Lundi 2 novembre 2026

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À Olechky, une trêve rare ouvre une issue à des habitants isolés

Dans cette ville occupée du sud de l’Ukraine, un cessez-le-feu localisé a permis des évacuations vers les zones contrôlées par Kiev. Les bilans varient fortement selon les sources, dans un contexte de pénuries sévères.

Place centrale d’Olechky avec bâtiments et arbres.
La place centrale d’Olechky, en Ukraine, en 2007. (photo d’illustration) ru:user:Gottinight · CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

L’essentiel

  • Une trêve locale de six jours a permis des évacuations depuis Olechky.
  • Les bilans divergent, de plus d’une centaine à environ 700 évacués selon les sources.
  • La fin du cessez-le-feu fait craindre une reprise intense des combats autour de Kherson.

Six jours de répit sur la ligne de front

La trêve à Olechky devait s’achever dimanche soir, après six jours d’un cessez-le-feu localisé rare entre l’Ukraine et la Russie. Selon 20 Minutes, Moscou a refusé de prolonger l’accord, d’après un haut responsable de la présidence ukrainienne cité par l’AFP.

Cette pause avait débuté mardi matin dans cette ville occupée par la Russie, située dans le sud de l’Ukraine, dans la région de Kherson. Olechky se trouve sur la ligne de front, de l’autre côté du Dniepr par rapport à la ville de Kherson, contrôlée par Kiev.

D’après 20 Minutes et franceinfo, ni Kiev ni Moscou n’ont signalé de violation de l’accord pendant cette période. Ce point tranche avec d’autres trêves partielles observées depuis le début de l’invasion russe à grande échelle, en février 2022, notamment lors de fêtes religieuses, qui avaient donné lieu à des accusations croisées.

Franceinfo décrit cette opération comme un exemple « réussi mais encore isolé » de cessez-le-feu humanitaire. Le parlementaire ukrainien Davyd Arakhamia, membre de la délégation ukrainienne à Olechky, l’a qualifiée, selon franceinfo, de plus importante désescalade depuis le début de la guerre.

Des évacuations par la Russie et la Biélorussie

L’objectif principal de la trêve était humanitaire : permettre à des habitants de quitter Olechky et livrer de l’aide. Les évacués arrivés samedi en territoire contrôlé par Kiev avaient été extraits la veille, selon franceinfo et Le Monde.

Le trajet a été long et inhabituel. D’après franceinfo, les habitants ont d’abord été conduits à Anapa, en Russie, sur les bords de la mer Noire. Ils y ont embarqué dans quatre avions de transport militaires russes à destination de Gomel, en Biélorussie. Ils ont ensuite pris des bus pour franchir le poste-frontière de Nova Guta, avant d’atteindre un centre d’accueil dans la région ukrainienne de Tchernihiv.

Le Monde rapporte également que l’évacuation s’est faite en bus ou en avion, en passant par la Russie puis la Biélorussie. 20 Minutes souligne que cette opération a permis à des habitants de rejoindre le territoire ukrainien après des mois d’isolement.

Les personnes évacuées ont été accueillies dans un lieu tenu secret pour des raisons de sécurité, selon franceinfo. Certaines portaient des drapeaux ukrainiens sur les épaules. 20 Minutes rapporte notamment les retrouvailles d’Ielyzaveta Paliï, 19 ans, avec son père, qu’elle n’avait pas vu depuis janvier 2024.

Un bilan encore incertain

Le nombre de personnes évacuées reste difficile à établir. Les sources disponibles ne donnent pas toutes le même ordre de grandeur.

Le Monde écrit qu’environ 700 personnes ont pu sortir d’Olechky à la faveur du cessez-le-feu de six jours. Dans un autre suivi, le quotidien évoque « au moins 700 habitants » évacués vers le nord de l’Ukraine après une opération d’aide humanitaire.

Franceinfo, de son côté, précise que ni Moscou ni Kiev n’avaient donné de bilan officiel au moment de ses publications. Oleksandr Tolokonnikov, vice-gouverneur militaire de la région de Kherson, y évoque « plus d’une centaine de personnes, peut-être même plus de 200 ».

Cette divergence peut refléter des moments de comptage différents ou des périmètres distincts, mais les sources ne permettent pas de le confirmer. Le point certain est que plusieurs centaines d’habitants au maximum ont été concernées, alors que, selon des estimations de Kiev citées par franceinfo et 20 Minutes, environ 2 000 personnes vivaient encore à Olechky avant l’opération, contre 24 000 avant l’invasion russe.

