Jeudi 5 novembre 2026

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Présidentielle 2027 : des députés communistes choisissent Mélenchon contre Roussel

Neuf des 17 députés du groupe communiste et ultramarin à l’Assemblée, dont son président Stéphane Peu, annoncent leur soutien à Jean-Luc Mélenchon pour 2027. Un désaveu pour le PCF, dont les militants ont désigné Fabien Roussel début septembre.

Façade du Palais Bourbon à Paris
Le Palais Bourbon, siège de l’Assemblée nationale, à Paris, le 17 mai 2023. (photo d’illustration) ZeusUpsistos · CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

L’essentiel

  • Neuf des 17 députés du groupe communiste et ultramarin soutiennent Jean-Luc Mélenchon pour 2027.
  • Ce choix contredit la ligne officielle du PCF, qui a désigné Fabien Roussel.
  • Les signataires invoquent le risque d’une victoire de Marine Le Pen et l’union de la gauche de rupture.

Une majorité du groupe bascule vers Mélenchon

Neuf députés sur les 17 que compte le groupe Gauche démocrate et républicaine à l’Assemblée nationale ont annoncé, jeudi 5 novembre, leur soutien à Jean-Luc Mélenchon pour l’élection présidentielle de 2027. Selon Le Parisien et franceinfo, qui s’appuient sur une déclaration transmise à l’AFP, ce ralliement réunit quatre des huit députés communistes du groupe, ainsi que cinq élus ultramarins.

La prise de position est d’autant plus sensible qu’elle contredit frontalement la ligne arrêtée par le Parti communiste français. Début septembre, les militants du PCF avaient voté à 72 % en faveur d’une candidature de leur secrétaire national, Fabien Roussel. Ces élus défendent, à l’inverse, une union de la « gauche de rupture » derrière le fondateur de La France insoumise, relève Le Monde.

Parmi les signataires figure Stéphane Peu, député de Seine-Saint-Denis et président du groupe à l’Assemblée. Trois des élus concernés, dont lui, viennent de circonscriptions de banlieue parisienne où La France insoumise obtient de bons résultats électoraux, d’après Le Parisien.

Le risque Le Pen au cœur de l’argumentaire

Les députés motivent leur choix par la configuration de la prochaine présidentielle et par le risque d’une victoire de Marine Le Pen, présentée dans les sources comme favorite de l’élection. « À l’approche d’une élection présidentielle aux enjeux immenses, nous prenons nos responsabilités, par-delà nos attaches partisanes », écrivent-ils dans leur déclaration.

Ils prennent soin, toutefois, de borner leur démarche. « Aucun d’entre nous n’est Insoumis, ni n’envisage de le devenir », ajoutent-ils, tout en annonçant soutenir Jean-Luc Mélenchon. La formule vise à faire la part entre un choix de stratégie électorale et une adhésion à La France insoumise.

Stéphane Peu assume ainsi une rupture avec la discipline communiste. Auprès de l’AFP, cité par Le Parisien et franceinfo, il parle d’un « acte de désobéissance civile » et d’une « objection de conscience ». Elsa Faucillon, députée des Hauts-de-Seine et signataire de l’appel, insiste de son côté sur les proximités programmatiques avec LFI : selon elle, les convergences sont plus nombreuses que les divergences.

Un revers politique pour Fabien Roussel

Pour Fabien Roussel, le signal est rude. Son propre chef de groupe à l’Assemblée choisit de soutenir un autre candidat à la présidentielle, alors que sa campagne peine à s’installer. Le Parisien et franceinfo indiquent qu’il stagne autour de 2 % d’intentions de vote dans les sondages. Sollicité par l’AFP, son entourage a refusé de commenter ce qu’il qualifie de « choix personnel ».

Cette séquence ravive une fracture ancienne à gauche. En 2022, Fabien Roussel avait obtenu 2,28 % des suffrages, tandis que Jean-Luc Mélenchon avait atteint 21,95 %, sans accéder au second tour. Les Insoumis avaient alors reproché au candidat communiste d’avoir empêché leur candidat de se qualifier. Le PCF avait pourtant soutenu Jean-Luc Mélenchon lors des présidentielles de 2012 et 2017.

Le rapport de forces actuel pèse dans les calculs des signataires. D’après Le Parisien, Jean-Luc Mélenchon apparaît dans les sondages comme capable de se qualifier pour un second tour face à Marine Le Pen, quand Fabien Roussel ne parvient pas à créer de dynamique. C’est dans cette lecture stratégique de la présidentielle que s’inscrit le choix des neuf députés.

La gauche de rupture cherche un point d’appui

La France insoumise accueille ce ralliement comme une étape dans la recomposition de la gauche autour de Jean-Luc Mélenchon. Paul Vannier, responsable des relations avec les autres partis chez LFI, y voit une contribution à l’union de la gauche de rupture, selon des propos rapportés par l’AFP.

Les signataires écartent en revanche l’option Raphaël Glucksmann. Stéphane Peu le décrit comme l’incarnation d’une gauche social-démocrate qu’il associe à l’accompagnement du libéralisme. Le clivage ne porte donc pas seulement sur les personnes : il porte aussi sur la ligne politique à défendre en 2027.

D’autres élus communistes pourraient suivre, selon Le Parisien et franceinfo. Si ce mouvement s’élargit, il fragilisera davantage la candidature de Fabien Roussel et accentuera la pression sur le PCF, pris entre sa décision militante et les appels à éviter une dispersion de la gauche dès le premier tour.

Sources

Cet article croise 4 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication. Notre méthode