Société

Vie chère : entre 320 000 et 500 000 manifestants sous haute sécurité

La troisième journée de mobilisation sociale en trois semaines a rassemblé plusieurs centaines de milliers de personnes samedi. Les cortèges ont été globalement calmes, malgré des heurts en fin de journée et 565 interpellations.

Des manifestants brandissent une banderole dans une rue parisienne.
Des manifestants contre le projet de réforme des retraites, à Paris, le 20 février 2020. (photo d’illustration) Photo : Paule Bodilis · CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

L’essentiel

  • Le ministère de l’Intérieur compte 320 000 manifestants, contre près de 500 000 selon les organisateurs.
  • La journée a été globalement calme, mais des heurts ont éclaté en marge de plusieurs cortèges.
  • Le bilan officiel fait état de 565 interpellations et de cinq membres des forces de l’ordre blessés à Paris.

Des chiffres en baisse, mais une mobilisation toujours forte

La mobilisation contre la vie chère a réuni samedi 31 octobre 320 000 personnes en France, dont 70 000 à Paris, selon le ministère de l’Intérieur et la préfecture de police. Les organisateurs avancent un bilan plus élevé : près de 500 000 manifestants, dont 200 000 dans la capitale, d’après l’intersyndicale jeunesse citée par franceinfo, Le Figaro et 20 Minutes.

Cette différence de comptage est importante, mais les deux camps constatent un recul par rapport au samedi précédent. Le 24 octobre, les autorités avaient recensé 410 000 manifestants, dont 110 000 à Paris, tandis que les syndicats revendiquaient 800 000 personnes. Le ministère de l’Intérieur avait compté 550 000 manifestants lors de la première journée du 17 octobre, selon franceinfo.

Cette troisième journée, parfois appelée « acte III » de la colère sociale, reste toutefois d’ampleur nationale. Selon franceinfo, elle portait sur le pouvoir d’achat, la défense des services publics, mais aussi les moyens de l’Éducation nationale et la gestion policière du mouvement lycéen.

Des cortèges encadrés et souvent éloignés des centres-villes

La journée s’est déroulée sous un dispositif de sécurité exceptionnel. D’après franceinfo et Le Figaro, 70 000 policiers et gendarmes étaient mobilisés. Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, avait présenté cette journée comme présentant un « risque très élevé de troubles à l’ordre public », selon Le Figaro.

À Paris, les organisateurs souhaitaient initialement un parcours entre Bastille et Nation. Ce trajet a finalement été interdit, une décision confirmée par le Conseil d’État, selon franceinfo. Le cortège parisien est donc parti de la porte de Bagnolet pour rejoindre la porte de Charenton, à l’est de la capitale. Plusieurs dizaines de stations de métro ont été fermées, et la gare RER de Châtelet-Les Halles a été fermée en soirée « en raison de mesures de sécurité », selon Le Parisien.

Le Monde décrit des cortèges « festifs et déterminés », mais aussi fortement « corsetés » par les forces de l’ordre. Le journal relève que, semaine après semaine, certains manifestants se disent de plus en plus préoccupés par les restrictions de parcours et les dispositifs policiers.

Une journée calme dans l’ensemble, puis des tensions en marge

Les autorités comme plusieurs médias décrivent une journée globalement calme. « Les cortèges revendicatifs se sont bien déroulés », a déclaré Laurent Nuñez, selon franceinfo et Le Figaro. Mais des tensions sont apparues en fin d’après-midi dans plusieurs grandes villes.

Le ministère de l’Intérieur a mis en cause des groupes de « casseurs » et de « pilleurs », qu’il associe à la mouvance d’ultragauche. Selon franceinfo, Laurent Nuñez a évoqué des jets de projectiles, des tirs de mortiers et des jets de pavés. Le Figaro cite des tensions à Paris, Marseille, Nantes, Bordeaux, Rennes, Tours ou encore Angers.

À Paris, 20 Minutes rapporte que l’ambiance s’est tendue à l’arrivée porte de Charenton, avec des gaz lacrymogènes et des individus masqués. À Nantes, la police a utilisé des gaz lacrymogènes pour empêcher des manifestants d’accéder au centre-ville, selon le même média. À Angers, Ouest-France fait état d’affrontements en fin de manifestation et de deux manifestants blessés transportés à l’hôpital.

565 interpellations et cinq membres des forces de l’ordre blessés à Paris

Le bilan sécuritaire s’est alourdi au fil de la soirée. Selon un bilan à 21 heures du ministère de l’Intérieur et de la préfecture de police, cité par Le Parisien, Le Figaro et 20 Minutes, 565 personnes ont été interpellées sur l’ensemble du territoire. À Paris, 79 interpellations ont été recensées à la même heure, après 5 745 contrôles effectués dans l’agglomération parisienne, selon la préfecture de police.

Au total, Laurent Nuñez a indiqué que 40 000 contrôles avaient été menés en amont, dont 15 000 dans l’agglomération parisienne, selon franceinfo et Le Figaro. Les interpellations ont aussi concerné plusieurs villes, dont Toulouse et Metz, d’après Le Parisien.

Cinq membres des forces de l’ordre ont été blessés à Paris : quatre policiers et un gendarme, selon le bilan officiel cité par Le Parisien. Le ministre de l’Intérieur a qualifié de « tentative de meurtre » le jet d’un cocktail Molotov contre un gendarme mobile à Paris, selon franceinfo et 20 Minutes. Le gendarme a été légèrement blessé et n’a pas cessé son service, d’après Laurent Nuñez.

Le mouvement veut se poursuivre dès cette semaine

Les organisateurs entendent maintenir la pression. L’intersyndicale jeunesse regroupe notamment l’Union étudiante, la Fage, l’Unef et l’Union syndicale lycéenne, selon franceinfo. L’Unef a affirmé auprès de l’AFP, citée par franceinfo et Le Figaro, que la mobilisation allait continuer.

Des appels à s’organiser dans les universités dès lundi 2 novembre ont été relayés. L’Unef appelle à bloquer les facultés et les lycées le mardi 3 novembre, selon franceinfo. Avant même le départ du cortège parisien, l’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante avaient aussi appelé à des blocages mardi et jeudi, d’après franceinfo.

Un autre rendez-vous est déjà inscrit dans le calendrier social : le jeudi 5 novembre, avec un appel intersyndical à la grève et aux manifestations nationales. Selon actu.fr, les organisations syndicales appellent salariés du privé et du public, lycéens, étudiants et retraités à défendre les salaires, les services publics, l’emploi et l’industrie. La coordination des gilets jaunes a, de son côté, appelé à poursuivre le mouvement les 6 et 7 novembre, selon franceinfo.

Les sources de cet article

Cet article croise 12 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’IA à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication.