Lundi 2 novembre 2026

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Des frigos de supermarchés visés par des cyberattaques dans plusieurs pays européens

Dans la nuit du 1er au 2 novembre, des systèmes de froid connectés ont été perturbés dans plusieurs pays européens, quelques semaines après une attaque comparable en France. La Belgique évoque des effets limités ; en Suède, des denrées ont dû être jetées.

Allée de supermarché avec grands réfrigérateurs vitrés.
Un rayon de réfrigérateurs commerciaux dans un supermarché, en 2019. (photo d’illustration) AG20044018 · CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

L’essentiel

  • Des systèmes frigorifiques connectés ont été visés dans plusieurs pays européens.
  • En Belgique, Carrefour, Delhaize, Intermarché, Colruyt et un magasin Ikea ont signalé des incidents.
  • Le logiciel danois Danfoss, déjà ciblé en France en octobre, est de nouveau mentionné.

Des températures qui remontent en pleine nuit

Vers 3 heures du matin, dans la nuit du dimanche 1er au lundi 2 novembre, les installations frigorifiques de plusieurs magasins ont commencé à dysfonctionner. En Belgique, Carrefour a confirmé à franceinfo qu’une quinzaine de ses 700 magasins dans le pays avaient été touchés par une cyberattaque. Le porte-parole de l’enseigne, Mich Vergauwen, a fait état d’une remontée des températures dans les réfrigérateurs concernés, tout en évoquant « très peu d’impact » pour le groupe.

Carrefour n’est pas la seule enseigne concernée. Delhaize a indiqué que « quelques dizaines » de supermarchés avaient été touchés. Intermarché a, de son côté, fait état d’une petite quinzaine de magasins affectés, tandis que Colruyt a mentionné cinq magasins Spar concernés — des indépendants disposant de leurs propres fournisseurs et systèmes de réfrigération, selon franceinfo. 20 Minutes, citant l’AFP, ajoute qu’un magasin Ikea situé à Mons, dans le sud de la Belgique, a également été visé, sans autre cas signalé dans l’enseigne suédoise.

À Boortmeerbeek, au nord-est de Bruxelles, les clients d’un magasin ont découvert lundi matin un message les prévenant qu’aucun produit ne serait disponible dans les rayons réfrigérés et les congélateurs « en raison de cyberattaques », rapporte 20 Minutes. En Belgique, cette conséquence reste toutefois décrite comme ponctuelle. Les magasins concernés ont pu ouvrir, et Carrefour comme Intermarché ont assuré que leur activité n’avait pas été durablement perturbée.

Une vague européenne encore inégalement documentée

Selon Le Monde, des pirates ont pris le contrôle de systèmes de régulation frigorifique connectés à Internet dans plusieurs pays européens : la Belgique, la Suède, la Finlande, l’Estonie, le Luxembourg et l’Irlande. Le quotidien relie ces intrusions à un logiciel de la société danoise Danfoss, déjà ciblé lors d’une attaque survenue en France en octobre.

Les informations disponibles restent cependant très variables d’un pays à l’autre. En Belgique, plusieurs enseignes ont confirmé des incidents et, pour certaines, une cyberattaque. En Suède, 20 Minutes rapporte que plusieurs supermarchés ont constaté lundi matin une forte hausse de température dans leurs réfrigérateurs et congélateurs, ce qui les a contraints à jeter des denrées alimentaires avariées. Le Parisien apporte une nuance : les enseignes suédoises indiqueraient ne disposer, à ce stade, d’aucun élément suggérant qu’elles ont été la cible d’une attaque informatique.

Cette divergence ne porte pas sur les perturbations observées, mais sur leur qualification. Une hausse de température se constate rapidement en magasin ; en attribuer l’origine à une intrusion informatique suppose en revanche d’examiner les systèmes touchés, les accès à distance et d’éventuelles commandes passées par des tiers. Dans les sources disponibles, les cas belge et suédois ne sont donc pas établis avec le même degré de certitude.

Pour la Finlande, l’Estonie, le Luxembourg et l’Irlande, Le Monde signale que des systèmes de régulation frigorifique connectés ont été visés dans la même nuit, sans éléments publics détaillés sur les enseignes touchées ni sur l’ampleur des dégâts. L’incident dépasse donc la Belgique et la Suède, mais ses effets concrets sont surtout documentés, pour l’heure, dans ces deux pays.

