A Gaza, les pluies inondent des dizaines de milliers de tentes de déplacés
Une dépression a frappé samedi la bande de Gaza, où les autorités locales disent qu’environ 70 000 tentes ont été inondées. Dans les camps de déplacés, la Défense civile affirme avoir reçu plus de 1 500 appels d’urgence en une nuit.
L’essentiel
- Environ 70 000 tentes auraient été inondées dès la première journée de pluie à Gaza.
- La Défense civile dit avoir reçu plus de 1 500 appels d’urgence en une nuit.
- Des responsables locaux demandent l’entrée d’abris préfabriqués et de matériel humanitaire.
Des camps submergés dès les premières heures
Dès samedi matin, des centaines de familles ont dû quitter des camps de déplacés envahis par l’eau, dans le centre et le nord de la bande de Gaza ainsi que dans la ville de Gaza. Les pluies diluviennes qui s’abattent sur le territoire palestinien ont submergé des abris de fortune déjà affaiblis par la guerre, laissant des dizaines de milliers de personnes sans toit utilisable.
Le bureau de presse du gouvernement contrôlé par le Hamas affirme qu’environ « 70 000 tentes » ont été inondées au cours de la première journée de la dépression. Le Monde a repris ce bilan en l’attribuant à cette même autorité locale. Les autorités font également état de plusieurs blessés. Selon Home Fil actu avec l’AFP, des murs et des toits fissurés se seraient effondrés dans plusieurs secteurs, touchant des habitants, dont certains grièvement.
La Défense civile dit être dépassée
La Défense civile de Gaza, qui opère sous l’autorité du Hamas, dit avoir reçu plus de 1 500 appels d’urgence pendant la nuit. Son porte-parole a déclaré à l’AFP que les équipes intervenaient « sans aucun équipement ni moyens ». Il a appelé la communauté internationale et les organisations humanitaires à l’aide, jugeant que les secouristes ne pouvaient pas absorber seuls les conséquences de la dépression.
Sur place, les témoignages décrivent des pertes immédiates, mais aussi l’angoisse des heures à venir. Oum Mohamed al-Hersh, 45 ans, qui vit avec sa famille dans une tente dans l’ouest de Gaza, dit ne pas avoir pu sauver les matelas et avoir retrouvé tous les vêtements trempés. « Nous vivons cette épreuve chaque hiver », a-t-elle confié à l’AFP. A Deir al-Balah, Maryam Odeh, 34 ans, raconte que ses enfants lui demandent où ils dormiront le soir même. Khaled al-Najjar, 41 ans, dit redouter pour sa famille l’effondrement des tentes, le froid et les maladies.
Le froid et l’eau font craindre une crise sanitaire
Les organisations de la société civile palestinienne alertent sur le risque de propagation de maladies parmi les habitants de Gaza. L’eau stagnante, les vêtements mouillés et l’absence d’abris secs exposent d’abord les familles qui vivaient déjà dans des conditions précaires.
Cette alerte intervient dans un territoire où une grande partie des déplacés dépend de tentes et d’abris temporaires. Les fortes pluies ne causent donc pas seulement des dégâts matériels : elles rendent inutilisables des espaces qui servent à la fois de logement, de lieu de stockage et, parfois, de protection contre le froid. Lorsque les matelas et les couvertures sont détrempés, les familles perdent ce qui leur permettait de tenir en attendant un hébergement plus solide.
L’aide à l’hébergement au cœur des accusations
Les responsables locaux relient la vulnérabilité des déplacés aux restrictions qui pèsent sur l’entrée de l’aide. Mustapha Qazzaat, conseiller municipal de Gaza et responsable de la commission d’urgence de la bande de Gaza, affirme à l’AFP que, depuis l’annonce d’un cessez-le-feu entre le Hamas et Israël en octobre 2025, les autorités israéliennes empêchent l’entrée de maisons préfabriquées destinées aux personnes déplacées et limitent l’entrée des tentes.
La coalition des organisations de la société civile palestinienne appelle de son côté à faire pression sur Israël afin que l’aide humanitaire puisse entrer sans restriction. Ces accusations sont formulées alors que les besoins immédiats dépassent les seules opérations de pompage ou de secours. Selon Mustapha Qazzaat, Gaza a besoin de 200 000 caravanes en urgence, ainsi que de matériel pour déblayer les décombres, rouvrir les grandes artères et rétablir rapidement l’électricité et le chauffage.
Une urgence appelée à durer
Une seule journée de pluie a suffi à saturer les secours et à contraindre de nouveau au départ des familles déjà déplacées. Les prochains jours dépendront de l’évolution de la dépression, mais aussi de la capacité à acheminer des abris solides, du matériel de déblaiement et des moyens de chauffage.
Dans les camps, l’urgence se mesure à plus court terme encore : trouver un endroit sec où passer la nuit, protéger les enfants du froid et éviter que les eaux usées ou stagnantes ne transforment l’inondation en foyer de maladies.
Sources
Cet article croise 4 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication. Notre méthode