Mardi 3 novembre 2026

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Laurent Nuñez refuse de suspendre grenades et gaz lacrymogène en manifestation

Devant la commission des Lois de l’Assemblée nationale, lundi 2 novembre, Laurent Nuñez a écarté toute suspension des grenades et du gaz lacrymogène. Le ministre de l’Intérieur défend des « moyens intermédiaires » jugés nécessaires face aux violences, malgré les critiques nées après des blessures de lycéens.

Laurent Nuñez parle lors d’une réunion à Washington.
Laurent Nuñez lors d’une rencontre avec Alejandro Mayorkas à Washington, D.C., le 13 octobre 2021. (photo d’illustration) DHSgov · Public domain, via Wikimedia Commons

L’essentiel

  • Laurent Nuñez refuse de renoncer aux grenades et au gaz lacrymogène en manifestation.
  • Le ministre affirme que ces moyens servent à protéger les policiers pris à partie.
  • Des députés contestent leur usage après des blessures de lycéens et des interrogations sanitaires.

Un refus net devant les députés

Laurent Nuñez n’entend pas priver les forces de l’ordre de grenades ni de gaz lacrymogène lors des manifestations. Lundi 2 novembre, auditionné par la commission des Lois de l’Assemblée nationale sur le budget 2027 du ministère de l’Intérieur, le ministre a répondu aux députés qui l’interrogeaient sur l’usage de ces armes dans les opérations de maintien de l’ordre.

Selon franceinfo et Le Monde, il a affirmé qu’il ne renoncerait à aucun « moyen intermédiaire », en mentionnant notamment les grenades et le gaz lacrymogène. Pour Laurent Nuñez, ces équipements doivent rester disponibles afin de permettre aux policiers de se défendre lorsqu’ils sont pris à partie.

Cette position intervient alors que plusieurs élus demandent l’abandon des grenades par les forces de l’ordre, après les graves blessures de lycéens lors d’un mouvement de mobilisation. La contestation a également été relayée dans le débat public par des représentants lycéens : Henry Blunden, porte-parole du syndicat « Les Lycéens ! », a dénoncé le LBD et la grenade de désencerclement, selon Home Fil actu.

La notion de « répression » rejetée

Mis en cause sur la doctrine policière, Laurent Nuñez a d’abord contesté le vocabulaire employé par ses contradicteurs. À la députée LFI Gabrielle Cathala, qui critiquait l’action des forces de l’ordre, il a répondu : « La répression, elle n’existe pas », rapporte franceinfo. Le ministre a présenté son action comme relevant de la prévention des troubles à l’ordre public.

Il a ajouté qu’il se disait satisfait lorsqu’une manifestation va à son terme sans usage de la force. Sa ligne repose, selon lui, sur une séparation entre les cortèges qui se déroulent sans incident et les situations marquées par des violences. C’est dans ces cas, a-t-il expliqué, que les forces de l’ordre interviennent, évoquant des personnes qui cassent des vitrines, s’en prennent aux policiers ou lancent des cocktails Molotov.

Le ministre a aussi inscrit cet échange dans un moment politique tendu. D’après les propos rapportés par franceinfo, il a appelé à retrouver une volonté de « vivre ensemble » dans les six mois précédant l’élection présidentielle.

Le gaz lacrymogène au cœur des interrogations sanitaires

Les questions des députés ont également porté sur les effets possibles du gaz lacrymogène. Elles faisaient notamment écho à des témoignages de femmes ayant signalé des troubles menstruels après des manifestations. Laurent Nuñez a répondu ne pas avoir connaissance du caractère nocif de ce gaz, qu’il a qualifié d’« armement intermédiaire de base », selon franceinfo.

Le ministre s’est appuyé sur des études réalisées en 2021-2022. D’après ce qu’il en a dit devant les députés, celles-ci n’auraient pas mis en évidence d’atteintes, les effets disparaissant au contraire très rapidement. Il en a tiré la conclusion qu’une suspension au nom du principe de précaution ne se justifiait pas.

La controverse politique demeure donc ouverte. Les critiques visent à la fois les blessures provoquées par certaines armes de maintien de l’ordre et les conséquences sanitaires potentielles des gaz. Laurent Nuñez maintient, pour sa part, que ces outils restent nécessaires tant que les forces de l’ordre peuvent être prises pour cible.

Un débat prolongé par une commission d’enquête

La séquence parlementaire doit se poursuivre au-delà de cette audition budgétaire. Selon Home Fil actu, Laurent Nuñez doit être entendu mardi par la commission des Lois dans le cadre d’une commission d’enquête consacrée à sa gestion du maintien de l’ordre le 17 octobre.

Cette journée de mobilisation contre la vie chère avait été marquée par des dégradations, des violences et des pillages d’une intensité qualifiée d’inédite par la même source. Les prochains échanges devraient donc porter à la fois sur les moyens employés par les forces de l’ordre et sur la doctrine qui en fixe les conditions d’usage.

En conservant les grenades et le gaz lacrymogène dans l’arsenal policier, le ministre assume une ligne de fermeté. Les députés les plus critiques chercheront désormais à obtenir des réponses sur les conditions concrètes d’emploi de ces armes et sur les conséquences des interventions lors des dernières mobilisations.

Sources

Cet article croise 4 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication. Notre méthode