Rougeole aux États-Unis : plus de 5 000 cas et le spectre d’un retour durable
Avec 5 182 infections confirmées depuis janvier 2026, les États-Unis enregistrent leur plus forte flambée de rougeole depuis 35 ans. La reprise du virus, favorisée par le recul de la vaccination, frappe surtout des personnes non vaccinées et menace le statut d’élimination obtenu en 2000.
L’essentiel
- Les États-Unis ont dépassé les 5 000 cas confirmés de rougeole en 2026.
- Plusieurs décès ont été recensés, dont celui d’un nourrisson dans l’État de New York.
- Le recul de la vaccination menace le statut d’élimination obtenu en 2000.
Un seuil symbolique franchi
Le compteur a dépassé les 5 000 cas. Depuis le début de l’année 2026, 5 182 infections confirmées de rougeole ont été recensées aux États-Unis, selon un décompte des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) rapporté vendredi par actu.fr. Le pays n’avait pas connu une telle situation depuis 35 ans.
Les bilans de mortalité publiés vendredi ne concordent pas entièrement d’un média à l’autre : actu.fr fait état de huit décès liés à la rougeole, signalés depuis août par plusieurs États américains, quand BFM en évoque sept. Ces chiffres décrivent toutefois la même tendance. Une maladie que les États-Unis avaient déclarée éliminée en 2000 circule de nouveau à large échelle.
La flambée dépasse déjà nettement les niveaux observés ces dernières années. Franceinfo indiquait qu’au 29 octobre, 4 852 cas avaient été confirmés, soit plus du double du total enregistré sur l’ensemble de l’année 2025. Entre 2020 et 2024, les États-Unis ne recensaient encore que quelques dizaines ou quelques centaines de cas par an.
Des décès qui touchent surtout les non-vaccinés
La Pennsylvanie apparaît comme l’un des principaux foyers de l’épidémie. Selon franceinfo, qui cite ABC News, les autorités de cet État ont confirmé mardi six décès liés à la rougeole en 2026. Aucune des personnes mortes n’était vaccinée ; deux bébés étaient trop jeunes pour recevoir le vaccin. Plusieurs victimes vivaient dans des comtés où réside une importante population amish, dont la couverture vaccinale est inférieure à celle du reste de la population.
L’État de New York a également été touché. Un nourrisson de 7 mois, membre d’une famille amish, est mort après avoir contracté la rougeole, ont annoncé les autorités lundi 2 novembre, selon franceinfo. Le Monde souligne qu’il s’agit du premier décès lié à la maladie dans cet État depuis trente ans. La gouverneure démocrate Kathy Hochul a déclaré avoir « le cœur brisé » après la mort de cet enfant du comté de Lewis.
La rougeole se manifeste par de la fièvre, des symptômes respiratoires et des éruptions cutanées. Elle peut aussi provoquer des complications graves, notamment une pneumonie ou une inflammation du cerveau, susceptibles d’entraîner des séquelles sévères, voire la mort. Avant l’arrivée du vaccin au début des années 1960, rappelle franceinfo, elle tuait chaque année des centaines d’enfants aux États-Unis.
Le recul vaccinal a rouvert la porte au virus
La quasi-totalité des personnes infectées ne sont pas vaccinées, rapporte actu.fr. Franceinfo avançait, de son côté, que 96 % des malades recensés depuis le début de l’année 2026 n’étaient pas vaccinés. La baisse de la couverture vaccinale est ainsi au centre de la reprise de la circulation du virus.
Pour empêcher la rougeole de se propager, 95 % de la population doit être vaccinée avec deux doses, selon les recommandations internationales citées par franceinfo. Les États-Unis atteignaient encore ce niveau il y a quelques années. Il est tombé à 92 % en 2024, et BFM précise que la couverture en maternelle est passée de 95,2 % à 92,4 %.
Le cadre américain laisse par ailleurs une marge de contournement. Même si le vaccin contre la rougeole est obligatoire dans presque tous les États pour les enfants, des exemptions religieuses, philosophiques ou personnelles existent souvent. Actu.fr souligne que ces dérogations ont augmenté depuis la pandémie de Covid-19, dans un climat de désinformation vaccinale et de défiance envers les autorités sanitaires.
Une réponse politique contestée
La gestion fédérale de la crise fait l’objet de vives critiques. Actu.fr rapporte que l’administration de Donald Trump est accusée d’avoir réduit les budgets et les effectifs des agences sanitaires fédérales, mais aussi d’avoir alimenté la défiance envers les vaccins. Son ministre de la Santé, Robert Kennedy Jr., est décrit par le média comme vaccinosceptique : il a relayé à plusieurs reprises de fausses informations sur le vaccin et minimisé la dangerosité de la maladie.
Franceinfo rappelle que Robert Kennedy Jr. affirme depuis des années que le vaccin contre la rougeole déclenche l’autisme, une accusation infondée scientifiquement. Adam Ratner, pédiatre américain spécialiste des maladies infectieuses interrogé par l’AFP et cité par actu.fr, juge la situation « tragique » et estime qu’elle aurait pu être évitée.
En Pennsylvanie, l’ampleur de la flambée a conduit les CDC à accorder une aide exceptionnelle de quatre millions de dollars à l’État, selon franceinfo, qui cite The Washington Post. Cette somme doit financer des mesures de lutte contre l’épidémie jusqu’à l’année prochaine.
Le statut d’élimination menacé
La résurgence actuelle pourrait modifier le classement sanitaire des États-Unis. L’Organisation panaméricaine de la santé doit réévaluer le statut du pays, selon actu.fr, et des experts s’attendent à ce qu’il perde sa qualification de pays ayant éliminé la rougeole.
Une telle décision consacrerait un recul symbolique et sanitaire pour un pays où la maladie avait été considérée comme éliminée grâce à la vaccination. Les médecins cités par actu.fr craignent aussi que le nombre de cas soit sous-estimé et que la baisse de la couverture vaccinale se traduise, par la suite, par une hausse d’autres infections évitables, comme la coqueluche ou la varicelle.
La rougeole continue, en parallèle, de circuler dans le monde. Franceinfo mentionne de fortes épidémies récentes au Bangladesh, en Indonésie et au Guatemala, ainsi que 95 000 décès dus à la maladie en 2024 selon l’Organisation mondiale de la santé. Aux États-Unis, il s’agit désormais de contenir les foyers actuels tout en restaurant une protection collective suffisante pour empêcher le virus de s’installer durablement.
Sources
Cet article croise 4 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication. Notre méthode