Lundi 2 novembre 2026

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En Israël, Netanyahou en tête mais sans majorité face au bloc Eisenkot

Arrivé en tête aux législatives du 27 octobre, le bloc de Benyamin Netanyahou reste loin des 61 sièges nécessaires à la Knesset. Face à lui, Gadi Eisenkot peut espérer une majorité avec l’appui des partis arabes, hypothèse déjà contestée au sein de l’opposition.

L’essentiel

  • Le bloc Netanyahou obtient 53 sièges, contre 48 pour l’opposition menée par Gadi Eisenkot.
  • Raam et la Liste unifiée totalisent 19 sièges et peuvent peser sur la formation d’une majorité.
  • Isaac Herzog doit désigner un candidat chargé de former un gouvernement après ses consultations.

Un scrutin sans vainqueur net

Benyamin Netanyahou a devancé ses adversaires, mais pas assez pour gouverner. Les législatives israéliennes du 27 octobre n’ont donné de majorité à aucun camp : la coalition sortante de droite, d’extrême droite et de partis ultraorthodoxes, menée par le premier ministre sortant, obtient 53 sièges sur les 120 de la Knesset, selon Le Parisien et franceinfo. Le bloc d’opposition conduit par le centriste Gadi Eisenkot en compte 48.

La majorité absolue étant fixée à 61 députés, les négociations s’annoncent déterminantes. Le Likoud, parti de Benyamin Netanyahou, revendique sa première place au Parlement pour défendre le maintien de son chef à la tête du gouvernement. Mais le système israélien ne donne pas automatiquement le pouvoir au parti arrivé en tête. Le président Isaac Herzog doit désigner la personnalité qu’il juge la plus capable de constituer une coalition.

Ce scrutin était le premier depuis les attaques du 7 octobre 2023, rappelait HugoDécrypte avant la publication des résultats définitifs. Le média soulignait aussi une participation supérieure à 77 %, niveau présenté comme le plus élevé depuis 1999 au moment où plus de 90 % des bulletins avaient été dépouillés. Au-delà du duel entre Netanyahou et Eisenkot, l’élection a surtout fait apparaître un troisième ensemble qu’aucun calcul parlementaire ne peut ignorer : les partis arabes.

Les partis arabes détiennent une clé arithmétique

Raam et la Liste unifiée totalisent 19 sièges, un score qualifié de record par plusieurs sources, dont Le Parisien, franceinfo et La Tribune. Dans le détail, franceinfo attribue 11 sièges à la Liste arabe unie et 8 à Raam. Ces élus ne peuvent pas, à eux seuls, former une majorité. Leur appui pourrait en revanche permettre au bloc d’opposition de franchir le seuil des 61 sièges.

La Tribune résume leur position par un « rôle pivot » : une participation au gouvernement, ou même un soutien extérieur, pourrait rendre possible la formation d’un cabinet. HugoDécrypte indiquait que Raam serait favorable à une entrée dans l’exécutif, tandis que la Liste unifiée pourrait accepter de soutenir un gouvernement sans y participer.

Ces partis représentent notamment les citoyens arabes d’Israël. HugoDécrypte rappelait qu’ils sont plus de 2 millions, soit environ 20 % de la population, et que beaucoup se définissent aussi comme Palestiniens citoyens d’Israël. Mansour Abbas, chef de Raam, s’est dit prêt à travailler avec le bloc d’Eisenkot. Youssef Jabareen, de la Liste unifiée, s’est dit disposé à « ouvrir la voie » à l’éviction de Benyamin Netanyahou et à soutenir un gouvernement alternatif sans nécessairement y participer.

Cette possibilité demeure pourtant politiquement inflammable. Une partie de l’opposition refuse de dépendre des partis arabes. D’après Le Parisien, Yaïr Golan, dirigeant de gauche, défend une alliance avec eux. Avigdor Liberman, classé à droite, s’y oppose fermement. Le parti Yashar de Gadi Eisenkot semble écarter cette hypothèse sans la fermer explicitement, tandis que la position du parti Ensemble, au centre droit, demeure incertaine.

Netanyahou réclame une coalition sans Raam ni la Liste unifiée

Benyamin Netanyahou a fixé sa ligne rouge dès le début de la séquence de tractations. Lundi 2 novembre, il a appelé à former une large coalition gouvernementale sous sa direction, mais sans les partis arabes. « Nous cherchons à établir un gouvernement élargi avec nos partenaires et avec tout parti qui souhaite nous rejoindre et ne soutient pas le terrorisme », a-t-il déclaré sur le canal Telegram du Likoud, propos rapportés par Le Parisien et franceinfo.

