Société

Manifestation du 31 octobre : Bastille-Nation interdit, le tracé périphérique validé

Saisi en urgence, le Conseil d’État a confirmé l’interdiction du parcours Bastille-Nation à Paris. Le cortège principal a été renvoyé vers un tracé en périphérie, entre la porte de Bagnolet et la porte de Charenton.

Une foule de manifestants dans une rue de Paris.
Des manifestants dans les rues de Paris, le 11 janvier 2020. (photo d’illustration) Photo : Jeanne Menjoulet from Paris, France · CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

L’essentiel

  • Le Conseil d’État a confirmé l’interdiction du parcours Bastille-Nation à Paris.
  • Le cortège autorisé a été déplacé entre la porte de Bagnolet et la porte de Charenton.
  • La CGT et la FAGE dénoncent une restriction du droit de manifester.

Un bras de fer tranché en urgence

Le Conseil d’État a donné raison à la Préfecture de police de Paris dans le conflit qui l’opposait aux organisateurs de la manifestation parisienne du 31 octobre. Selon Le Monde, la décision a été prise en urgence et confirme l’interdiction du parcours déclaré par la CGT entre Bastille et Nation.

Ce trajet, central et symbolique dans la capitale, avait d’abord été interdit par la préfecture. Vendredi soir, le tribunal administratif de Paris avait levé cette interdiction, d’après Le Figaro et l’AFP. La préfecture avait immédiatement fait appel. Samedi matin, le Conseil d’État a annulé la décision du tribunal administratif.

Le parcours autorisé est donc celui proposé par la préfecture : un départ de la porte de Bagnolet, dans l’est de Paris, et une arrivée à la porte de Charenton, en périphérie de la capitale. Selon les sources disponibles, ce tracé a remplacé le parcours initial Bastille-Nation pour la principale manifestation parisienne.

Pourquoi le Conseil d’État a suivi la préfecture

Dans son ordonnance consultée par l’AFP et citée par Le Figaro, le Conseil d’État estime que l’interdiction de l’itinéraire Bastille-Nation, accompagnée d’un parcours alternatif, permettait de préserver la liberté de manifester tout en sécurisant le cortège.

La haute juridiction administrative juge aussi que cette solution devait permettre une meilleure allocation des forces de sécurité et limiter les risques d’exactions en marge du rassemblement. Elle considère que la mesure était « nécessaire » et qu’elle n’était ni inadaptée ni disproportionnée, selon Le Figaro.

Les autorités invoquaient un contexte jugé sensible. Le Figaro, citant une note de la préfecture de police, rapporte que 100 000 à 150 000 personnes étaient attendues à Paris. La même note évoquait aussi la possible présence de 300 à 600 militants d’ultragauche. Franceinfo signalait également que les autorités redoutaient cette présence.

Selon Le Figaro, la préfecture craignait la création d’une « situation insurrectionnelle » par des militants d’ultragauche et des « contestataires sociétaux violents », avec le renfort possible de plusieurs centaines de jeunes venus des quartiers populaires de petite et grande couronne. Les autorités redoutaient aussi un envahissement du périphérique parisien et le blocage de certaines portes d’accès.

La CGT et les étudiants contestent la décision

La décision du Conseil d’État a suscité de fortes réactions chez les organisations mobilisées. Selon le direct consacré à la mobilisation, la CGT a finalement appelé les manifestants parisiens à rejoindre le cortège autorisé, entre la porte de Bagnolet et la porte de Charenton.

Karl Ghazi, co-secrétaire général de l’UD CGT Paris, a expliqué ce choix par une règle de prudence : « On n’appelle jamais à aller sur des parcours interdits », rapporte la source Économie. La CGT a toutefois indiqué agir « contrainte, forcée et la mort dans l’âme », selon la même source.

Les organisations étudiantes ont, elles aussi, dénoncé l’interdiction du parcours initial. La FAGE, fédération des associations générales étudiantes, a parlé d’« une nouvelle entrave au droit de manifester » dans une réaction transmise à l’AFP et citée par Le Figaro. Elle y voit une remise en cause du droit à exprimer des revendications et évoque une mise en danger des cortèges.

Selon Le Figaro, la FAGE a aussi indiqué que l’intersyndicale jeunesse devait se réunir pour décider des suites de la mobilisation. Cette réaction montre que le désaccord ne porte pas seulement sur un itinéraire, mais aussi sur l’équilibre entre sécurité publique et liberté de manifester.

Un dispositif très encadré dans l’est de Paris

La modification du parcours a eu des conséquences concrètes dans la capitale. Le Figaro rapporte que plus de 40 stations du métro parisien étaient fermées samedi dans plusieurs secteurs du centre et de l’est de Paris. La station Bastille a finalement rouvert en milieu de matinée, selon un représentant de la RATP cité par l’AFP, après le changement de parcours.

Le trafic des tramways devait également être perturbé autour de la porte de Vincennes, avec des interruptions sur des sections des lignes T3a et T3b, selon la source Économie. Les opérateurs de vélos et de trottinettes en libre-service avaient aussi pris des mesures préventives.

Dans l’après-midi, le cortège principal s’est élancé depuis la porte de Bagnolet. Le même direct indique que les rassemblements et défilés s’étaient déroulés en début d’après-midi sous haute surveillance, souvent à l’écart des centres-villes.

À Paris, un cortège non autorisé qui se dirigeait vers Bastille a été escorté par la gendarmerie vers la porte de Montreuil, sur le chemin de la manifestation autorisée, selon un reporter cité par la source Économie. En fin d’après-midi, le défilé principal arrivait à son terme à la porte de Charenton. Les tensions signalées étaient alors décrites comme très localisées.

Une mobilisation nationale sous surveillance

La décision parisienne s’inscrit dans une journée de mobilisation nationale. Selon franceinfo, l’intersyndicale a recensé près d’un demi-million de manifestants en France, tandis que le ministère de l’Intérieur en a compté 320 000. Le Figaro rapporte les mêmes ordres de grandeur, avec 320 000 manifestants annoncés par Beauvau et près d’un demi-million revendiqué par les organisateurs.

D’après franceinfo, cette mobilisation était en baisse par rapport au 24 octobre. La source Économie rappelle que la journée du 24 octobre avait réuni 410 000 personnes selon le ministère de l’Intérieur.

Le parcours parisien autorisé restera au cœur des discussions. Pour la préfecture, il répondait aux risques identifiés. Pour la CGT et les organisations étudiantes, il a réduit la portée du rassemblement et posé une question de principe sur le droit de manifester. Les prochaines décisions de l’intersyndicale jeunesse, annoncées après l’interdiction, diront comment les organisateurs entendent poursuivre la mobilisation après ce revers judiciaire.

Les sources de cet article

Cet article croise 4 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’IA à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication.