Mort de Jesús de Miguel : le football espagnol face aux suites du choc
Percuté lundi 2 novembre par le gardien d’Andorre, Jesús Owono, l’attaquant du CD Tenerife est mort le lendemain matin. L’autopsie doit préciser les causes du décès, tandis que la commission de discipline et la justice locale examinent les suites du choc.
L’essentiel
- Jesús de Miguel est mort après un choc avec Jesús Owono lors de Tenerife-Andorre.
- La cause médicale exacte n’est pas encore officiellement établie.
- Le gardien risque des suites sportives et judiciaires.
Un choc en fin de match
La rencontre entre Tenerife et Andorre touchait à sa fin, lundi 2 novembre, au stade Heliodoro Rodríguez López de Santa Cruz, lorsque le match a basculé. D’après 20 Minutes, les deux équipes étaient à 2-2 lorsqu’un long ballon a lancé Jesús de Miguel en profondeur. Le gardien d’Andorre, Jesús Owono, est alors sorti très loin de sa surface, à environ 50 mètres de son but, et a percuté l’attaquant espagnol.
Le Parisien décrit un joueur d’abord resté à genoux, manifestement en difficulté pour se relever, avant de s’effondrer inconscient. Owono a été immédiatement exclu par l’arbitre. Jesús de Miguel, lui, a été évacué en urgence vers l’hôpital universitaire Nuestra Señora de Candelaria. Son club avait d’abord communiqué sur un état « stable, mais grave ». Selon 20 Minutes, sa santé s’est dégradée dans la nuit et le CD Tenerife a annoncé son décès mardi matin, à 8 heures.
Une cause médicale encore incertaine
Les conclusions définitives sur la cause du décès n’ont pas été rendues publiques. Quelques éléments médicaux ont néanmoins été avancés depuis le choc. Le Parisien, dans un premier article publié avant l’annonce du décès, rapportait que le joueur aurait été victime d’un arrêt cardiorespiratoire lors de son transfert vers l’hôpital et que son cœur aurait été relancé par massage cardiaque.
RMC Sport, cité dans Home Fil actu, évoque l’hypothèse d’une commotio cordis, sans la présenter comme établie. Le cardiologue du sport Alain Ducardonnet explique que ce phénomène rare correspond à un arrêt cardiaque provoqué par un choc thoracique survenant à un moment très précis du cycle électrique du cœur. Il souligne que ce mécanisme peut toucher un cœur sain et qu’il dépend d’un concours de circonstances imprévisible.
Le même médecin rappelle, dans ce type de situation, l’importance d’une défibrillation très rapide en cas de fibrillation ventriculaire. Il se refuse toutefois à juger la prise en charge de Jesús de Miguel, faute de connaître précisément les gestes effectués sur la pelouse puis pendant l’évacuation.
Le gardien risque des sanctions
Le procès-verbal du match, relayé par Mundo Deportivo et cité par 20 Minutes, indique que Jesús Owono a été expulsé pour avoir percuté brutalement un adversaire avec la jambe levée, en utilisant une force excessive alors que le ballon était en jeu. L’article 102 du code disciplinaire espagnol, relatif aux comportements violents envers un adversaire, prévoit une suspension de quatre à douze matchs.
Le drame pourrait toutefois amener la commission de discipline à examiner le dossier au-delà du cadre habituel d’une exclusion en match. Le Parisien rapporte qu’une enquête locale a été ouverte pour « homicide par imprudence ». Le quotidien ajoute que des suites pénales sont envisageables. Leur évolution dépendra notamment des décisions des autorités et, selon 20 Minutes, de la position de la famille de Jesús de Miguel.
Le club d’Andorre a assuré qu’il n’y avait eu ni mauvaise intention ni volonté de blesser. Cette version est également défendue par Lautaro Spatz, coéquipier du gardien, cité par franceinfo, qui affirme que ceux qui connaissent Owono savent qu’il souffre et qu’il n’a jamais voulu faire de mal.
Un joueur de 30 ans, une émotion nationale
Jesús de Miguel avait 30 ans. Selon 20 Minutes, l’attaquant gaucher avait été formé à Leganés avant de passer par les troisième et quatrième divisions espagnoles. Sa carrière avait pris de l’ampleur avec Castellón, où il avait inscrit 16 buts lors de la saison 2023-2024 et participé à une montée en deuxième division. Arrivé ensuite à Tenerife, il avait aussi contribué à une promotion avec 11 buts.
Les hommages se sont multipliés après l’annonce de sa mort. Le président de la Ligue espagnole, Javier Tebas, a exprimé sa tristesse et adressé ses condoléances à la famille, aux proches, aux coéquipiers et au club du joueur, selon 20 Minutes. Castellón et Leganés, deux clubs de son parcours, ont également salué sa mémoire. Kylian Mbappé a réagi en écrivant qu’il n’y avait « pas de mots ».
La violence s’est aussi déplacée vers les réseaux sociaux. Le Parisien rapporte que Jesús Owono a restreint puis désactivé ses comptes après avoir reçu des insultes et des menaces. Un défenseur amateur homonyme a lui aussi été visé par des messages racistes et menaçants. Mercredi, le gardien a pris la parole dans un communiqué publié par Andorre FC : « Ces derniers jours sont les plus difficiles de ma vie », a-t-il déclaré, en présentant ses condoléances.
Les prochaines étapes se joueront sur plusieurs terrains. L’autopsie devra éclairer les causes médicales, la commission de discipline fixera une éventuelle sanction sportive, et l’enquête locale dira si une responsabilité pénale peut être retenue.
Sources
Cet article croise 4 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication. Notre méthode