Société

Cocktail Molotov contre des gendarmes à Paris : une enquête ouverte

Un gendarme mobile a été brûlé lors d’affrontements porte de Charenton, en marge de la mobilisation contre la vie chère. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour tentative d’homicide.

Véhicules bleus de la gendarmerie mobile garés dans une rue parisienne.
Des véhicules de la gendarmerie mobile à Paris, le 14 novembre 2014. (photo d’illustration) Photo : Kevin.B · CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

L’essentiel

  • Un cocktail Molotov a touché des gendarmes mobiles porte de Charenton à Paris.
  • Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour tentative d’homicide.
  • Les blessures sont restées légères, notamment grâce aux équipements de protection.

Ce qui s’est passé porte de Charenton

La fin de la manifestation parisienne du samedi 31 octobre a basculé dans la violence près de la porte de Charenton, dans le 12ᵉ arrondissement. Selon Le Monde, des photos et des vidéos ont montré une bombe artisanale exploser aux pieds d’un membre des forces de sécurité, le blessant légèrement.

D’après Le Parisien, la tension est montée au moment de la dispersion du cortège, présenté comme l’« acte III » de la mobilisation contre la vie chère. Une source policière citée par le quotidien évoque des « casseurs » en action dans la zone. La préfecture de police de Paris a, elle, décrit « un noyau dur de plusieurs centaines d’émeutiers » s’en prenant aux forces de l’ordre par des jets de projectiles.

Les images diffusées en ligne montrent un engin incendiaire lancé depuis la foule vers un groupe de gendarmes mobiles. Selon Le Parisien, le projectile a rebondi sur le bouclier d’un agent avant de tomber au sol et de s’embraser. Au moins un gendarme a été touché par les flammes. D’autres vidéos montrent aussi des jets d’engins incendiaires sur les forces de l’ordre.

20 Minutes situe l’incident vers 17 heures, en fin de cortège, et précise qu’un escadron de gendarmerie mobile, placé sous l’autorité d’une commissaire de la préfecture de police, a été pris pour cible.

Des blessures légères, mais un choc important

Les sources s’accordent sur un point : les blessures constatées sont restées limitées, notamment grâce aux équipements de protection. Selon 20 Minutes, deux gendarmes ont été « légèrement brûlés » grâce à leur tenue. Le Figaro indique qu’un gendarme, présenté comme le capitaine commandant l’escadron, a été brûlé au deuxième degré, notamment à la cheville, et a souhaité reprendre le travail malgré sa blessure.

Franceinfo a recueilli le témoignage anonyme du gendarme mobile touché. Il affirme aller « plutôt bien », tout en décrivant des brûlures à la jambe, qui aurait « pris intégralement feu », et une atteinte à l’arrière du mollet. Il évoque aussi une situation très tendue face à des personnes qu’il décrit comme « très hostiles », avec selon lui une volonté de faire peur et de blesser gravement.

Ce même gendarme affirme qu’une dizaine de membres de sa compagnie, déployée porte de Charenton, ont été blessés. Il parle surtout de traumatologie légère, mais cite également un gendarme qui a dû être recousu au niveau de l’arcade. La préfecture de police de Paris, citée par franceinfo, a de son côté fait état samedi soir de cinq membres des forces de l’ordre blessés, dont trois par des jets de cocktails Molotov. Elle indiquait qu’à 21 heures, la situation était calme dans l’agglomération parisienne.

Ces bilans ne sont pas strictement identiques. Ils peuvent renvoyer à des périmètres différents : la compagnie concernée, la zone parisienne ou le bilan communiqué à un moment précis.

Une enquête pour tentative d’homicide

Dimanche 1er novembre, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « tentative d’homicide sur personnes dépositaires de l’autorité publique », selon Le Figaro avec l’AFP. Le Monde rapporte également l’ouverture de cette enquête après le jet du cocktail Molotov sur les gendarmes à Paris.

Dès samedi soir, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez avait qualifié l’attaque de « tentative de meurtre », selon Le Parisien et Le Figaro. Lors d’un point presse, il a dénoncé une « violence inouïe » de « centaines de casseurs » et a affirmé vouloir tout mettre en œuvre pour retrouver les auteurs.

Le ministère de l’Intérieur a aussi relié les violences à des groupes de « casseurs et pilleurs » qu’il dit animés par la mouvance d’ultragauche radicale, selon les propos rapportés par Le Figaro. Cette qualification relève de la position du ministre et n’identifie pas à ce stade les auteurs du jet d’engin incendiaire.

Dans le bilan national provisoire cité par 20 Minutes, le ministère de l’Intérieur faisait état de 296 interpellations en France à 18 heures lors de cette troisième journée de mobilisation. La source ne précise pas, dans l’extrait disponible, combien de ces interpellations concernaient directement les faits de la porte de Charenton.

Pourquoi les protections ont limité les blessures

Le Figaro consacre un article aux équipements portés par les forces mobiles en manifestation. Selon le quotidien, la tenue des gendarmes mobiles est aujourd’hui ignifugée. Elle comprend notamment des gants de protection, des jambières, des protections pour les articulations, un casque et un gilet pare-balles. Les CRS disposent d’un équipement comparable, également ignifugé.

Ces protections expliquent en partie pourquoi les brûlures sont restées légères, malgré des images très impressionnantes. Le Figaro souligne toutefois un point de vulnérabilité : le liquide inflammable peut parfois s’infiltrer entre les chaussures et le pantalon, exposant la peau au feu.

La gendarmerie, citée par le quotidien, insiste aussi sur l’équilibre à trouver entre protection et mobilité. Les tenues ne doivent pas être trop lourdes, car elles peuvent être portées pendant de longues heures et ne doivent pas entraver les mouvements des personnels engagés dans le maintien de l’ordre.

Le Figaro rappelle que les forces de l’ordre ont déjà été visées par des cocktails Molotov lors de précédentes manifestations. Le quotidien cite notamment un CRS grièvement brûlé lors du défilé du 1er mai 2017 à Paris, ainsi qu’un policier touché le 1er mai 2023, dont la tenue avait également limité les blessures.

Des réactions politiques et une suite judiciaire attendue

Plusieurs responsables politiques ont condamné l’attaque. Selon Le Parisien et Le Figaro, Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national, a jugé les images « insupportables » et demandé que les auteurs soient retrouvés et condamnés avec la plus grande sévérité. Bruno Retailleau, président des Républicains et ancien ministre de l’Intérieur, a également dénoncé une tentative de meurtre.

Au-delà de ces réactions, la suite se jouera désormais sur le terrain judiciaire. L’enquête ouverte par le parquet de Paris devra établir les circonstances précises du jet de cocktail Molotov, identifier le ou les auteurs et déterminer les responsabilités pénales.

L’affaire intervient dans un contexte de mobilisation sociale contre la vie chère, dont les cortèges se sont, selon BFMTV cité par la source Home Fil actu, globalement déroulés dans le calme avant des heurts en fin d’après-midi dans plusieurs villes. À Paris, l’épisode de la porte de Charenton concentre désormais l’attention des autorités, en raison de la gravité potentielle d’un engin incendiaire lancé sur des forces de l’ordre.

Les sources de cet article

Cet article croise 7 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’IA à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication.