Après les midterms, Trump ravive ses accusations d’élections truquées
Deux jours après avoir promis d’accepter le verdict des urnes, Donald Trump conteste déjà certains dépouillements, notamment en Alaska. Ses accusations de fraude, préparées depuis des mois par son camp, suivent une défaite républicaine aux élections de mi-mandat.
L’essentiel
- Donald Trump accuse de nouveau les démocrates de fraude après les midterms.
- L’Alaska concentre les tensions autour d’une course sénatoriale très serrée.
- Les études disponibles montrent que les fraudes électorales restent très rares aux États-Unis.
Un engagement aussitôt brouillé
« Nos élections sont tellement truquées, vous n’avez pas idée », a déclaré Donald Trump jeudi dans le Bureau ovale, selon 20 Minutes avec l’AFP. Deux jours plus tôt, mardi soir, le président américain avait pourtant promis d’accepter les résultats des élections de mi-mandat. L’engagement n’aura pas résisté longtemps à la défaite de son camp.
Ces propos interviennent après ce que franceinfo décrit comme une victoire éclatante des démocrates aux midterms. Le président républicain, qui refuse d’endosser la responsabilité du revers républicain, avait déjà pris soin d’encadrer sa promesse avant le scrutin : il accepterait les résultats si le vote était « honnête ». La formule prolonge une pratique ancienne. En 2016, il avait dit qu’il reconnaîtrait le résultat « s’il gagne ». En 2024, il avait assuré qu’il l’accepterait si le vote était « juste, légal et transparent ».
L’Alaska, premier terrain de contestation
La mise en cause la plus précise vise l’Alaska, où le décompte de la course au Sénat restait incertain. Un homonyme du sénateur républicain sortant Dan Sullivan s’était présenté. Sur Truth Social, Donald Trump a affirmé que les voix obtenues par ce « faux Dan Sullivan » devaient être attribuées au « vrai » Dan Sullivan, estimant qu’un tel transfert donnerait la victoire au sortant.
D’après 20 Minutes, après le dépouillement de près de 75 % des bulletins, la démocrate Mary Peltola devançait le sénateur d’environ 600 voix. L’homonyme avait recueilli 3 600 suffrages, soit 1,7 % des voix. franceinfo cite également des révélations du New York Times selon lesquelles cette candidature aurait servi à diluer les voix du sortant, ce que les démocrates démentent.
Le Mississippi attendait lui aussi le résultat de son scrutin sénatorial. Dans un tel climat, une course serrée suffit à fournir un point d’appui à des contestations politiques ou judiciaires.
Une campagne de soupçon préparée avant le vote
Les accusations lancées jeudi ne sont pas apparues avec les premiers dépouillements défavorables aux républicains. Depuis plusieurs mois, Donald Trump met en doute l’intégrité du scrutin. Selon BFMTV, il a dénoncé des élections américaines « corrompues » sur ses réseaux sociaux et pris pour cible le vote par correspondance, utilisé par près d’un tiers des électeurs américains en 2024 selon l’organisation States United.
La veille du scrutin, il a aussi promis sur Truth Social une récompense d’un million de dollars à toute personne signalant une fraude électorale lors d’élections passées ou des midterms 2026, à condition que l’information conduise à une arrestation et à une condamnation.
Cette offensive dépasse la seule parole présidentielle. Une analyse du Washington Post citée par BFMTV recense près de 600 comptes influents, podcasts et médias en ligne de droite ayant publié plus de 7 000 messages mettant en cause l’intégrité de ces élections. La Tribune évoque aussi des milliers de comptes d’extrême droite déjà mobilisés sur ce terrain.
Des fraudes documentées, mais très rares
Les données disponibles ne corroborent pas l’existence de fraudes susceptibles de modifier un scrutin national. 20 Minutes rappelle qu’après la présidentielle de 2020, Associated Press a interrogé plus de 340 administrations électorales locales dans six États contestés par Donald Trump. Sur plus de 25 millions de bulletins, l’agence a recensé 473 cas de fraude potentielle, soit moins de 0,002 % des votes. Tous ne correspondaient d’ailleurs pas à des fraudes établies.
Des irrégularités existent : vote multiple, utilisation de l’identité d’un électeur décédé, fausse déclaration de résidence ou manipulation de bulletins par correspondance. Elles restent toutefois isolées. NBC News, cité par 20 Minutes, rappelle que la Heritage Foundation, un cercle de réflexion conservateur, a identifié plus de 1 600 incidents sur environ quarante ans. Une autre étude rapportée par le Washington Post n’a trouvé que 31 cas crédibles d’usurpation d’identité électorale entre 2000 et 2014, alors qu’environ un milliard de votes ont été exprimés sur cette période.
Les institutions américaines à l’épreuve
Le souvenir du 6 janvier 2021 demeure attaché à ces midterms. Ce jour-là, des partisans de Donald Trump avaient attaqué le Capitole pour contester l’élection de Joe Biden, après des accusations de fraude qui n’ont jamais été démontrées à une échelle susceptible de changer le résultat.
Maud Quessard, maîtresse de conférences et spécialiste de la politique étrangère américaine, estime sur BFMTV que ces élections constituent un « test » pour la démocratie américaine. Elle souligne que le risque est plus fort dans les États où les résultats sont serrés et contestés par le président.
Le cadre institutionnel borne cependant les pouvoirs de la Maison Blanche. La Constitution ne donne pas au président le moyen de suspendre des élections de mi-mandat ni d’en ignorer les résultats, leur organisation relevant des États fédérés et du Congrès. Le Carter Center, habituellement actif dans des pays sortant d’un conflit ou marqués par un recul démocratique, a indiqué à USA Today déployer pour la première fois des observateurs aux États-Unis.
Sources
Cet article croise 4 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication. Notre méthode