Lundi 2 novembre 2026

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Rentrée sous tension : lycées et universités face à de nouveaux blocages

Après deux semaines de vacances de la Toussaint, plusieurs organisations lycéennes et étudiantes appellent à reprendre les blocages. Le gouvernement met en avant ses annonces, mais une partie de la jeunesse mobilisée juge les réponses insuffisantes.

Lycéens devant l’entrée d’un lycée, avec des pancartes et un blocus.
Des lycéens bloquent l’accès du lycée Louis-le-Grand, à Paris, le 2 octobre 2026. Wyslijp16 · CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

L’essentiel

  • Des organisations lycéennes et étudiantes appellent à bloquer des établissements dès lundi, surtout mardi.
  • Le gouvernement met en avant des mesures sur Parcoursup, les postes, les classes et l’enseignement supérieur.
  • Une partie des élèves reste mobilisée, mais certains s’inquiètent du bac, de Parcoursup et des tensions liées aux blocages.

Une rentrée incertaine

Le retour en classe, lundi 2 novembre, s’annonce perturbé dans plusieurs lycées et universités. Selon Le Monde, les organisations lycéennes et étudiantes veulent « maintenir la pression » malgré les engagements pris par le gouvernement pendant les vacances.

Les appels ne sont pas tous calés sur le même calendrier. L’organisation Les Lycéens ! appelle à des blocus dès lundi. L’Union syndicale lycéenne (USL) et l’Union étudiante mettent surtout l’accent sur mardi 3 novembre, présenté comme une première journée forte de mobilisation. Jeudi 5 novembre doit aussi être marqué par une grève interprofessionnelle, dans une logique de « convergence des luttes », selon plusieurs sources.

Le Figaro rappelle que les trois semaines précédant les vacances avaient déjà été très agitées. Le ministère de l’Éducation nationale avait alors recensé, début octobre, entre 400 et 500 lycées partiellement ou totalement fermés. La semaine précédant les congés, l’accès à environ 200 établissements restait perturbé.

Des appels à bloquer dès lundi, surtout mardi

Pierre Sourzat, à la tête de l’organisation Les Lycéens !, a appelé dimanche sur RMC à bloquer les lycées « dès lundi », selon 20 Minutes avec AFP et Le Figaro. Il a toutefois reconnu que la mobilisation serait probablement plus importante à partir de mardi.

Ryad Rani, président de l’Union syndicale lycéenne, cité par le Fil actu, soutient lui aussi les blocages dès lundi lorsqu’ils sont organisés localement. Mais il invite surtout les élèves à se réunir en assemblées générales lundi pour préparer la suite : mardi, mercredi, jeudi et « autant qu’il faudra ».

Samedi, Sabrina Kharbach, porte-parole de l’Union étudiante, a également appelé à bloquer lycées et universités dès mardi, avec l’USL et l’intersyndicale, d’après la même source.

Cette stratégie traduit une volonté de relancer le mouvement après la pause des vacances. Mais elle comporte une part d’incertitude. Selon Le Monde, une partie des élèves s’interroge, alors que la pression du baccalauréat et de Parcoursup grandit.

Les annonces du gouvernement ne convainquent pas

L’exécutif tente d’apaiser la colère. Emmanuel Macron a appelé jeudi à une reprise des cours « dans le calme », selon 20 Minutes avec AFP, en estimant que la jeunesse avait été entendue.

Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a aussi adressé vendredi une lettre aux lycéens, publiée sur X, selon 20 Minutes. Il y réaffirme la confiance de l’Éducation nationale envers les élèves et remercie les plus de 100 000 lycéens ayant participé à une consultation sur une plateforme dédiée.

Les principales mesures rappelées par le gouvernement sont :

  • le remplacement progressif de Parcoursup d’ici 2028 ;
  • la création de 500 postes supplémentaires d’enseignants ;
  • l’annulation des suppressions de postes prévues dans l’Éducation nationale ;
  • la limitation des classes de seconde à 28 élèves ;
  • une révision du contrôle continu au baccalauréat ;
  • la création de 15 000 places dans l’enseignement supérieur.

Mais ces annonces ne suffisent pas aux organisations mobilisées. Selon 20 Minutes avec AFP, elles estiment n’avoir obtenu « que des miettes ». Pierre Sourzat considère notamment que la réforme annoncée de Parcoursup ne répond pas au problème du manque de places dans l’enseignement supérieur. Il juge aussi trop limitée la réduction des effectifs par classe, prévue seulement en seconde alors que son organisation demandait une mesure pour toutes les classes.

Une colère qui dépasse Parcoursup

La contestation ne porte pas uniquement sur l’orientation post-bac. D’après Le Parisien, le mouvement est parti le 17 septembre d’un lycée de Créteil, dans un contexte de grève d’enseignants liée à des postes non remplacés. Des élèves auraient ensuite décidé de bloquer leur établissement en soutien, avant que le mouvement ne s’étende dans le Val-de-Marne, la Seine-Saint-Denis, les Hauts-de-Seine puis ailleurs en France.

Les revendications citées dans les sources sont multiples : emplois du temps jugés trop lourds, bâtiments vétustes, professeurs non remplacés, classes surchargées, conditions matérielles dégradées et critique de Parcoursup. Le Parisien souligne aussi que la réponse des pouvoirs publics a été compliquée par des violences et des dégradations, notamment lors de certaines journées de mobilisation.

Dans le cortège parisien du samedi 31 octobre, franceinfo a rencontré des lycéens toujours très mobilisés mais divisés sur la suite. Smaïl, 16 ans, scolarisé à Melun, dit vouloir continuer tant que toutes les revendications ne sont pas satisfaites. Baptiste, lycéen à Évry-Courcouronnes, parle de « demi-mesures » face aux réponses du gouvernement.

D’autres élèves reconnaissent un débat interne. Arthur et Joseph, en terminale, s’interrogent sur les effets des blocages. Ils évoquent la pression du bac, les tensions dans les établissements et la crainte que les violences éclipsent les revendications. Selon franceinfo, la manifestation parisienne du 31 octobre a réuni 70 000 personnes selon la préfecture de police et 200 000 selon les organisateurs.

Le risque d’un mouvement plus large

La semaine qui s’ouvre sera donc un test pour le mouvement. Les organisations veulent transformer la colère en mobilisation durable, tandis que le gouvernement cherche à convaincre que ses annonces répondent aux demandes les plus urgentes.

Le SNES-FSU, cité dans le Fil actu, estime que la mobilisation se poursuit parce que les organisations de jeunesse considèrent que les revendications ne sont pas totalement satisfaites. Pour les proviseurs des établissements touchés par des violences au début du mouvement, la rentrée est à la fois attendue et redoutée, selon la même source.

La journée de mardi devrait permettre de mesurer l’ampleur réelle des blocages après les vacances. Jeudi, l’appel à la grève générale pourrait donner une autre dimension au mouvement, en reliant les revendications lycéennes et étudiantes à d’autres colères sociales.

Le gouvernement devra aussi gérer un équilibre délicat : maintenir l’ordre devant les établissements, éviter que les cours ne soient durablement interrompus et répondre à une contestation qui touche désormais à la fois l’école, l’orientation, les conditions d’étude et la confiance des jeunes dans les annonces publiques.

Sources

Cet article croise 7 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication. Notre méthode