Dans le Michigan, Haley Stevens fracture les démocrates en soutenant Mike Rogers
À Détroit, à moins de quarante-huit heures du vote, Haley Stevens s’est rangée derrière le républicain Mike Rogers contre Abdul El-Sayed, qui l’avait battue à la primaire démocrate. Dans une course serrée pour le Sénat, son choix ravive la fracture du parti sur Israël.
L’essentiel
- Haley Stevens soutient le républicain Mike Rogers contre Abdul El-Sayed.
- Le désaccord sur Israël fracture la campagne démocrate dans le Michigan.
- Le siège peut peser dans la bataille pour le contrôle du Sénat.
Un ralliement annoncé dans la dernière ligne droite
Haley Stevens est apparue dimanche 1er novembre aux côtés de Mike Rogers, à Détroit. À moins de quarante-huit heures du vote, la représentante démocrate du Michigan a annoncé son soutien au candidat républicain dans la course au Sénat, contre Abdul El-Sayed, vainqueur de la primaire démocrate à laquelle elle avait elle-même participé.
Le geste a immédiatement déstabilisé l’une des campagnes les plus suivies des élections de mi-mandat américaines. Selon franceinfo, Haley Stevens a d’abord publié une vidéo dans laquelle elle déclare apporter son « soutien à Mike Rogers pour le Sénat des Etats-Unis », avant de se montrer à ses côtés lors d’un office religieux. Quelques mois plus tôt, après sa défaite à la primaire démocrate, elle s’était pourtant engagée à soutenir le candidat désigné par les électeurs du parti.
La scène a d’autant plus frappé que le scrutin du Michigan fait partie de ceux qui peuvent déterminer le contrôle de la chambre haute. Le siège est aujourd’hui occupé par Gary Peters, 67 ans, qui a choisi de ne pas se représenter, d’après Le Parisien. Pour les démocrates, le conserver compte dans une arithmétique étroite : le Sénat est contrôlé par les républicains et, selon Le Parisien, le parti doit renverser quatre sièges détenus par ses adversaires sans en perdre un seul s’il veut récupérer la majorité.
Une primaire démocrate qui a laissé des traces
Le ralliement de Haley Stevens ne tombe pas sur une campagne pacifiée. Dans le Michigan, la primaire démocrate a opposé deux lignes politiques difficiles à faire cohabiter. Le Figaro décrit Haley Stevens comme une représentante centriste ; Abdul El-Sayed, médecin né de parents égyptiens musulmans, s’est imposé comme une figure plus à gauche. Le Parisien le présente comme un progressiste quadragénaire, très présent dans les médias.
Le point de rupture le plus sensible concerne Israël. D’après Le Figaro, Haley Stevens était soutenue par l’AIPAC, le lobby pro-israélien, qui aurait dépensé plus de 30 millions de dollars dans sa campagne. Abdul El-Sayed, lui, est décrit par le même journal comme l’un des critiques les plus virulents d’Israël. Franceinfo rapporte que Stevens reproche notamment à son ancien rival ses positions pro-palestiniennes et qu’elle a affirmé ne pas avoir sa place dans sa campagne.
La fracture ne se réduit donc pas au ressentiment d’une candidate battue. Elle renvoie à une tension installée au sein du Parti démocrate américain, entre une aile centriste attachée au soutien traditionnel à Israël et une gauche plus critique de la politique israélienne. Dans un Etat où quelques milliers de voix peuvent peser, ce désaccord idéologique devient aussi, dans les derniers jours, une difficulté électorale très concrète.
Colère démocrate et sanctions locales
La riposte démocrate a été rapide. Chuck Schumer, chef des démocrates au Sénat, a dénoncé une « trahison abjecte », selon franceinfo. La formule donne la mesure de l’exaspération dans un parti qui craint de laisser filer, dans les dernières heures de campagne, un siège qu’il juge à sa portée.
Dans la foulée, le Parti démocrate du Michigan a annoncé l’exclusion de Haley Stevens de ses rangs, rapporte franceinfo. D’autres responsables ont réclamé qu’elle soit également écartée du groupe démocrate à la Chambre des représentants. L’élue, elle, a assuré rester « une démocrate fière de l’être ». Le Monde fait aussi état de démissions au sein de son équipe après l’annonce de son soutien à Mike Rogers, signe que la rupture politique atteint son entourage immédiat.
Abdul El-Sayed, de son côté, a évité de placer Stevens au centre de sa réponse publique. Interrogé dimanche sur cette défection de dernière minute, il a déclaré, selon franceinfo, ne pas « penser à [elle] », ajoutant qu’il était moins intéressé par la politique politicienne que par les politiques publiques. La ligne est claire : ramener la fin de campagne au scrutin lui-même, alors que la rupture interne menace d’occuper tout l’espace médiatique.
Un cadeau politique pour les républicains
Chez les républicains, le soutien de Haley Stevens a été reçu comme une occasion à saisir. Donald Trump s’en est félicité sur son réseau Truth Social. Selon franceinfo, le président américain a écrit : « C’est énorme ! », saluant la « loyauté » et le « courage » de l’élue démocrate. Il a également insisté sur l’influence qu’elle pourrait avoir auprès des électeurs juifs et afro-américains.
Pour Mike Rogers, l’appui d’une élue démocrate du Michigan présente un double intérêt. Il nourrit l’argument selon lequel Abdul El-Sayed serait trop clivant, y compris pour une partie de son propre camp. Il lui permet aussi de parler à des électeurs modérés, notamment ceux qui avaient soutenu Stevens lors de la primaire et hésitent encore à se ranger derrière le vainqueur démocrate.
L’effet électoral demeure incertain. Avant ce coup de théâtre, franceinfo indiquait que les sondages donnaient une légère avance à Abdul El-Sayed. Le Parisien évoque de son côté une course située dans la marge d’erreur, tout en citant l’agrégateur Flipr, qui créditait le démocrate de quatre points d’avance. Toutes ces estimations disent la même fragilité : l’écart est assez faible pour que chaque déplacement de voix, même tardif, soit observé de près.
L’élection porte aussi une dimension symbolique. En cas de victoire, Abdul El-Sayed deviendrait le premier sénateur musulman des Etats-Unis, selon franceinfo. Cette perspective s’ajoute au poids stratégique du siège et contribue à donner une portée nationale à une campagne d’abord ancrée dans le Michigan.
Un scrutin local aux conséquences nationales
Le vote du mardi 3 novembre se joue sur deux terrains à la fois. Dans le Michigan, les électeurs doivent désigner le successeur de Gary Peters entre un démocrate progressiste et un républicain conservateur. À Washington, démocrates et républicains regardent surtout un siège qui peut entrer dans le calcul de la majorité au Sénat.
La décision de Haley Stevens intervient trop tard pour que le Parti démocrate puisse refermer la crise avant le scrutin. Elle oblige Abdul El-Sayed à défendre l’unité de son camp au moment même où il cherche à convaincre au-delà de sa base. Elle donne en retour à Mike Rogers une image rare dans une campagne aussi polarisée : celle d’un candidat républicain publiquement soutenu par une élue démocrate en fonction.
Les prochaines heures permettront de mesurer si ce ralliement restera un épisode spectaculaire de fin de campagne ou s’il aura déplacé des voix dans un Etat disputé. Le résultat du Michigan sera lu bien au-delà de ses frontières, comme un révélateur des divisions démocrates sur Israël et comme l’une des pièces de la bataille pour le Sénat américain.
Sources
Cet article croise 4 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication. Notre méthode