Mardi 3 novembre 2026

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À Barcelone, Darmanin et Philippe font de l’Europe un axe contre LFI et le RN

Depuis le forum World in Progress, Gérald Darmanin et Édouard Philippe ont ciblé Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon sur leur rapport à l’Union européenne. Le camp Horizons veut faire de Bruxelles une ligne de partage de la présidentielle de 2027.

Jaume Duch à la tribune d’un forum à Barcelone.
Le conseller Jaume Duch intervient au forum World in Progress Barcelona, à Barcelone, le 14 octobre 2024. (photo d’illustration) Government of Catalonia · Attribution, via Wikimedia Commons

L’essentiel

  • Gérald Darmanin accuse Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen de menacer l’Europe actuelle.
  • Édouard Philippe défend une ligne très pro-européenne pour renforcer l’Union.
  • Le RN et LFI ne portent plus le Frexit, mais assument chacun un bras de fer avec Bruxelles.

Une offensive européenne depuis Barcelone

À Barcelone, lundi 2 novembre, Gérald Darmanin a choisi le terrain européen pour viser les deux oppositions qui structurent déjà une partie du débat présidentiel. Devant le forum World in Progress, le garde des Sceaux, soutien d’Édouard Philippe, a estimé que Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen « tueront l’Europe telle qu’elle existe » si l’un ou l’autre arrivait à l’Élysée en 2027, selon franceinfo et Le Figaro.

Le ministre n’a pas évoqué la disparition du continent, mais une rupture du cadre institutionnel actuel. Des États européens continueraient, selon lui, à dialoguer entre eux ; en revanche, il n’y aurait plus de « Communauté européenne » telle qu’elle fonctionne aujourd’hui. Au même congrès, d’après Le Monde, Édouard Philippe, candidat d’Horizons, a formulé un avertissement voisin, en jugeant que les propositions du RN et de LFI « auront pour effet de casser la construction européenne ».

Darmanin plaide pour une présidence très pro-européenne

L’attaque contre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon s’inscrit dans une ligne plus large. Gérald Darmanin a appelé à l’élection d’un président « très pro-européen », capable de transformer l’Union de l’intérieur plutôt que de s’en affranchir. Selon franceinfo, il a défendu une « Europe puissance » plutôt qu’une « Europe discussion » : une formule qui dit l’orientation portée par le camp d’Édouard Philippe, attaché au cadre européen mais désireux de le rendre plus efficace et plus influent.

Le ministre a relié ce choix à un diagnostic sur le déclassement français et européen. Il a jugé que « l’Europe décroche dans le monde » et que « la France a tendance à décrocher en Europe ». À ses yeux, ce retard tient aussi à la manière dont s’organise le débat public en France, trop souvent absorbé par les retraites, l’assurance maladie ou la fin de vie, quand d’autres domaines pèsent dans la compétition internationale : physique quantique, intelligence artificielle, climat ou industrie verte.

Le RN a abandonné le Frexit, pas le bras de fer

L’accusation de rupture doit toutefois être replacée dans l’évolution des programmes. Le Parisien rappelle que Marine Le Pen, longtemps favorable à une sortie de l’Union européenne et de l’euro, a officiellement abandonné le Frexit en 2019. Le Brexit a servi de contre-exemple, au moment où l’euroscepticisme français reculait.

La candidate du RN concentre désormais ses critiques sur le coût des institutions européennes. Elle veut réduire fortement la contribution française au budget de l’Union : 11 milliards d’euros dans un premier temps, puis des dizaines de milliards supplémentaires les années suivantes, selon Le Parisien. Cette stratégie passerait par une négociation avec les institutions européennes, que Marine Le Pen présente elle-même comme un débat difficile, voire comme une épreuve de force. Une telle baisse supposerait l’accord unanime des 26 autres États membres, et son chiffrage ne tient pas compte des sommes que la France récupère, notamment pour l’agriculture.

Le RN entend aussi limiter les pouvoirs de la Commission européenne, revoir les règles d’immigration et rétablir des frontières nationales contrôlées en permanence. Le projet ne prévoit plus une sortie explicite de l’UE, mais il remet en cause plusieurs de ses mécanismes centraux.

LFI assume la désobéissance aux règles européennes

À La France insoumise aussi, la ligne a évolué. En 2016, Jean-Luc Mélenchon défendait l’idée de changer l’Europe ou de la quitter. En 2022, cet ultimatum avait disparu, au profit d’une critique de « l’Europe marché », rappelle Le Parisien.

Le programme complet du candidat insoumis doit être présenté lors d’un meeting au Bourget, mais plusieurs orientations sont déjà connues. LFI veut transformer l’Union en contestant les politiques de libre-échange qualifiées d’ordolibérales, pour les soumettre à ses priorités écologiques et sociales. Le mouvement entend également mettre fin aux politiques d’austérité qu’il attribue à Bruxelles.

Jean-Luc Mélenchon assume surtout une ligne de désobéissance. Devant le Medef, fin août, il a affirmé que tout ce qui viendrait de l’Europe et contredirait l’intérêt des Français, tel qu’exprimé par leur vote ou par les programmes, ferait l’objet d’un refus d’application. Il souhaite aussi modifier les règles de décision en matière de politique extérieure commune et réformer la doctrine de la Banque centrale européenne afin d’effacer 18 % de la dette française. Le Parisien souligne que ce point pourrait se heurter à l’opposition de l’Allemagne, attachée à l’indépendance de la BCE.

La présidentielle se joue aussi à Bruxelles

Le premier tour de la présidentielle est prévu le 18 avril 2027, selon franceinfo. À plus d’un an du scrutin, le camp Philippe cherche donc à fixer une ligne de fracture : d’un côté, une présidence française décidée à renforcer l’Union ; de l’autre, des projets qui revendiquent un rapport de force avec Bruxelles, même s’ils ne promettent plus formellement une sortie de l’Union.

Cette opposition devrait peser dans la campagne européenne des candidats. Le débat ne se limitera pas à une profession de foi sur l’attachement à l’Europe. Il portera sur des choix précis : contribution française au budget de l’UE, frontières, politique commerciale, rôle de la Commission, indépendance de la BCE et capacité de la France à imposer ses décisions à ses partenaires.

Sources

Cet article croise 4 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication. Notre méthode