Tous les habitants ne souhaitaient pas partir. Franceinfo rapporte que les autorités ukrainiennes et russes ont indiqué que certains voulaient rester sur place, malgré la fin annoncée de la trêve et la reprise attendue des combats.

Une ville coupée du monde

Olechky était devenue un point de très forte inquiétude humanitaire. Selon Le Monde, la ville était comparable à un « no man’s land » en pleine ligne de front, avec une population abandonnée et de graves pénuries de nourriture et de médicaments.

Franceinfo décrit une localité extrêmement isolée, en raison des routes minées et de la présence constante de drones russes et ukrainiens. Les approvisionnements en nourriture, en eau et en médicaments étaient devenus très difficiles, voire quasiment impossibles, selon franceinfo et 20 Minutes.

La situation s’était encore aggravée dans les dernières semaines. Franceinfo rapporte des témoignages recueillis par l’AFP selon lesquels certains habitants auraient été contraints de chasser et de manger des pigeons, voire des chiens. 20 Minutes cite aussi des propos faisant état de personnes mangeant de l’herbe.

Avant la trêve, l’Ukraine avait livré plus de dix tonnes de nourriture à l’aide de drones, affirme Oleksandr Tolokonnikov à franceinfo. La pause des combats a ensuite permis le déminage d’axes autour de la ville afin d’acheminer de l’aide humanitaire et de permettre les évacuations. Selon l’agence russe Interfax, citée par franceinfo, un militaire et un civil sont morts pendant cette phase de sécurisation.

La ville avait déjà été durement touchée en 2023 par de graves inondations après l’explosion d’un barrage, rappelle franceinfo.

Une opération humanitaire très politique

Cette évacuation a été conduite conjointement par Kiev et Moscou, mais elle s’inscrit dans un cadre diplomatique plus large. Le Monde rapporte que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a remercié la délégation américaine et Melania Trump pour leur médiation. Franceinfo indique que la Première dame américaine avait annoncé un accord, ensuite confirmé par les deux belligérants.

D’autres responsables ont été mentionnés dans les démarches autour de la trêve. Selon franceinfo, le président finlandais Alexander Stubb et le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Store ont eu un rare entretien avec Vladimir Poutine avant d’appeler Volodymyr Zelensky. Le pape Léon XIV s’était aussi entretenu avec les présidents ukrainien et russe pour réclamer une trêve humanitaire à Olechky.

L’opération a aussi donné lieu à une mise en scène inhabituelle. Franceinfo rapporte que les commissaires aux droits de l’homme russe et ukrainien, Yana Lantratova et Dmytro Lubinets, ont tenu des conférences de presse conjointes à Olechky. Une image rare depuis le début de la guerre.

Mais plusieurs médias ukrainiens, selon franceinfo, ont accusé Moscou d’instrumentaliser le sauvetage de civils pour justifier l’occupation de territoires ukrainiens. Une bénévole citée par Associated Press et reprise par franceinfo affirme aussi que des militaires russes inspectaient des maisons vides et que certains habitants subissaient des pressions pour évacuer vers la Russie plutôt que vers l’Ukraine.

Après la trêve, la crainte d’une reprise plus dure

La fin du cessez-le-feu inquiète particulièrement les habitants restés à Olechky et ceux de Kherson, sur l’autre rive du Dniepr. 20 Minutes rapporte que ce répit a aussi soulagé temporairement Kherson, exposée aux tirs croisés des deux armées.

Selon franceinfo, les autorités de Kherson ont demandé aux habitants de ne pas se rendre dans les secteurs les plus exposés, même pendant la trêve. Oleksandr Tolokonnikov dit s’attendre à une intensification des attaques russes sur Kherson après la fin de l’accord. Il accuse aussi Moscou d’avoir renforcé sa logistique et acheminé des armes, des munitions et des drones pendant la pause, une affirmation attribuée à ce responsable ukrainien.

20 Minutes cite également une source militaire locale interrogée par l’AFP, qui anticipe une reprise très violente des combats. À ce stade, aucune évacuation comparable n’a été annoncée ailleurs sur le front, selon franceinfo.

Le prochain élément attendu côté ukrainien est le bilan détaillé de l’opération par Dmytro Lubinets. D’après franceinfo, le commissaire ukrainien aux droits de l’homme doit présenter cette synthèse lors d’une conférence de presse lundi.

Sources

Cet article croise 4 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication. Notre méthode