Alstom plombé par ses trains en Allemagne, ses objectifs 2026-2027 abaissés
Le constructeur ferroviaire français revoit encore ses ambitions, freiné par les retards du Coradia Max en Allemagne. La sanction a été immédiate en Bourse, tandis que le groupe promet de corriger ses difficultés d’exécution.
L’essentiel
- Alstom abaisse encore ses objectifs 2026-2027 à cause des retards du Coradia Max en Allemagne.
- Le groupe vise désormais une marge d’exploitation ajustée d’environ 1 %, contre 6,5 % auparavant.
- L’action a chuté de plus de 30 % à la Bourse de Paris après l’annonce.
Un nouvel avertissement très mal accueilli
Alstom traverse une nouvelle zone de turbulence. Le groupe ferroviaire français a abaissé ses objectifs pour son exercice décalé 2026-2027, en raison des difficultés de production de ses trains Coradia Max destinés à l’Allemagne. Selon Le Monde, ces problèmes remettent en cause les prévisions de résultats financiers du constructeur sur la période d’avril à septembre 2026.
La réaction des marchés a été brutale. D’après Le Figaro avec l’AFP, l’action Alstom chutait de 31,06 % lundi matin à la Bourse de Paris, à 10,90 euros vers 9 h 25. Le titre affichait alors une baisse de plus de 55 % depuis janvier. Home Fil actu évoque même un cours quasiment au plus bas historique.
Ce nouvel épisode est le deuxième avertissement sur résultats de l’année pour Alstom. Le précédent avait eu lieu en avril, au moment où la nouvelle direction menée par Martin Sion prenait les commandes après Henri Poupart-Lafarge. Pour les analystes d’Oddo BHF, cités par Le Figaro, ces deux avertissements rapprochés « ne vont pas aider à restaurer la confiance ».
Des objectifs financiers sévèrement revus
Le changement de trajectoire est net. Alstom vise désormais une marge d’exploitation ajustée d’environ 1 % pour l’exercice 2026-2027, contre environ 6,5 % auparavant, selon Le Figaro avec l’AFP. Le groupe revoit aussi à la baisse son volume de production : il prévoit environ 4 000 voitures sur l’exercice, contre 4 400 à 4 500 précédemment attendues.
Ce recul est principalement lié aux contrats allemands. Alstom continue de recevoir des commandes, mais peine à livrer au rythme prévu. Le problème n’est donc pas seulement commercial : il touche l’exécution industrielle, avec des retards qui se répercutent sur les résultats.
La trésorerie est également sous pression. Selon Home Fil actu, la différence entre l’argent qui entre et celui qui sort est négative à hauteur de 1,248 milliard d’euros, contre 740 millions un an plus tôt. Les retards de livraison repoussent les paiements attendus et peuvent aussi déclencher des pénalités contractuelles.
Le directeur financier Bernard Delpit affirme que le groupe dispose des liquidités nécessaires pour agir et insiste sur deux priorités : améliorer l’exécution des contrats et poursuivre le désendettement. Alstom veut réduire sa dette d’environ 2 milliards d’euros d’ici septembre 2027, rapporte Le Figaro.
Le Coradia Max, cœur du problème
Les difficultés se concentrent sur les trains régionaux Coradia Max commandés en Allemagne. Selon Home Fil actu, six contrats ont été passés avec six Länder allemands. Ces commandes portent au total sur 850 voitures, pour un montant d’environ 5 milliards d’euros.
Ces contrats sont à la fois anciens et importants. Les premières commandes remontent à 2021, notamment dans le Bade-Wurtemberg, pour 2,5 milliards d’euros. Les trains concernés sont assemblés en Allemagne. La plateforme Coradia Max doit servir de base à des rames à deux niveaux capables de circuler à 200 km/h.
Mais les difficultés sont apparues très tôt. La phase de développement et d’ingénierie a pris plus de temps que prévu, avant même le lancement industriel complet. Ce retard initial a entraîné des surcoûts et un effet domino sur la suite du calendrier.
Lorsque les premières rames ont commencé à sortir des usines allemandes d’Alstom, les essais nécessaires à leur homologation n’ont pas donné satisfaction. Le groupe a reconnu que les difficultés d’exécution sur cette plateforme avaient conduit à une interruption de la fabrication au premier trimestre, selon les éléments rapportés par Home Fil actu.
Les conséquences sont lourdes. Certaines rames destinées à la Basse-Saxe, attendues en 2024, ne devraient désormais être livrées qu’en 2028, d’après la même source. Ce décalage illustre l’ampleur du retard accumulé.
Des retards qui pèsent sur les paiements
Dans l’industrie ferroviaire, les paiements ne se font pas en une seule fois. Ils sont souvent liés à des étapes précises du contrat : fabrication de la première caisse, livraison de la première rame, homologation ou mise en service commerciale. Home Fil actu évoque des paiements généralement répartis en cinq à sept jalons.
Quand un projet prend du retard, ces jalons sont repoussés. Alstom ne reçoit donc pas les montants qui étaient prévus au calendrier initial. Le groupe doit pourtant continuer à financer le développement, la production, les équipes et les corrections techniques nécessaires.
À cela peuvent s’ajouter des pénalités de retard. Selon Home Fil actu, la plupart des régions allemandes concernées auraient activé ces dispositifs. Alstom ne communique pas sur les montants, invoquant le secret des affaires, mais dit assumer ses responsabilités.
Le sujet est donc double. Il concerne d’un côté la capacité industrielle à livrer des trains complexes. De l’autre, il touche directement la rentabilité, la trésorerie et la dette. C’est ce lien entre usine et finance qui explique la violence de la réaction boursière.
Une réorganisation attendue
Depuis son arrivée à la direction générale en avril 2026, Martin Sion a demandé une remontée plus systématique des risques et des opportunités au niveau des projets, selon Home Fil actu. Des équipes d’experts ont été mobilisées sur les dossiers jugés les plus critiques, dont Coradia Max. Le média décrit même l’envoi d’une équipe dédiée en Allemagne pour analyser les difficultés.
Alstom annonce aussi une révision approfondie de ses modèles organisationnels et opérationnels. Les décisions sont attendues au début de 2027 selon Home Fil actu, tandis que Le Figaro évoque le deuxième trimestre 2027. Dans les deux cas, le calendrier montre que le groupe veut modifier sa façon de piloter ses grands contrats.
La question du financement reste ouverte. Selon les analystes d’Oddo BHF cités par Le Figaro, Alstom pourrait poursuivre des cessions, augmenter son capital ou émettre de la dette. L’enjeu est aussi de conserver la catégorie « investissement » auprès des agences de notation, qui distingue les emprunteurs jugés les plus sûrs.
Pour Alstom, les prochains mois seront donc décisifs. Le groupe doit remettre de l’ordre dans ses contrats allemands, stabiliser sa production et convaincre les investisseurs que la baisse des objectifs n’est pas le début d’une dérive plus profonde.
Sources
Cet article croise 4 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication. Notre méthode