Fertilité : une campagne nationale cible les 20-35 ans et les Français de 29 ans
D’ici la fin novembre, les Français de 29 ans recevront un message de l’Assurance-maladie sur la fertilité, dans une version revue après des critiques. Cette initiative s’inscrit dans une campagne nationale visant les 20-35 ans, tandis que les délais de PMA restent élevés.
L’essentiel
- Une campagne nationale sur la fertilité vise les femmes et les hommes de 20 à 35 ans.
- Les personnes de 29 ans recevront un message via l’Assurance-maladie d’ici fin novembre.
- Le gouvernement promet de nouvelles mesures début 2027 pour améliorer l’accès aux soins.
Un message remanié pour les 29 ans
Les Français âgés de 29 ans doivent recevoir, d’ici la fin novembre, un message sur leur compte de l’Assurance-maladie. Le ministère de la Santé présente l’envoi comme un outil d’information sur les facteurs qui pèsent sur la fertilité et sur les possibilités de préservation, parmi lesquelles l’autoconservation des ovocytes.
Cette mesure figure dans le plan contre l’infertilité annoncé en février 2026, après avoir été promis par Emmanuel Macron plus de deux ans auparavant. Selon les éléments communiqués par le gouvernement et repris par plusieurs médias, plus de trois millions de personnes sont concernées en France. Franceinfo précise que l’infertilité touche 15 à 25 % des couples en âge de procréer.
Le texte adressé aux personnes de 29 ans a toutefois été réécrit. Une première version avait suscité des critiques d’associations et de professionnels, qui l’avaient jugée intrusive ou infantilisante. Franceinfo indique que l’envoi commencerait à partir de la mi-novembre ; BFM, 20 Minutes et actu.fr évoquent, eux, une transmission d’ici fin novembre. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, assure que l’objectif n’est pas de pousser les personnes concernées à avoir un enfant à cet âge, mais de leur fournir des informations utiles, y compris sur la contraception pour celles et ceux qui ne souhaitent pas d’enfant.
Une campagne pour informer avant le projet parental
Dans le même temps, Santé publique France lance une campagne nationale destinée aux femmes et aux hommes de 20 à 35 ans, qu’ils aient déjà un projet parental ou non. Le ministère veut ainsi améliorer la connaissance des facteurs qui influencent la fertilité, avant que les démarches médicales ne deviennent nécessaires ou que les difficultés ne soient découvertes tardivement.
La campagne doit être déclinée sous plusieurs formats. Franceinfo mentionne notamment des messages audio et des affiches dans les salles d’attente des médecins. Pour les 18-25 ans, un volet consacré à la fertilité sera aussi intégré aux consultations « Mon Bilan Prévention », prises en charge par la Sécurité sociale.
Le gouvernement met en avant un déficit d’information. « Trop peu de nos concitoyens sont informés à l’âge où ils devraient l’être », a déclaré Stéphanie Rist après la remise d’un rapport du comité de pilotage du plan fertilité. Les messages porteront notamment sur l’âge, les facteurs médicaux, l’alimentation ou encore le tabac. Franceinfo rappelle que la fertilité baisse à partir de 30 ans chez les femmes et à partir de 40 ans chez les hommes, ce dernier point étant moins souvent identifié.
Des délais qui pèsent sur les parcours de PMA
Informer ne suffira pas à réduire les difficultés d’accès aux soins. Depuis que la loi de bioéthique de 2021 a élargi la procréation médicalement assistée à toutes les femmes, les demandes de prise en charge ont fortement augmenté. Cette progression a allongé les délais et conduit certaines patientes à se tourner vers l’étranger, selon BFM et actu.fr.
En février, le ministère avait annoncé son intention d’habiliter, d’ici 2028, plusieurs dizaines de nouveaux établissements capables de congeler des ovocytes. Trente nouveaux centres ont été déployés, portant à 70 le nombre total de centres autorisés, selon les chiffres communiqués mardi. Franceinfo rapporte que plus de 20 000 femmes ont demandé l’an dernier à conserver leurs ovocytes pour un projet d’enfant ultérieur, soit une hausse de 30 % en un an. Selon les régions, les délais d’attente varient encore de 14 à 24 mois.
Stéphanie Rist affirme que ces délais ont commencé à diminuer de 1,3 mois malgré la hausse de la demande, tout en reconnaissant qu’ils restent trop longs. Le rapport copiloté par Samir Hamamah et Salomé Berlioux recommande d’étendre l’autoconservation ovocytaire à l’ensemble des centres d’AMP publics et privés, soit environ une centaine de structures.
De nouvelles décisions attendues en 2027
Le gouvernement promet désormais une nouvelle phase de travail afin de transformer les propositions du rapport en mesures concrètes, avec une actualisation du plan prévue début 2027. Le ministère dit examiner l’ouverture de nouveaux centres, y compris la possibilité de donner davantage de place aux structures privées lucratives, une option évoquée par Stéphanie Rist sans l’écarter.
Le rapport propose également d’améliorer le parcours diagnostique et thérapeutique de la fertilité, de renforcer les prises en charge multidisciplinaires et de mieux organiser, à l’échelle nationale, la gestion des stocks de gamètes. Pour Virginie Rio, cofondatrice du collectif Bamp, qui rassemble des personnes infertiles ou engagées dans un parcours de PMA, les annonces doivent maintenant se traduire dans les soins.
Un autre débat pourrait s’inscrire dans le calendrier : celui du diagnostic préimplantatoire des aneuploïdies, qui permet de repérer certaines anomalies chromosomiques avant l’implantation d’un embryon. Stéphanie Rist s’y dit personnellement favorable dans certains cas, en attendant de futures préconisations du Comité national d’éthique. Le Conseil économique, social et environnemental prépare de son côté un éclairage sur le « désir d’enfant empêché », incluant les conditions de vie, le logement, l’emploi, l’environnement et l’accès aux soins.
Sources
Cet article croise 4 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication. Notre méthode