À Lyon, la manifestation intersyndicale tenue à l’écart de Bellecour
La justice a refusé de suspendre l’arrêté préfectoral qui écartait le cortège intersyndical du 5 novembre de la Presqu’île. À Lyon, la manifestation « pour les salaires, les services publics, l’emploi et l’industrie » a donc été cantonnée entre la Manufacture des Tabacs et Jean-Macé.
L’essentiel
- Les recours syndicaux contre l’arrêté préfectoral ont été rejetés.
- Le cortège a été limité entre la Manufacture des Tabacs et Jean-Macé.
- La préfecture invoque des risques de troubles à l’ordre public.
Bellecour reste hors du parcours
Le cortège lyonnais du 5 novembre n’a pas rejoint Bellecour. Après plusieurs jours de discussions avec les organisations syndicales, la préfecture du Rhône a maintenu un trajet raccourci pour la manifestation intersyndicale « pour les salaires, les services publics, l’emploi et l’industrie », rapporte Le Figaro.
Le départ était fixé à 10 h 30 devant la Manufacture des Tabacs, dans le 8e arrondissement. Selon actu Lyon, l’itinéraire autorisé empruntait le cours Gambetta, le quai Claude-Bernard puis l’avenue Berthelot, avant de s’achever place Jean-Macé, dans le 7e arrondissement. Toute la fin du parcours initial a ainsi été retranchée : le pont de la Guillotière, la contre-allée du quai du Docteur-Gailleton, la place Antonin-Poncet et la place Bellecour ne figuraient plus dans le tracé validé par les autorités.
Un arrêté validé par le tribunal administratif
Les syndicats ont tenté, sans succès, d’obtenir la suspension de l’arrêté préfectoral. D’après actu Lyon, le tribunal administratif de Lyon avait été saisi par l’union départementale CGT du Rhône, qui avait déclaré la manifestation au nom de l’intersyndicale, ainsi que par la Ligue des droits de l’Homme. Trois juges des référés ont rejeté ces recours mercredi 4 novembre.
Dans l’ordonnance citée par actu Lyon, l’interdiction est jugée « adaptée, nécessaire et proportionnée aux circonstances particulières de cette journée de mobilisation ». Home Fil actu indique également que la justice a donné raison à la préfecture du Rhône, ce qui confirmait l’arrivée du cortège à Jean-Macé.
Signé mardi 3 novembre, l’arrêté interdisait tout rassemblement revendicatif de 9 heures à 20 heures dans un périmètre couvrant tout ou partie des 1er, 2e, 3e, 5e et 6e arrondissements. Le Figaro précise que cette zone englobait toute la Presqu’île, mais aussi le 6e arrondissement et une partie du Vieux-Lyon.
La préfecture invoque des risques d’incidents
Pour défendre cette restriction, le préfet s’est appuyé sur plusieurs épisodes récents. Selon actu Lyon, il a mentionné l’incendie de l’office de tourisme et des pillages survenus le 17 octobre, ainsi que des incidents constatés le 31 octobre à l’arrivée place Jean-Macé. Ces précédents démontreraient, aux yeux de la préfecture, que « des groupes violents se joignent aux cortèges déclarés ».
Les services de l’État anticipaient entre 20 000 et 30 000 manifestants jeudi, toujours selon actu Lyon. Ils redoutaient également des réactions de commerçants susceptibles de chercher à « s’autodéfendre ». À l’audience, leurs représentants ont soutenu qu’un maintien de l’ordre serait plus efficace « à partir des ponts sur le Rhône ».
La CGT avançait une lecture opposée. Le syndicat estimait que Bellecour offrait de meilleures conditions de dispersion que le parc Sergent-Blandan et faisait valoir un service d’ordre renforcé de 30 %, rapporte actu Lyon. Les juges n’ont pas retenu cet argument.
Une mobilisation nourrie par le coût de la vie
Le resserrement du parcours n’a pas empêché une forte participation à Lyon. Selon 20 Minutes, la préfecture a dénombré 30 500 manifestants, tandis que l’intersyndicale en revendiquait 55 000. Sur le cours Gambetta, le cortège s’étirait sur plus de 3 kilomètres.
Dans les rangs, le coût de la vie revenait au premier plan. 20 Minutes a recueilli plusieurs témoignages de manifestants qui disaient avoir accepté une retenue de salaire pour participer. Jean-Marc, conducteur de car scolaire de 59 ans, expliquait faire grève pour la première fois afin de « faire nombre ». Anne-Cécile, enseignante dans le public, soulignait le poids d’une journée non payée : « On est à 100 euros près à la fin du mois. »
D’autres participants cherchaient à réduire la perte financière, en télétravaillant, en ne posant qu’une heure ou en alternant les jours de grève au sein du foyer. Dans l’Éducation nationale, le Snes-FSU, cité par 20 Minutes, faisait état de 52 % de grévistes dans les collèges et lycées.
Un cadre appelé à peser sur les prochains cortèges
La décision lyonnaise confirme la ligne suivie par la préfecture : tenir les manifestations à distance d’une large partie du centre-ville lorsque les autorités considèrent les risques trop élevés. Elle fixe aussi un point de référence pour les prochains échanges entre syndicats et services de l’État, en particulier sur les lieux d’arrivée et les conditions de dispersion.
Pour l’intersyndicale, cette limitation réduit la visibilité d’un mouvement articulé autour des salaires, des services publics, de l’emploi et de l’industrie. La préfecture y voit, elle, une réponse de maintien de l’ordre après plusieurs épisodes de tensions. À Lyon, la bataille des parcours se mène désormais dans la rue comme devant le tribunal administratif.
Sources
Cet article croise 4 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication. Notre méthode