Canal+ mettra fin à « Groland » le 12 décembre après 34 ans d’antenne
Canal+ a annoncé l’arrêt de « Groland », lancé en 1992 et devenu l’un de ses marqueurs satiriques. Une soirée spéciale, le 12 décembre, refermera trente-quatre ans d’antenne, après plusieurs mois de présence réduite dans la grille.
L’essentiel
- « Groland » s’arrêtera le 12 décembre avec une soirée spéciale sur Canal+.
- La chaîne présente cette fin comme le choix des créateurs du programme.
- L’émission satirique était diffusée en clair depuis 1992 et avait déjà réduit son format.
Une dernière soirée pour clore l’aventure
« Groland » s’arrêtera le 12 décembre sur Canal+, après trente-quatre ans de diffusion. La chaîne l’a annoncé mardi 3 novembre, dans une déclaration transmise à l’AFP et reprise notamment par franceinfo, 20 Minutes et Ouest-France. Une soirée spéciale doit accompagner la fin de cette émission satirique, longtemps comptée parmi les programmes les plus identifiables de la chaîne cryptée.
Jean-Marc Juramie, directeur général adjoint de Canal+ France chargé des antennes et des programmes, présente cet arrêt comme un choix venu des créateurs. « Nous respectons pleinement le choix des créateurs de “Groland” d’arrêter l’émission », a-t-il déclaré. Il a salué un programme resté « singulier » et « fidèle » à lui-même, estimant qu’il avait marqué l’histoire de Canal+ et du paysage audiovisuel français.
Un pays imaginaire pour moquer l’actualité
Diffusé en clair sur Canal+ à partir de 1992, « Groland » tenait à un principe immédiatement reconnaissable : regarder l’actualité depuis un État fictif, le Groland, avec ses institutions, ses dirigeants, ses journaux télévisés parodiques et un humour volontiers provocateur. L’émission a changé de nom et de format au fil des années, mais elle a conservé cette mécanique de faux pays, utilisé comme un miroir déformant de la France.
Les articles de 20 Minutes et de Home Fil actu rappellent que l’équipe avait tourné un pilote dès 1989. Benoît Delépine, l’un des piliers historiques du programme, a raconté au Parisien que ce premier essai avait circulé dans plusieurs chaînes avant d’être refusé. Le feu vert était finalement venu d’Alain de Greef, alors directeur des programmes de Canal+.
Le dernier témoin de « l’esprit Canal »
La durée de vie de « Groland » s’explique aussi par la place particulière qu’occupait l’émission dans l’identité de Canal+. Elle a souvent été décrite comme l’une des dernières survivances de « l’esprit Canal », cet humour impertinent associé aux années 1980 et 1990 de la chaîne. Franceinfo, 20 Minutes et Home Fil actu reprennent cette lecture : « Groland » incarnait une liberté de ton, parfois corrosive, qui tranchait avec l’évolution de la télévision française.
Fin 2024, à l’occasion des 40 ans du groupe, Gustave Kervern disait à l’AFP, cité par Home Fil actu, que l’équipe était « quasiment les derniers représentants » de cet héritage. Benoît Delépine, cité par 20 Minutes et Home Fil actu, assurait de son côté que le programme avait bénéficié d’une forme de marge de manœuvre au sein du groupe Canal+.
Un programme déjà moins présent à l’antenne
L’annonce de novembre ne concerne pas une émission dont le rythme serait resté intact jusqu’au bout. Depuis juin 2025, « Groland » n’était plus diffusé chaque semaine. Canal+ avait réduit sa présence à des soirées en première partie de soirée et à des modules exceptionnels, selon les informations reprises par franceinfo, 20 Minutes et Home Fil actu.
Cette évolution avait déjà déplacé l’émission dans la grille. « Groland » demeurait immédiatement reconnaissable, mais il ne structurait plus l’antenne comme auparavant. L’arrêt formel vient ainsi conclure un retrait progressif, plutôt qu’effacer d’un coup un rendez-vous encore hebdomadaire.
Une mémoire marquée par plusieurs absences
La fin de l’émission arrive après la disparition ou le départ de plusieurs de ses figures. Christophe Salengro, qui incarnait le président du Groland, est mort en 2018. La même année, Jules-Édouard Moustic, de son vrai nom Christian Bordes, a quitté le programme après en avoir été l’un des visages les plus connus, notamment dans les faux journaux télévisés. Les sources mentionnent aussi la mort récente de l’auteur Franck Benoist.
La soirée du 12 décembre fermera donc une histoire télévisuelle commencée au début des années 1990 et prolongée bien au-delà de la plupart des formats satiriques. Elle dira aussi quelle place Canal+ choisit d’accorder, au moment de l’adieu, à une émission qui a longtemps fait de la parodie politique, sociale et médiatique sa marque de fabrique.
Sources
Cet article croise 4 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication. Notre méthode