Mercredi 4 novembre 2026

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Macron face à ses textos privés : un livre expose deux ans d’échanges

Dans Vous êtes tous trop durs avec moi, publié jeudi chez Robert Laffont, Françoise Degois exploite deux ans d’échanges Telegram avec Emmanuel Macron, sans son accord. Les extraits montrent un président défendant la dissolution, écartant toute démission et obsédé par la progression du RN.

Emmanuel Macron et Joe Biden devant des pupitres à l’Élysée.
Emmanuel Macron et Joe Biden font une déclaration à la presse à l’Élysée, à Paris, le 8 juin 2024. (photo d’illustration) The White House · Public domain, via Wikimedia Commons

L’essentiel

  • Françoise Degois publie deux ans d’échanges Telegram privés avec Emmanuel Macron.
  • Le président y défend la dissolution et exclut toute démission.
  • Les messages révèlent aussi ses inquiétudes sur le RN et ses tensions avec son camp.

Deux ans de messages rendus publics

Un remerciement, puis le fil s’ouvre et ne se referme plus. Selon franceinfo, Emmanuel Macron commence à échanger avec Françoise Degois à l’été 2024, sur Telegram, après un soutien public de l’éditorialiste à Brigitte Macron, alors visée par des messages complotistes. L’ancienne journaliste politique de France Inter, passée par le conseil de Ségolène Royal, poursuit ensuite ce dialogue avec le chef de l’État pendant deux ans.

Ces conversations privées constituent la matière de Vous êtes tous trop durs avec moi, publié jeudi 5 novembre chez Robert Laffont. Le Figaro, Marianne, franceinfo et 20 Minutes en ont relayé des extraits. Le président n’aurait pas donné son accord à leur publication. D’après franceinfo, l’Élysée n’a été prévenu que le 2 novembre, soit quelques jours avant la sortie du livre ; 20 Minutes, citant Marianne, évoque également une découverte en tout début de semaine.

La manière employée suscite déjà des réactions. Un proche du chef de l’État, cité par franceinfo, renvoie chacun à son propre jugement sur la divulgation de conversations privées. Le Parisien décrit, de son côté, une « macronie atterrée » par l’imprudence prêtée au président.

La dissolution défendue malgré l’impasse

Le cœur politique du livre se situe autour de la dissolution de juin 2024. Emmanuel Macron y apparaît décidé à défendre ce choix, malgré l’Assemblée fragmentée qui en est sortie et les difficultés répétées à former un gouvernement. Selon franceinfo, il considère que cette décision a empêché le RN d’être mieux préparé à l’automne et assure qu’il a ainsi été « bloqué ».

Le chef de l’État refuse également l’idée d’une victoire de la gauche, pourtant arrivée en tête en nombre de sièges sous la bannière du Nouveau Front populaire. Lorsque Françoise Degois plaide pour l’arrivée de Lucie Castets à Matignon, il lui répond notamment : « Vous n’avez pas gagné. C’est le RN qui a gagné », rapportent franceinfo et 20 Minutes.

Après les crises gouvernementales, les appels à son départ ne le font pas davantage dévier. L’extrait le plus commenté tient en quelques mots : « Démissionner ? Jamais ! » Emmanuel Macron ajoute ne pas vouloir « déserter ». Il revendique ainsi la continuité de sa présence à l’Élysée, alors que la fin de son second quinquennat est décrite comme politiquement instable.

Le RN au centre de ses inquiétudes

Les messages publiés dessinent aussi un président préoccupé par la progression du Rassemblement national. D’après Le Figaro, l’ouvrage laisse apparaître un Emmanuel Macron redoutant, entre les lignes, l’arrivée du parti au pouvoir en 2027. Franceinfo cite un échange dans lequel il affirme que tout mouvement politique profite au RN, notamment en raison du rapprochement d’une partie de la droite.

Emmanuel Macron ne dit pas pour autant croire aux chances de Marine Le Pen à l’élection présidentielle. Selon les extraits relayés par franceinfo et 20 Minutes, il estime qu’elle ne pourra pas durablement dissimuler une orientation qu’il qualifie de pro-Poutine et pro-MAGA, et que cette ligne repoussera les électeurs français.

Cette préoccupation irrigue aussi sa défense de la dissolution. À ses yeux, le principal danger ne tiendrait pas seulement à l’absence de majorité stable, mais au bénéfice que le RN pourrait tirer de chaque crise. À gauche, l’accusation est inverse : Emmanuel Macron aurait favorisé le parti d’extrême droite par ses propres choix. Dans les messages cités par 20 Minutes, il juge ce reproche injuste.

Des jugements sur son camp et sur l’après-Élysée

Les extraits dépassent la seule stratégie institutionnelle. Emmanuel Macron y commente aussi les responsables politiques qui l’entourent ou lui font face. Franceinfo relève des propos sévères sur Gabriel Attal, son ancien Premier ministre, dont il estime qu’il a trop reçu. À l’inverse, il tient des mots favorables sur Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, qu’il décrit comme responsable et doté du sens de l’État.

Sur les retraites, autre marqueur de ses mandats, le président défend toujours sa réforme. À l’automne 2025, alors que sa suspension devient une condition de discussion budgétaire pour les socialistes, il juge qu’un recul serait mauvais pour le pays, selon franceinfo. La réforme sera finalement suspendue.

La parution intervient à quelques mois de la fin du double quinquennat, ce qui nourrit la comparaison avec Un président ne devrait pas dire ça, l’ouvrage de Gérard Davet et Fabrice Lhomme consacré à François Hollande en 2016. La situation n’est toutefois pas la même : Emmanuel Macron ne peut pas se représenter, en raison de la Constitution. La publication de ces messages privés n’en ouvre pas moins une séquence délicate pour l’Élysée, prise entre la question de la confidentialité des échanges, la lecture du bilan présidentiel et les recompositions politiques avant 2027.

Sources

Cet article croise 4 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication. Notre méthode