaction alerte sur des propos racistes banalisés à l’antenne

Après plusieurs jours de tensions internes, des journalistes de BFMTV ont cessé le travail jeudi 5 novembre. Ils dénoncent une « banalisation de certains propos racistes » à l’antenne et réclament des garde-fous éditoriaux. CMA Media conteste les accusations mais promet des mesures internes.

L’essentiel

  • Plus de 200 journalistes de BFMTV demandent des mesures contre les propos discriminatoires à l’antenne.
  • Environ 400 journalistes et techniciens ont signé des lettres ouvertes à la direction.
  • CMA Media conteste toute banalisation du racisme mais annonce une cellule invités et un baromètre du pluralisme.

Une grève pour défendre l’image de la chaîne

Des journalistes de BFMTV ont fait grève, jeudi 5 novembre, jour de manifestation contre la vie chère, afin de défendre à la fois « la sécurité » des reporters et « la crédibilité » de la chaîne, rapporte franceinfo avec l’AFP. Aucun chiffre de participation n’était disponible dans l’immédiat.

Ce mouvement intervient après plusieurs jours de tensions internes. Depuis le début de la semaine, environ 400 journalistes et techniciens ont signé des lettres ouvertes adressées à la direction pour dénoncer une « banalisation de certains propos racistes » sur l’antenne, selon franceinfo. Dans un texte diffusé sur les réseaux sociaux, plusieurs journalistes disent leur attachement à une chaîne qu’ils « aiment », mais dont ils jugent l’image « dégradée ces dernières semaines ».

La SDJ réclame des garde-fous éditoriaux

Au centre de la contestation se trouve une lettre de la Société des journalistes, signée par plus de 200 journalistes et consultée par l’AFP, selon Le Figaro. Les signataires y disent vouloir « retrouver la fierté de travailler pour BFMTV » et ne plus craindre de citer leur média, en reportage comme dans leur vie privée.

Ils dénoncent des « dérives éditoriales » et s’inquiètent de voir des propos racistes ou discriminatoires, selon eux, parfois relativisés au nom du pluralisme. Leur position est formulée sans détour : l’impartialité journalistique, écrivent-ils, ne doit pas être confondue avec la complaisance, d’autant que des propos racistes peuvent constituer des délits.

La rédaction réclame des « mesures concrètes » pour « couper avec cette image de chaîne raciste qui ne représente absolument pas [leurs] convictions », selon Le Monde et Le Figaro. Parmi les pistes avancées : un recadrage systématique des propos discriminatoires par les présentateurs, un meilleur suivi des invités afin d’éviter des personnalités jugées problématiques ou trop présentes, ainsi qu’une place plus importante accordée aux reportages par rapport aux débats.

Zemmour, Mabrouk et les tensions extérieures

La crise interne s’inscrit aussi dans une polémique publique. BFMTV a été accusée par Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise de relayer des propos racistes, notamment après l’invitation d’Éric Zemmour, président de Reconquête, dans l’émission « 100% Mabrouk », d’après Le Figaro et franceinfo. La chaîne a vivement contesté ces accusations.

Franceinfo relie également ces critiques aux manifestations en France et à l’attentat de Trappes. Dans ce climat tendu, certains journalistes de BFMTV ont été pris à partie sur le terrain. C’est l’un des points qui nourrit l’inquiétude de la rédaction : l’image de la chaîne ne relève pas seulement d’un débat interne, elle peut peser concrètement sur les équipes en reportage.

Ces accusations venues de l’extérieur ont trouvé un écho dans la rédaction, où certaines critiques visent aussi Sonia Mabrouk, arrivée cet été de CNews, chaîne appartenant au groupe du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, selon franceinfo. Le malaise dépasse donc un plateau ou une émission : il touche à la ligne d’antenne, au choix des invités et à la manière de leur opposer la contradiction.

CMA Media répond sans changer de ligne

Face aux courriers, la direction de CMA Media, propriétaire de BFMTV et de RMC, a annoncé plusieurs mesures internes, selon Le Figaro. Une « cellule invité » doit centraliser les demandes d’interviews de responsables politiques et renforcer la diversité des profils. La direction prévoit aussi la publication mensuelle d’un baromètre du pluralisme des antennes, destiné à rendre compte de la diversité des invités, des intervenants et des courants de pensée.

Jean-Philippe Baille, directeur général délégué à l’information de CMA Media, affirme toutefois que ces décisions ne constituent « ni un changement de ligne éditoriale ni une reconnaissance des accusations portées contre nos antennes ». Il dit contester fermement l’idée que les chaînes du groupe banaliseraient le racisme. Recevoir une personnalité, fait-il valoir, ne revient pas à partager ses idées ni à cautionner ses propos ; le rôle de la chaîne serait de l’interroger, de vérifier ses affirmations et de les contredire par les faits lorsque c’est nécessaire.

Les journalistes demandent désormais des réponses visibles à l’antenne, en particulier dans la conduite des interviews et le choix des formats. La direction, elle, entend préserver sa ligne éditoriale tout en affichant davantage de contrôle sur les invités et le pluralisme.

Sources

Cet article croise 4 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication. Notre méthode