Présidentielle 2027 : droite et centre se divisent sur l’idée d’une primaire
Bruno Retailleau pousse l’idée de trois débats avant une éventuelle primaire début 2027 avec Édouard Philippe, Gabriel Attal et David Lisnard. Mais l’ancien premier ministre refuse ce scénario, tandis que le choix des participants divise déjà le centre et la droite.
L’essentiel
- Bruno Retailleau propose trois débats avant une primaire début 2027.
- Édouard Philippe refuse toujours une primaire droite-centre.
- Le périmètre du scrutin divise, surtout autour de David Lisnard.
Retailleau veut trois débats avant de trancher
Trois soirées télévisées, trois thèmes, quatre prétendants autour de la table. Mardi 3 novembre, sur BFMTV, Bruno Retailleau a proposé d’organiser, d’ici à la fin de l’année, des débats avec Édouard Philippe, Gabriel Attal et David Lisnard. Le candidat Les Républicains souhaite les consacrer au pouvoir d’achat, à l’écologie et au régalien, en particulier l’ordre républicain et l’immigration.
Il s’agit, pour le sénateur vendéen, de faire apparaître plus nettement les lignes politiques avant de retenir une méthode de départage. Selon 20 Minutes avec AFP, Bruno Retailleau estime désormais qu’il « faudra une primaire sans doute en début d’année ». Il dit avoir d’abord envisagé que les sondages puissent départager les prétendants, avant de constater que cette piste ne s’imposait pas. Dans sa lecture d’un sondage Ifop pour LCI publié mardi, les quatre candidats restent sous la barre des 10 % et aucun ne permettrait d’éviter un second tour entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.
Bruno Retailleau veut circonscrire ces débats, comme l’éventuelle primaire, aux quatre candidats déjà déclarés. Il exclut notamment Raphaël Glucksmann, vainqueur de la primaire de la gauche, au motif qu’un format plus large empêcherait d’examiner réellement les désaccords.
La primaire gagne des soutiens, mais pas encore de règles
La proposition ne surgit pas de nulle part. David Lisnard défend depuis plusieurs mois le recours à une primaire. Gabriel Attal s’y est rallié la semaine dernière, selon 20 Minutes avec AFP. Aurore Bergé soutient elle aussi cette option : dans Le Parisien, la ministre déléguée a rappelé qu’elle la portait depuis dix-huit mois, en la présentant comme la seule voie possible pour parvenir à une candidature unique du centre et de la droite.
Elle souhaite que les formations concernées s’accordent sur les règles au plus tard d’ici à la fin de l’année. Le périmètre qu’elle évoque irait de Renaissance au MoDem, d’Horizons à l’UDI et au Parti radical, en incluant Les Républicains ainsi que Nouvelle Énergie, le parti de David Lisnard.
L’adhésion au principe ne règle toutefois rien. Il faut encore décider qui voterait, à quelle date, avec quels candidats et sous quelle autorité politique. En l’absence de compromis, Le Parisien rapporte qu’une autre hypothèse circule : un sondage « XXL », organisé à un moment jugé décisif de la campagne, qui ferait office de juge de paix entre les candidats. Là encore, cette formule ne pourrait fonctionner qu’à condition d’être encadrée par des règles acceptées à l’avance.
Édouard Philippe refuse une méthode qu’il juge risquée
Le principal obstacle demeure Édouard Philippe. L’ancien premier ministre refuse une primaire de la droite et du centre, dans laquelle il voit une source de « division » et de « confusion », selon Le Parisien. Bruno Retailleau considère pourtant qu’il finira par devoir l’accepter. Il résume sa propre position sans détour : soit les candidats sont départagés par un vote démocratique, soit il ira jusqu’au bout.
Cette fermeté installe un rapport de force. Si plusieurs candidatures se maintiennent, chacune peut compter sur les enquêtes d’opinion ou sur une dynamique de campagne pour prendre l’avantage. Mais plus le nombre de prétendants augmente, plus la crainte d’une dispersion de l’électorat s’installe, au moment où des responsables du centre et de la droite évoquent ouvertement le risque d’un duel Le Pen-Mélenchon au second tour.
Le cas Lisnard fracture le périmètre
Derrière la procédure, c’est aussi la frontière politique du rassemblement qui divise. David Lisnard ne fait pas consensus. Marc Fesneau, patron des députés MoDem, plaide pour une primaire allant des sociaux-démocrates à la droite républicaine, mais sans le maire de Cannes, qu’il accuse dans La Tribune Dimanche de préparer une alliance avec l’extrême droite, selon 20 Minutes et Le Parisien.
Élisabeth Borne a exprimé une opposition encore plus nette dans Le Parisien, reprise par Le Figaro avec AFP. L’ancienne première ministre dit ne pas croire à une primaire du bloc central qui irait jusqu’à David Lisnard, qu’elle rattache à une stratégie d’« union des droites ». Elle affirme vouloir rassembler de la gauche réformiste à la droite modérée et prévient qu’elle ne soutiendrait pas Bruno Retailleau ou David Lisnard si l’un d’eux remportait une telle consultation.
David Lisnard, lui, conteste toute volonté de gouverner avec le RN. Dimanche, il a assuré sur X que sa démarche était indépendante et qu’il ne gouvernerait « ni avec les macronistes, ni avec le RN », d’après Le Parisien. Les prochaines semaines devront donc trancher deux sujets indissociables : la procédure de désignation et les limites politiques du camp appelé à l’organiser.
Sources
Cet article croise 4 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication. Notre méthode