Vendredi 6 novembre 2026

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Au Paraguay, Santiago Peña annonce sa démission, emporté par la crise Ueno

Deux jours après la mise sous tutelle d’Ueno Bank et le gel temporaire des dépôts, Santiago Peña a annoncé son départ. La panique des clients et la colère des salariés ont débordé dans les rues d’Asuncion, jusqu’aux abords du Parlement.

Façade du bâtiment de la Banque centrale du Paraguay, entouré d’arbres.
Le bâtiment de la Banque centrale du Paraguay, à Asuncion, en 2010. (photo d’illustration) FF MM · CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

L’essentiel

  • Santiago Peña a annoncé sa démission 48 heures après le début de la crise Ueno.
  • La Banque centrale a placé Ueno sous tutelle et gelé temporairement les dépôts.
  • Pedro Alliana est pressenti pour lui succéder après l’acceptation du Parlement.

Des cartes bancaires brûlées à Asuncion

Devant le ministère du Travail d’Asuncion, des salariés d’Ueno ont jeté au feu leurs cartes bancaires et des tee-shirts à l’effigie de la banque. La scène, rapportée par Le Parisien, dit la violence du choc qui secoue le Paraguay depuis le début de la semaine.

La colère a d’abord gagné les employés et les clients de l’établissement, avant de se retourner contre le pouvoir. « Nous n’avons plus d’argent, plus de travail. Plus de 5 000 familles vivent dans l’angoisse », a déclaré Eliana Santander, porte-parole des salariés, au quotidien paraguayen ABC Color, cité par Le Parisien. Dans la capitale, les slogans ont vite visé le chef de l’État. Des manifestants ont réclamé le départ de Santiago Peña, tandis que des pancartes exigeaient : « Rendez-nous notre argent ! »

La tension s’est ensuite déplacée aux abords du Parlement. Selon franceinfo, plusieurs centaines de personnes ont manifesté mercredi soir à Asuncion en criant « Santi fuera ! », avant que des heurts n’éclatent avec les forces de l’ordre. Le Parisien rapporte que la police a utilisé du gaz poivre et des projectiles en caoutchouc pour repousser la foule.

Ueno placée sous tutelle, les dépôts gelés

La crise est partie de la décision de la Banque centrale du Paraguay de placer Ueno Bank sous tutelle. L’établissement revendique 2,94 millions de clients, un volume considérable dans un pays qui compte près de 7 millions d’habitants. Les dépôts ont été gelés temporairement, selon franceinfo et Le Monde.

La mesure a aussitôt nourri l’inquiétude des épargnants. Mardi, des clients ont fait le siège d’agences de la banque à Asuncion, d’après franceinfo. L’affaire a pris une dimension nationale parce qu’elle touche des ménages ordinaires, mais aussi parce qu’elle concerne un établissement financier qui a connu une croissance rapide ces dernières années.

Le profil du président a encore accru la pression. Santiago Peña, économiste de formation, est passé par la Banque centrale du Paraguay et par le Fonds monétaire international. Toujours selon franceinfo, il détenait jusqu’à l’an dernier des actions dans une holding détenant Ueno. Cette information a donné une portée politique supplémentaire à la crise bancaire, même si les sources disponibles ne détaillent pas de responsabilité directe du chef de l’État dans la situation de la banque.

Une démission invoquée au nom de la stabilité

Jeudi 5 novembre, Santiago Peña a annoncé sa démission dans une vidéo publiée sur X. « J’ai pris la décision de présenter ma démission de la présidence de la République », a-t-il déclaré, cité par franceinfo. Le président conservateur a dit agir pour « la stabilité » du pays, « la paix sociale » et la préservation des institutions démocratiques.

L’annonce est intervenue seulement quarante-huit heures après l’éclatement de la crise bancaire. Dans son message, Santiago Peña a affirmé n’avoir désormais « qu’une priorité » : la tranquillité des Paraguayens ayant confié leur épargne au système financier.

Élu en 2023, il incarnait la jeune génération du Parti Colorado, formation dominante dans la vie politique paraguayenne depuis sept décennies. Son départ frappe d’autant plus que, selon franceinfo, il avait remporté l’élection confortablement. En quelques jours, la crise d’Ueno a fait basculer une inquiétude financière en crise de confiance envers le pouvoir.

Pedro Alliana en position de succéder au président

La démission de Santiago Peña devait encore être acceptée formellement par le Parlement, réuni en session extraordinaire jeudi après-midi, selon franceinfo. Cette étape institutionnelle ouvre la voie à son vice-président, Pedro Alliana, 52 ans, lui aussi issu du Parti Colorado.

Le transfert du pouvoir se déroule donc dans un climat tendu, tandis que les épargnants attendent des réponses sur leurs dépôts et que la Banque centrale conserve la main sur Ueno. Pour les autorités paraguayennes, la priorité immédiate sera de contenir la défiance envers le système bancaire tout en assurant une transition politique rapide.

La crise a déjà produit son effet le plus visible : elle a fait tomber un président en deux jours. La suite dépendra de la capacité du nouveau pouvoir à rassurer les clients d’Ueno et à éviter que la colère sociale ne se prolonge autour du Parlement et dans les agences de la banque.

Sources

Cet article croise 4 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication. Notre méthode