Le premier ministre sortant a ajouté que le public israélien ne voulait pas d’un gouvernement dépendant de Raam et de la Liste unifiée. Il les a accusés de « soutenir le terrorisme » et de nier l’existence de l’État juif. Depuis le scrutin, ces formations sont devenues l’une de ses principales cibles politiques.

Cette stratégie vise à empêcher l’opposition de transformer une addition possible de sièges en majorité parlementaire. Elle permet aussi à Benyamin Netanyahou de se présenter comme le seul dirigeant capable de rassembler au-delà de son camp. L’arithmétique, toutefois, reste sévère : avec 53 sièges, son bloc doit convaincre au moins huit députés supplémentaires pour obtenir la confiance de la Knesset.

Ses alliés d’extrême droite Bezalel Smotrich et Itamar Ben Gvir devraient recommander son nom au président, sauf surprise, rapporte Le Parisien. Le parti ultraorthodoxe Shass devrait faire de même selon des informations de presse citées par le journal. La position d’un autre parti ultraorthodoxe n’est pas encore claire.

Eisenkot favori dans la procédure institutionnelle

L’opposition cherche désormais à afficher son unité. Les dirigeants du « bloc pour le changement » doivent se réunir mardi à Herzliya, dans le nord-ouest d’Israël, pour coordonner leurs prochaines étapes, selon un communiqué du parti Yashar cité par Le Parisien. Ce sera leur première réunion depuis le scrutin.

Toutes les composantes du bloc d’opposition ont affirmé qu’elles proposeraient Gadi Eisenkot comme futur premier ministre au président Isaac Herzog. Les partis arabes l’ont aussi laissé entendre. Cette addition place l’ancien chef d’état-major en position favorable au moment des consultations présidentielles, sans garantir pour autant la formation d’un gouvernement stable.

Gadi Eisenkot s’est imposé comme le visage de l’alternative à Benyamin Netanyahou. HugoDécrypte rappelait qu’il avait été élu député en 2022 avec le centriste Benny Gantz, avant de rejoindre le cabinet de guerre après le 7 octobre 2023. Il l’a quitté sept mois plus tard en raison de désaccords avec Benyamin Netanyahou sur la conduite de la guerre à Gaza, puis a créé son parti Yashar.

S’il arrive au pouvoir, il promet notamment une commission d’enquête indépendante sur les attaques du 7 octobre 2023, perspective que Benyamin Netanyahou refuse, selon HugoDécrypte. Il défend aussi le service militaire pour les juifs ultraorthodoxes, aujourd’hui majoritairement exemptés. Ces propositions peuvent agréger une partie de l’opposition, mais elles rendent plus difficile la recherche d’un compromis avec des partenaires très éloignés idéologiquement.

Des consultations sous calendrier serré

Isaac Herzog doit recevoir les partis entre mercredi après-midi et jeudi soir, en commençant par ceux qui ont obtenu le moins de sièges, selon Le Parisien. Le président a en principe jusqu’au 11 novembre pour choisir la personnalité à laquelle il confiera la mission de former un gouvernement.

Le candidat désigné disposera ensuite de 28 jours, avec une prolongation possible de 14 jours, pour constituer une coalition capable d’obtenir la confiance de la Knesset. En cas d’échec, le président peut mandater une autre personnalité pour une nouvelle période de 28 jours. Si cette tentative échoue encore, le mandat revient au Parlement, qui doit alors essayer de réunir 61 députés. Faute d’accord, la Knesset est dissoute et de nouvelles élections sont organisées dans les 90 jours.

Plusieurs voies restent ouvertes. Gadi Eisenkot peut tenter de gouverner avec le soutien, direct ou extérieur, des partis arabes. Il pourrait aussi chercher à convaincre des députés du camp Netanyahou de rejoindre l’opposition. Un gouvernement d’union nationale entre les deux blocs a déjà existé en 2020 avec Benyamin Netanyahou et Benny Gantz, mais HugoDécrypte juge cette option peu probable aujourd’hui, de nombreux opposants refusant de gouverner avec le premier ministre sortant.

Si aucune majorité ne se forme, Israël pourrait replonger dans une séquence électorale. Le pays a déjà connu quatre scrutins entre avril 2019 et mars 2021. Pendant les négociations, Benyamin Netanyahou reste premier ministre par intérim. La prochaine étape se jouera dans les recommandations faites à Isaac Herzog, puis dans la capacité du candidat choisi à réunir des alliés qui, pour l’instant, mettent en avant leurs lignes rouges.

Sources

Cet article croise 6 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication. Notre méthode