Fausses alertes à la bombe : une nouvelle vague perturbe des vols européens
Avions escortés, déroutements, inspections au sol : au moins douze vols européens ont été visés jeudi 5 novembre par des alertes à la bombe, après plusieurs signalements similaires depuis le début de la semaine. Aucun engin suspect n’a été découvert à ce stade.
L’essentiel
- Au moins douze vols européens ont été visés jeudi par des alertes à la bombe.
- Plusieurs appareils ont été déroutés ou escortés, sans découverte d’engin suspect.
- Les menaces, souvent anonymes et envoyées par email, s’ajoutent à une série commencée plus tôt dans la semaine.
Des avions escortés ou déroutés
Un Helsinki-Rome accompagné par des chasseurs italiens jusqu’à Fiumicino, un Milan-Varsovie dérouté vers Vienne, plusieurs avions attendus à Sofia inspectés après leur arrivée : les alertes à la bombe ont de nouveau bousculé le trafic aérien européen jeudi 5 novembre.
Le bilan diffère selon le périmètre retenu. Le Figaro, avec l’AFP, recense au moins douze vols touchés jeudi. 20 Minutes évoque de son côté une vingtaine de vols européens visés à la mi-journée, en intégrant la multiplication des menaces observées ces derniers jours. Tous les appareils mentionnés par les autorités et les compagnies ont atterri en sécurité.
Les liaisons signalées relient notamment la Bulgarie, la République tchèque, l’Italie, la Finlande, l’Irlande, le Royaume-Uni, la Pologne et l’Autriche. Parmi les compagnies citées figurent Ryanair, Finnair, Wizz Air, Aer Lingus, SAS et LOT, avec une présence marquée de vols low-cost dans les signalements.
Sofia, Prague et Rome particulièrement touchées
Jeudi matin, trois avions Ryanair partis de Madrid, Copenhague et Londres-Stansted à destination de Sofia ont été visés par de fausses alertes, selon une porte-parole du ministère bulgare des Transports citée par 20 Minutes. Deux appareils ont pu atterrir dans la capitale bulgare. Le troisième, qui arrivait de Londres-Stansted, a été dérouté vers Plovdiv, à l’est de Sofia.
En République tchèque, la police a indiqué sur X avoir préparé l’atterrissage de quatre avions à destination de Prague après des menaces faisant état d’engins explosifs improvisés. La porte-parole de l’aéroport, Denisa Hejtmankova, a précisé que ces messages avaient été reçus par courriel depuis des adresses anonymes.
L’Italie a, elle aussi, été concernée. Un vol Finnair reliant Helsinki à Rome a été escorté par des avions militaires italiens jusqu’à Fiumicino, selon un porte-parole des Aéroports de Rome. Un autre vol Finnair, entre Helsinki et Vienne, a également été signalé. Deux vols Wizz Air au départ de Milan Malpensa, vers Bucarest et Varsovie, ont aussi été visés ; le second a été dérouté vers Vienne, selon l’agence Ansa citée par Le Figaro.
Un vol Dublin-Rome au centre d’une enquête française
Un Airbus A320 assurant la liaison Dublin-Rome, avec 151 passagers à bord selon Le Figaro, a été dérouté dans la matinée vers Évreux après une alerte à la bombe. Matignon a confirmé ce déroutement, rapporte le journal.
Selon 20 Minutes, le pilote irlandais « aurait refusé » d’atterrir sur la base militaire d’Évreux, préférant se poser sur un aéroport civil. Cette séquence a conduit la justice française à ouvrir une enquête, d’après le même média. Les équipes de déminage sont ensuite intervenues sur l’appareil, conformément aux procédures appliquées après ce type de menace.
Une série commencée plus tôt dans la semaine
La vague de jeudi prolonge une série d’alertes déjà observée lundi et mardi. Le Parisien et BFMTV rapportent qu’une dizaine de vols commerciaux avaient été visés mardi en Europe. Au moins quatre concernaient Ryanair : Manchester-Murcie, Lisbonne-Rome, Dublin-Rome et Dublin-Sofia. Deux vols à destination de Varsovie, opérés par SAS depuis Copenhague et par LOT depuis Londres-Heathrow, avaient également été ciblés, ainsi qu’un Wizz Air entre Bergame et Sofia.
La veille, un vol Wizz Air reliant Londres-Luton à Sofia avait dû atterrir en urgence à Budapest, escorté par deux chasseurs hongrois. Mardi, deux Ryanair arrivés à Rome-Fiumicino avaient fait l’objet d’opérations de déminage après un signalement anonyme. L’un d’eux, en provenance de Dublin, avait été escorté par l’armée de l’air italienne.
Les perturbations ont parfois affecté les infrastructures aéroportuaires elles-mêmes. À Varsovie, une piste a été fermée temporairement après l’arrivée d’un vol SAS, avant la reprise d’un fonctionnement normal. Un appareil LOT attendu à Varsovie-Chopin a été redirigé vers Varsovie-Modlin, lui aussi brièvement fermé au trafic. Mardi soir, les autorités portuaires de l’île grecque de Syros ont également évacué par précaution le paquebot Crown Iris, selon BFMTV.
Aucun engin découvert, des origines inconnues
Les inspections menées après les atterrissages n’ont révélé aucun engin suspect dans les cas rapportés. « Rien d’anormal n’a été constaté », a indiqué un porte-parole de Finnair cité par 20 Minutes. À Prague, la police a jugé les menaces « peu crédibles », tout en assurant que les mesures de sécurité nécessaires avaient été prises.
L’origine et les motivations des auteurs restent inconnues. Plusieurs alertes ont été envoyées par courriel, notamment au ministère bulgare de l’Intérieur mardi et à l’aéroport de Prague jeudi. Ces messages anonymes surviennent alors que l’Europe connaît une recrudescence d’attaques hybrides, parfois reliées par des autorités ou des chercheurs à la Russie ou à l’Iran, rappelle 20 Minutes.
Fin octobre, le secrétaire général français à la Défense et à la sécurité nationale, Nicolas Roche, avait évoqué devant des députés une massification d’attaques hybrides en Europe, allant du sabotage au cyber en passant par les drones et l’espionnage. Les enquêtes ouvertes devront déterminer si ces alertes relèvent d’une même campagne coordonnée ou d’une série d’actes d’imitation.
Sources
Cet article croise 4 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication. Notre méthode