En Belgique, des conséquences contenues

Les enseignes belges mettent en avant la rapidité de leur réaction. Intermarché a expliqué à franceinfo que les alarmes avaient sonné assez tôt pour permettre aux équipes d’intervenir. La situation était jugée quasi normale lundi, et les commandes de marchandises ont été relancées pour les blocs de froid qui n’auraient pas pu être débranchés à temps. L’enseigne estimait qu’il ne devait pas y avoir de conséquence sensible pour les consommateurs.

Delhaize a reconnu une restriction temporaire de l’assortiment en produits frais et surgelés dans les magasins touchés. Le groupe a toutefois indiqué que ses centres de distribution fonctionnaient normalement et qu’aucune interruption des livraisons vers ses magasins n’était signalée. Chez Carrefour aussi, les effets ont été présentés comme limités : une quinzaine de points de vente concernés, sur un réseau national de 700 magasins.

En Belgique, le scénario décrit est donc celui d’une perturbation circonscrite plutôt que d’un arrêt massif de l’activité. Les systèmes frigorifiques ont été affectés, mais les alertes internes et les procédures de retrait ou de remplacement des marchandises semblent avoir réduit les conséquences visibles. Dans certains magasins, les clients ont pu trouver des rayons frais ou surgelés moins fournis. Les sources ne font pas état, en revanche, d’une fermeture généralisée des points de vente touchés.

Le précédent français du 12 octobre

Cette vague européenne survient quelques semaines après une attaque similaire en France. Franceinfo rappelle que, le 12 octobre, des magasins de plusieurs enseignes françaises, dont Système U, Intermarché et E.Leclerc, avaient vu leurs frigos et congélateurs ciblés. Les pirates avaient réussi à atteindre à distance des systèmes de régulation frigorifique du fabricant danois Danfoss, puis ceux de Dixell.

20 Minutes fournit un ordre de grandeur plus précis pour cet épisode français : au moins 300 points de vente Intermarché et Netto, moins d’une centaine de magasins du réseau Coopérative U, « plusieurs magasins » E.Leclerc, 80 supermarchés Carrefour et une trentaine de Monoprix avaient été concernés. L’attaque avait été décrite comme « inédite » et avait suscité des inquiétudes sur la sécurité alimentaire.

Le lien technique avec l’épisode actuel passe par le logiciel Danfoss, de nouveau ciblé selon Le Monde. Les attaques ne visent donc pas directement les caisses ni les sites marchands des enseignes, mais des équipements bien moins visibles pour les clients : les systèmes qui pilotent à distance le froid des réfrigérateurs et des congélateurs. Leur connexion à Internet facilite la supervision et les réglages à distance. Elle ouvre aussi une surface d’exposition lorsque des failles sont exploitées.

Sollicité par franceinfo, le Centre for cybersecurity Belgium a indiqué avoir connaissance d’un incident, sans disposer d’autres informations. L’organisme a renvoyé à une alerte de sécurité émise mi-octobre et rappelé que tous les systèmes informatiques peuvent présenter des vulnérabilités. Il a également souligné que l’intelligence artificielle permet désormais d’exploiter des failles avec succès, en particulier pour des acteurs sophistiqués.

Des systèmes industriels devenus des cibles du quotidien

Ces attaques mettent en lumière la dépendance de la grande distribution à des systèmes techniques connectés. Un supermarché peut continuer à ouvrir ses portes, encaisser les clients et recevoir des livraisons, tout en devant retirer une partie de ses produits frais si le froid n’est plus garanti. L’effet peut rester local, mais il se voit immédiatement : rayons vides, commandes relancées, denrées jetées lorsque la température a trop augmenté.

Les vérifications techniques menées par les enseignes et les autorités nationales de cybersécurité devront préciser quels accès ont été utilisés, si les mêmes composants Danfoss sont en cause partout, et si les incidents signalés en Suède relèvent bien d’une attaque informatique ou d’une autre défaillance. Après la France en octobre puis plusieurs pays européens début novembre, les systèmes de régulation frigorifique s’imposent comme un point de vigilance pour les distributeurs alimentaires.

Sources

Cet article croise 5 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication. Notre méthode