Mercredi 4 novembre 2026

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En Israël, les soupçons de fraude visant des partis arabes sous pression judiciaire

La procureure générale israélienne demande au Shin Bet de documenter ses soupçons de fraude visant des partis arabes israéliens. Tout en confirmant l’existence d’une enquête, la commission électorale assure que les législatives du 27 octobre ne sont pas remises en cause dans leur ensemble.

Isaac Herzog reçoit des représentants de Raam à une table.
Le président israélien Isaac Herzog rencontre des représentants de Raam, à la résidence présidentielle de Jérusalem, le 29 mars 2023. (photo d’illustration) Amos Ben Gershom · CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

L’essentiel

  • La procureure générale demande au Shin Bet de produire ses preuves.
  • La commission électorale exclut une remise en cause globale du scrutin.
  • Les partis arabes et le Qatar rejettent les accusations relayées par le camp Nétanyahou.

La procureure réclame des éléments au Shin Bet

Mardi 3 novembre, Gali Baharav-Miara a demandé au Shin Bet de transmettre les résultats de son enquête sur des soupçons de fraude électorale visant des partis arabes israéliens, rapportent Ouest-France et Le Figaro. La procureure générale israélienne presse ainsi les services de renseignement intérieur de produire les éléments sur lesquels reposent les investigations.

À ce stade, elle dit n’avoir reçu aucun élément probant. Dans un communiqué cité par Le Figaro, elle rappelle qu’« il n’est pas possible d’enquêter sur des citoyens ou des élus sans disposer d’éléments de preuve qui le justifient ». Autrement dit, l’enquête peut se poursuivre, mais elle doit s’appuyer sur des faits vérifiables, et non sur de simples accusations.

Cette intervention intervient après plusieurs jours de mises en cause autour du scrutin législatif du 27 octobre. Les soupçons portent sur de possibles achats de voix et sur des financements venus de l’étranger. Ils visent en particulier les deux listes arabes, Raam et la Liste unifiée.

La commission électorale écarte une remise en cause du scrutin

Deux jours plus tôt, le président de la commission électorale, le juge Noam Sohlberg, avait confirmé l’existence d’une enquête, tout en s’efforçant d’en limiter les conséquences politiques. D’après franceinfo et Home Fil actu, la commission avait saisi le Shin Bet dès le lendemain du vote afin de demander l’ouverture d’investigations.

Noam Sohlberg a qualifié les soupçons de graves et assuré qu’ils seraient examinés « jusqu’au bout ». Mais le magistrat a également affirmé que, même s’ils étaient confirmés, ils ne remettraient pas en cause « la régularité du processus électoral ni les résultats des élections dans leur ensemble ».

Selon ses précisions, les accusations portent sur des financements étrangers qui auraient été destinés à influencer le vote, avec une possible dimension sécuritaire. Il a néanmoins insisté sur un autre point : l’enquête ne devait pas jeter le discrédit sur le vote de la communauté arabe.

Des accusations relayées par le camp Nétanyahou

Ces accusations circulent dans un climat politique tendu. Selon franceinfo, des responsables et des médias ont affirmé que les partis arabes auraient reçu des fonds du Qatar pour financer l’achat de voix. Elles ont été relayées par le camp du Premier ministre Benyamin Nétanyahou.

Doha et les formations concernées les rejettent. Mansour Abbas, chef de Raam, a accusé Benyamin Nétanyahou de « mentir » en mettant en cause la minorité arabe. Le parti Raam nie toute implication.

Le scrutin a été marqué par la progression des deux listes arabes, qui ont obtenu ensemble 19 sièges, selon les résultats définitifs cités par franceinfo et Home Fil actu. Cette avancée peut compter dans les tractations parlementaires, alors qu’aucun parti ne dispose seul de la majorité.

Dans ce contexte, le rival de Benyamin Nétanyahou, Gadi Eisenkot, a dénoncé une tentative de délégitimer les résultats. Selon Home Fil actu, il pourrait chercher le soutien des formations arabes pour former un gouvernement.

Des arrestations, mais une portée politique limitée

L’enquête a déjà donné lieu à des mesures judiciaires. La police a annoncé l’arrestation, durant la nuit précédant le vote, de trois personnes en possession d’enveloppes et d’argent liquide. Elles étaient soupçonnées d’avoir tenté d’acheter des voix au profit de Raam, selon Home Fil actu.

Dimanche, le tribunal de Beersheva a ordonné la remise en liberté d’un suspect. Un deuxième est resté en détention provisoire, tandis qu’un troisième a été placé en résidence surveillée. Ces décisions attestent l’existence d’un dossier judiciaire, mais elles ne suffisent pas à établir une fraude organisée ni à modifier l’appréciation de la commission électorale.

Le Likoud, parti de Benyamin Nétanyahou, a jugé surprenant que Noam Sohlberg évoque des soupçons graves tout en estimant déjà qu’ils n’affecteraient pas les résultats. La contestation se joue donc désormais sur deux plans : la recherche de preuves par les enquêteurs et la bataille politique autour de la légitimité du scrutin.

Les consultations doivent ouvrir la séquence gouvernementale

Les résultats officiels doivent être transmis au président israélien Isaac Herzog, qui recevra les formations élues avant de confier à un dirigeant de parti la mission de tenter de former un gouvernement. Cette étape institutionnelle s’ouvrira alors que l’enquête suit son cours.

La procureure générale demande désormais que les soupçons soient étayés. Si le Shin Bet dispose d’éléments, ils devront être présentés aux autorités compétentes. Faute de preuves communiquées, la position de la commission électorale reste la même : les accusations sont prises au sérieux, mais elles ne renversent pas, à ce stade, le résultat général des législatives.

Sources

Cet article croise 4 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication. Notre méthode