Avec « Gouverner », Jordan Bardella pousse le RN vers une ligne libérale-sécuritaire
Dans Gouverner, publié chez Fayard, le président du Rassemblement national se met en scène en futur chef du gouvernement de Marine Le Pen. Entre promesses de dérégulation, durcissement sécuritaire et défense face aux révélations de Mediapart, Jordan Bardella prépare déjà l’hypothèse Matignon.
L’essentiel
- Jordan Bardella publie un livre programmatique pour Matignon.
- Le Monde y voit une ligne libérale-sécuritaire sans propositions nouvelles.
- La promotion reste marquée par les accusations de Mediapart, qu’il dément.
Un livre écrit pour Matignon
« Je me prépare à devenir chef du gouvernement », a affirmé Jordan Bardella mardi soir sur TF1, cité par 20 Minutes. La phrase éclaire d’emblée Gouverner, son nouveau livre publié cette semaine aux éditions Fayard. À six mois de l’élection présidentielle, le président du Rassemblement national y décrit ce qu’il entendrait faire lors de ses premiers « cent jours » à Matignon, si Marine Le Pen l’emportait en mai prochain.
D’après franceinfo, ce troisième ouvrage en deux ans compte près de 300 pages. Il prend la forme d’un livre de candidat, même si Jordan Bardella ne brigue plus l’Élysée. Ses deux précédents titres mêlaient récit personnel et analyse politique ; celui-ci se présente plus franchement comme un texte programmatique.
L’ouverture reste pourtant fidèle au registre intime qu’il a déjà travaillé : l’enfance dans une cité de Saint-Denis, le sentiment d’être « épié, observé », ou encore la relation avec Maria Carolina de Bourbon des Deux Siciles, mentionnée par franceinfo. Mais cette entrée personnelle sert surtout de seuil. Très vite, le récit se déplace vers la politique nationale et l’exercice du pouvoir.
Une ligne libérale et sécuritaire
Le cœur de Gouverner tient dans une orientation que Le Monde décrit comme libérale et sécuritaire. Le quotidien relève que Jordan Bardella multiplie les promesses de dérégulation et de baisses d’impôts adressées aux milieux patronaux, tout en développant une critique insistante de l’État social. Le Monde souligne également l’absence de propositions réellement nouvelles dans ce troisième livre.
Les marqueurs traditionnels du RN organisent l’ensemble. L’immigration y occupe une large place, avec un projet de référendum, selon franceinfo. Suivent la sécurité, l’Europe, la santé, l’école, l’agriculture, le logement et la politique étrangère. Sur ce dernier terrain, Jordan Bardella avance notamment que « le rôle géopolitique de la France est d’être l’interface du monde qui vient », formule relevée par franceinfo.
L’ouvrage travaille aussi à inscrire le président du RN dans une filiation historique. Napoléon et le général de Gaulle sont cités à plusieurs reprises. Franceinfo note également une référence à Jacques Bainville, auteur nationaliste, royaliste et antisémite, à qui Jordan Bardella fait dire que la France n’est pas « une race » mais « une nation à laquelle on s’agrège ».
Le second rôle assumé auprès de Marine Le Pen
Gouverner semble avoir été conçu avant que la situation interne du RN ne soit clarifiée. Franceinfo estime que le projet est né avant le 7 juillet, date de la décision de la cour d’appel de Paris ayant permis à Marine Le Pen de se constituer candidate à la présidentielle 2027. Dans le livre, Jordan Bardella reconnaît avoir « peut-être accusé le coup » après l’annonce de cette candidature, avant de poser la ligne qu’il entend suivre : « L’aider à gagner cette campagne est ma responsabilité. »
Cette place de premier lieutenant reste au centre de la stratégie du parti. Selon 20 Minutes, Marine Le Pen demeure en tête des intentions de vote, avec 35 % à 37 % des voix. Jordan Bardella, lui, a reculé dans une enquête Ifop-Fiducial pour Paris Match et Sud Radio début octobre : 41 % de bonnes opinions, soit cinq points de moins. Il reste néanmoins l’une des personnalités politiques les plus appréciées des Français, rapporte 20 Minutes.
Son autorité sur l’appareil n’est pas contestée en interne. Réélu au congrès d’Orléans avec 98,98 % des voix, il est présenté par Jean-Lin Lacapelle comme celui qui « tient » à la fois le groupe au Parlement européen, le parti et sa place dans la campagne.
Une promotion rattrapée par Mediapart
La sortie de Gouverner s’inscrit aussi dans une séquence défensive. Mediapart accuse Jordan Bardella d’écrits antisémites en privé lorsqu’il était plus jeune, ce qu’il dément, selon 20 Minutes. Franceinfo précise que ces révélations, portant sur des messages qui lui sont attribués lorsqu’il avait 17 ans, sont arrivées alors que le livre était presque bouclé.
Jordan Bardella a ajouté une postface de trois pages intitulée « Le prix de l’engagement ». Il y écrit notamment, d’après franceinfo : « On a tenté de me faire chuter. » La promotion du livre, sur TF1 et RTL, a dès lors été marquée par des questions sur ces accusations. 20 Minutes estime qu’il a peiné à apporter des arguments pour sa défense.
La polémique n’a pas empêché l’ouvrage de trouver rapidement des lecteurs. Jeudi, Gouverner figurait à la quatrième place des meilleures ventes sur Amazon, selon 20 Minutes. Ses deux précédents livres se sont vendus au total à plus de 300 000 exemplaires ces dernières années. Avec ce volume, Jordan Bardella entre dans la campagne présidentielle par le versant gouvernemental, en se plaçant non plus seulement dans le récit personnel, mais dans la préparation de Matignon.
Sources
Cet article croise 4 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication. Notre méthode