Japan Tobacco en Russie : Tokyo exige la levée immédiate de la saisie
Tokyo a remis une note de protestation à Moscou après le placement sous administration temporaire des actifs russes de Japan Tobacco International. Le gouvernement japonais réclame l’annulation immédiate d’une décision du Kremlin qui s’ajoute à une série de prises de contrôle visant des groupes étrangers.
L’essentiel
- Moscou a placé sous gestion temporaire les actifs russes de Japan Tobacco International.
- Tokyo proteste et demande le retrait immédiat de la mesure.
- La décision intervient dans un contexte de sanctions et de tensions autour d’un journaliste japonais arrêté en Russie.
Tokyo remet une protestation à Moscou
Deux ministres japonais en déplacement en Russie, accompagnés de l’ambassadeur du Japon, ont remis au gouvernement russe une note de protestation après la saisie des actifs russes de Japan Tobacco International. Vendredi, le porte-parole du gouvernement japonais, Minoru Kihara, a indiqué que Tokyo exigeait le retrait immédiat de cette mesure, selon Le Parisien et Le Figaro.
La décision vient du Kremlin. D’après Le Figaro, qui cite un décret publié jeudi par Moscou, le président Vladimir Poutine a ordonné le transfert des actifs russes du cigarettier à une société russe chargée de leur « gestion temporaire ». Japan Tobacco International a précisé, de son côté, que quatre de ses filiales de production en Russie avaient été placées sous contrôle temporaire.
JTI dit avoir respecté les sanctions
Le groupe japonais a annoncé qu’il examinait les suites possibles. Dans un communiqué cité par Le Figaro, JTI affirme avoir maintenu ses activités en Russie « tout en respectant l’ensemble des sanctions et réglementations nationales et internationales ». L’entreprise dit étudier les mesures qu’elle pourrait engager ainsi que les conséquences de la décision russe sur ses activités.
Cette réaction renvoie à la position délicate des multinationales restées implantées en Russie depuis le début de l’offensive russe à grande échelle en Ukraine, en février 2022. Certaines entreprises occidentales ont quitté le pays ; d’autres ont suspendu leurs activités. Celles qui sont demeurées sur place s’exposent à des critiques, notamment de l’Ukraine, qui les accuse de contribuer indirectement au financement de l’État russe et de son effort de guerre, rapportent Le Parisien et Le Figaro.
Un nouveau cas dans une série de mises sous contrôle
Le placement sous administration temporaire de JTI s’ajoute à d’autres décisions du même type. La Russie a déjà ciblé les actifs de la filiale russe d’Auchan, de l’ancienne entité du groupe Leroy Merlin, ainsi que du géant suisse Nestlé. Moscou a justifié ces mesures par l’appartenance de ces entreprises à des pays qualifiés d’« inamicaux », en raison de leur soutien à l’Ukraine.
Ces saisies prolongent le rapport de force économique ouvert par les sanctions occidentales. Depuis 2022, les États qui soutiennent Kiev ont limité une partie de leurs échanges avec la Russie. Moscou, en retour, a durci les conditions imposées aux entreprises étrangères encore présentes sur son territoire, jusqu’à transférer certains actifs à des sociétés russes. Pour les groupes concernés, le risque ne se limite plus à la poursuite de leurs ventes ou de leur production : il porte aussi sur la propriété, le contrôle opérationnel et la capacité à protéger leurs filiales locales.
Des relations déjà tendues entre Tokyo et Moscou
La décision russe intervient alors que les relations entre Tokyo et Moscou sont déjà dégradées. Le Japon participe aux sanctions contre la Russie liées à la guerre en Ukraine. Les deux pays restent par ailleurs opposés, depuis des décennies, dans un différend territorial autour d’un chapelet d’îles du Pacifique.
Un autre épisode a ravivé les tensions à la mi-octobre. Un journaliste japonais du quotidien régional Hokkaido Shimbun a été arrêté sur l’île de Sakhaline, dans l’Extrême-Orient russe. Selon Le Monde, Moscou l’accuse d’espionnage. La diplomatie russe a aussi accusé Tokyo d’utiliser des journalistes accrédités en Russie à des fins d’espionnage, ce que la première ministre japonaise, Sanae Takaichi, a nié, d’après Le Figaro.
Le dossier JTI déplace désormais l’affrontement vers le terrain économique. Tokyo réclame la levée de la saisie, pendant que le cigarettier évalue ses recours et les conséquences sur ses activités en Russie. La suite dépendra de la réponse de Moscou, qui dira si cette mesure reste dirigée contre un groupe japonais ou si elle s’inscrit dans un durcissement plus large à l’égard des entreprises de pays sanctionnant la Russie.
Sources
Cet article croise 4 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication. Notre méthode