Après les midterms, l’Amérique bascule déjà vers la présidentielle de 2028
Affaiblis au Congrès après les élections de mi-mandat, les républicains voient s’ouvrir la bataille de la succession de Donald Trump, inéligible en 2028. Les démocrates, eux, sortent renforcés du scrutin, mais doivent convertir le rejet du président sortant en projet présidentiel.
L’essentiel
- Les midterms ont affaibli les républicains et ouvert la succession de Donald Trump.
- Le Parti républicain doit choisir entre fidélité au trumpisme et recentrage électoral.
- Les démocrates doivent transformer leur victoire anti-Trump en programme pour 2028.
Une défaite qui ouvre l’après-Trump
Plus de 40 sièges perdus à la Chambre des représentants, 7 au Sénat : selon les projections de médias américains rapportées par 20 Minutes avec l’AFP, les républicains sortent très affaiblis des élections de mi-mandat. Franceinfo fait état, de son côté, de la perte de leur majorité dans les deux chambres. Organisé mercredi 4 novembre, le scrutin a aussitôt déplacé le centre de gravité de la politique américaine vers 2028.
Donald Trump ne pourra pas se représenter, la Constitution limitant la présidence à deux mandats. Sa succession, longtemps tenue en suspens par l’emprise qu’il exerce sur le Parti républicain, devient désormais une question ouverte. « L’après-Trump commence vraiment maintenant pour les deux camps », résume auprès de franceinfo Ludivine Gilli, spécialiste des États-Unis et directrice de l’observatoire de l’Amérique du Nord de la Fondation Jean-Jaurès.
Les républicains face au dilemme MAGA
Le Parti républicain doit à présent trancher entre la fidélité au président sortant et la prise de distance avec le mouvement MAGA. Selon Ludivine Gilli, la base électorale républicaine apparaît fracturée : une partie a rejeté Donald Trump, tandis qu’une autre continue de lui rester attachée. La coalition qui l’avait porté au pouvoir s’annonce, dans ces conditions, difficile à reconstituer.
Les prétendants cités par la presse américaine donnent la mesure de cette tension. Franceinfo mentionne le vice-président J.D. Vance, le secrétaire d’État Marco Rubio, le sénateur du Texas Ted Cruz, le gouverneur de Floride Ron DeSantis et le polémiste Tucker Carlson. Pour ceux qui sont les plus proches de l’administration, l’équation sera délicate. Critiquer Donald Trump pourrait être lu comme une rupture de loyauté, alors même qu’il conserve une capacité d’influence sur le parti, notamment par ses réseaux sociaux, rappelle le politologue Todd Belt, de l’université George-Washington.
Les premières réactions dessinent déjà les lignes de faille. 20 Minutes avec l’AFP rapporte que J.D. Vance a imputé le revers à la guerre en Iran, tandis que Marjorie Taylor Greene a appelé à exclure Donald Trump du parti. Ron DeSantis, lui, a estimé que les républicains pourraient devoir attendre 2032 pour reprendre le Congrès.
L’économie, terrain de reconquête
La défaite ne relance pas seulement une bataille de personnes. Elle rouvre aussi la discussion sur le programme républicain. Le Wall Street Journal, cité par 20 Minutes, presse le parti de répondre aux inquiétudes économiques et de reconquérir les électeurs hispaniques, indépendants et des banlieues. Pour le quotidien, les droits de douane et les expulsions de masse ne peuvent tenir lieu de réponse à la question de la hausse des revenus réels.
Même à droite, des voix réclament un infléchissement. Matthew Boyle, responsable du site d’extrême droite Breitbart, demande des décisions économiques profitant aux « vrais gens » plutôt qu’aux lobbies, ainsi que davantage de mesure dans l’application des politiques migratoires. Amy Dacey, experte à l’American University, invite cependant à ne pas surinterpréter le résultat : une défaite peut affaiblir un mouvement politique sans faire disparaître les raisons qui l’ont fait naître.
Les démocrates doivent dépasser le vote anti-Trump
La victoire démocrate ouvre, elle aussi, une difficulté : ne pas confondre rejet de Donald Trump et adhésion pleine à leur ligne. Ludivine Gilli souligne auprès de franceinfo que les démocrates ont surtout mobilisé les électeurs hostiles au président sortant. Le vote ne vaut donc pas nécessairement soutien massif à leurs idées.
Pendant la campagne, ils ont insisté sur le coût de la vie, en particulier la santé, le logement et l’énergie. Mathieu Gallard, directeur de recherches chez Ipsos, estime dans Le Parisien que les démocrates ont eu « l’intelligence » de faire campagne sur les enjeux du quotidien. Mais ce terrain commun ne dessine pas encore une candidature présidentielle.
Le parti devra aussi régler la question de son positionnement. Selon Hans Noel, professeur de sciences politiques à l’université Georgetown cité par franceinfo, les courants progressiste et modéré peuvent tous deux revendiquer des victoires. Parmi les noms évoqués pour 2028 figurent Kamala Harris, Alexandria Ocasio-Cortez, largement réélue à New York selon Le Parisien, Josh Shapiro, Gavin Newsom et Pete Buttigieg. Les premiers mouvements sont attendus dans les prochaines semaines, avant des primaires prévues en janvier 2028.
Sources
Cet article croise 4 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication. Notre méthode
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