À Hong Kong, Joshua Wong écope de dix ans de prison supplémentaires
Condamné jeudi 5 novembre pour collusion avec l’étranger, Joshua Wong, figure des manifestations prodémocratie de 2019, voit sa détention prolongée de dix ans. L’ancien leader étudiant, déjà emprisonné depuis près de six ans, devait être libéré en janvier.
L’essentiel
- Joshua Wong a été condamné à dix ans de prison supplémentaires à Hong Kong.
- Il avait plaidé coupable à des accusations de collusion avec l’étranger.
- Sa sortie prévue en janvier est désormais repoussée de plusieurs années.
Une peine qui éloigne la sortie de prison
Joshua Wong devait, en principe, sortir de prison en janvier. Jeudi 5 novembre, la perspective s’est éloignée : un tribunal hongkongais l’a condamné à dix ans de prison supplémentaires pour collusion avec des pays étrangers, sur le fondement de la loi de sécurité nationale, rapportent franceinfo et Ouest-France. Selon Ouest-France, la décision a été rendue par la Haute Cour de Hong Kong.
Le militant prodémocratie, âgé de 30 ans selon Home fil actu, est détenu depuis près de six ans. Il purgeait déjà une peine de quatre ans et huit mois pour « subversion », là encore au titre de la loi de sécurité nationale imposée à Hong Kong par la Chine en 2020, d’après franceinfo. Le Monde rappelle qu’après cette première condamnation, sa libération était prévue en janvier.
Des accusations liées à des appels à sanctions
Cette nouvelle procédure trouve son origine dans des accusations rendues publiques en juin 2025 par les autorités hongkongaises. Joshua Wong était mis en cause aux côtés de l’ancien député exilé Nathan Law et d’autres personnes, accusés d’avoir sollicité l’aide de pays ou d’entités étrangères afin d’obtenir des sanctions contre Hong Kong et la Chine, selon franceinfo.
Il lui était notamment reproché d’avoir appelé des pays, des particuliers ou des institutions étrangères, en particulier lors d’interventions dans les médias internationaux, à « imposer des sanctions ou un blocus, ou de se livrer à d’autres activités hostiles » contre la Chine et Hong Kong. En septembre, l’ancien leader étudiant avait plaidé coupable à ces nouvelles accusations. Il encourait une peine pouvant aller jusqu’à la prison à perpétuité.
Une figure des manifestations de 2019
Joshua Wong s’est imposé, au fil des années, comme l’un des visages les plus identifiables du camp prodémocratie hongkongais. Les sources le décrivent comme une figure des grandes manifestations de 2019, un mouvement qui avait profondément marqué le territoire.
Après l’énoncé de la peine, le militant, reconnaissable à ses lunettes à monture noire, a salué de la tête les soutiens présents dans la salle, rapporte franceinfo. Il les a remerciés pour leur présence. « Nous t’attendrons à ta sortie », lui ont-ils répondu.
Cette condamnation pourrait le maintenir derrière les barreaux jusqu’à ses 40 ans. Elle s’inscrit dans un cadre juridique désormais central dans les poursuites visant l’opposition hongkongaise : la loi de sécurité nationale, adoptée en 2020 à l’initiative de Pékin pour le territoire.
Un signal politique envoyé par Pékin
Les premières réactions insistent sur la portée politique du verdict. Human Rights Watch a dénoncé une peine « cruelle et injuste » et appelé les gouvernements étrangers à imposer des sanctions ciblées contre les responsables de la répression à Hong Kong, selon franceinfo.
Steve Tsang, directeur du China Institute à l’université SOAS de Londres, cité par l’AFP, voit dans cette décision un avertissement. Selon lui, Pékin a désigné Joshua Wong comme l’un des dirigeants de ce qu’il considère comme une rébellion ouverte en 2019, alors même que le militant appartient aux composantes modérées du mouvement. La sentence vise, dans cette lecture, à montrer que Hong Kong demeure fermement contrôlé par Pékin et qu’un retour à la période plus libérale d’avant 2019 n’est pas envisagé.
Avec cette nouvelle condamnation, la trajectoire judiciaire de Joshua Wong apparaît aussi comme un indicateur de l’évolution politique du territoire. Les réactions internationales, ainsi que la réponse des gouvernements étrangers aux appels des organisations de défense des droits humains, seront désormais observées de près.
Sources
Cet article croise 4 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication. Notre méthode