Livre de Jordan Bardella : un lancement parasité par l’antisémitisme
Le lancement de *Gouverner*, mercredi 4 novembre à Paris, a tourné à l’incident politique : militants antiracistes devant le Pavillon Wagram, journaliste de *Mediapart* refoulé et départ de la plupart des médias présents. Jordan Bardella y voit une offensive de « l’extrême gauche ».
L’essentiel
- Des militants du collectif « Nous vivrons » ont manifesté devant le lancement du livre de Jordan Bardella.
- Un journaliste de Mediapart s’est vu refuser l’accès à l’événement, provoquant le départ de nombreux journalistes.
- Le président du RN dénonce une action de « l’extrême gauche » et conteste les propos antisémites qui lui sont attribués.
Des slogans devant le Pavillon Wagram
Pancartes levées, mégaphones en main, une quinzaine de militants du collectif « Nous vivrons » se sont postés, mercredi 4 novembre, devant le Pavillon Wagram, à Paris, où Jordan Bardella venait lancer son nouveau livre, Gouverner. D’après Le Parisien, ils ont notamment scandé « Pas d’antisémites en République » et « Bardella ton antisémitisme ne s’efface pas ».
Cette mobilisation entendait remettre au centre de la soirée les révélations de Mediapart sur des écrits antisémites que le président du Rassemblement national aurait tenus en privé dans sa jeunesse. Jordan Bardella conteste en être l’auteur, précise Le Monde. Organisé par son éditeur Fayard, le lancement a ainsi été rattrapé par une polémique que le RN s’efforce de refermer, au moment où l’eurodéputé poursuit la promotion de son troisième ouvrage en deux ans, selon 20 Minutes.
Mediapart refoulé, des journalistes quittent la salle
L’incident ne s’est pas limité au rassemblement devant le Pavillon Wagram. La soirée a aussi été marquée par le refus de laisser entrer un journaliste de Mediapart, alors que l’événement était ouvert à la presse, rapporte 20 Minutes. Victor Chabert, directeur du service de presse du RN, a justifié cette décision en évoquant une « soirée privée » et une absence d’accréditation.
La réponse a été immédiate dans la salle : la quasi-totalité des journalistes présents a quitté les lieux, à l’exception des médias appartenant au groupe Bolloré, toujours selon 20 Minutes. Jordan Bardella a réagi sur X par la formule « Vu et s’en tape », détournement d’un mème destiné à minimiser le départ des journalistes. Fayard, qui publie Gouverner, appartient au groupe Bolloré.
Une polémique qui s’installe dans la séquence du RN
L’épisode du Pavillon Wagram s’inscrit dans une série de tensions déjà observées autour du Rassemblement national. 20 Minutes rappelle qu’au congrès du parti, à Orléans, les 24 et 25 octobre, des journalistes de Mediapart avaient été évacués à deux reprises par le service d’ordre. Des militants de l’Union des étudiants juifs de France avaient également été sortis manu militari après avoir déployé, pendant l’intervention de Jordan Bardella, une banderole visant l’antisémitisme supposé du président du RN.
Dans les rangs du parti, la consigne reste à la minimisation. Jean-Lin Lacapelle, cadre historique du RN et proche de Marine Le Pen, assure à 20 Minutes que ces affaires n’ont « aucun impact » et qu’elles « glissent sur Bardella et le RN ». Le journal relève toutefois que ces controverses pourraient peser sur la campagne de Marine Le Pen, dans la perspective de la présidentielle de 2027, même si les révélations de Mediapart n’auraient pas entamé la cote de Jordan Bardella dans son camp ni auprès de nombreux Français, au regard des sondages qu’il cite.
Bardella dénonce l’« extrême gauche »
Avant même d’arriver sur place, Jordan Bardella avait donné son cadrage politique. Sur X, il a dénoncé une manifestation de « l’extrême gauche » contre « un livre », y voyant une « nostalgie des régimes totalitaires chaque jour plus inquiétante », selon Le Parisien. Jean-Luc Mélenchon a aussitôt contesté cette qualification, jugeant « très peu probable » que le collectif « Nous vivrons », présenté comme proche du PS, relève de l’extrême gauche.
Dans une postface ajoutée à son livre, citée par 20 Minutes, Jordan Bardella écrit que « la meute politique et médiatique » serait lancée à ses trousses. Cette expression éclaire la ligne retenue par le président du RN : déplacer la controverse sur les propos qui lui sont attribués, ainsi que la mise à l’écart de Mediapart, vers un affrontement avec ses adversaires politiques et une partie de la presse.
Sources
Cet article croise 4 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication. Notre méthode