Salaires et pouvoir d’achat : Matignon tente une réponse sociale après la mobilisation
Après les manifestations du 5 novembre et trois samedis de mobilisation contre la vie chère, Sébastien Lecornu réunit lundi syndicats et patronat à Matignon. Smic, grilles salariales, fonction publique et aides aux entreprises seront au centre d’une conférence sociale sous forte contrainte budgétaire.
L’essentiel
- Sébastien Lecornu réunira syndicats et patronat lundi à Matignon.
- Les syndicats réclament une hausse du Smic et des salaires.
- La fonction publique, les branches et l’emploi des seniors alimentent le débat.
Une réunion à Matignon après la rue
Sébastien Lecornu recevra lundi, à Matignon, les organisations syndicales et patronales pour une « conférence sociale » consacrée aux salaires. L’annonce a été faite jeudi par les services du Premier ministre, au terme d’une journée de grèves et de manifestations. Il s’agit, selon Matignon, cité par franceinfo et 20 Minutes, « d’apporter des réponses aux questions de pouvoir d’achat et de salaires ».
Le rendez-vous est fixé après trois samedis de mobilisation contre la vie chère, auxquels se sont ajoutés jeudi des salariés du public et du privé, mais aussi des lycéens, des étudiants et des gilets jaunes, d’après 20 Minutes. Comme souvent dans ce type de journée sociale, les chiffres divergent fortement : Le Parisien fait état de 600 000 manifestants selon le ministère de l’Intérieur, contre 1,6 million selon les syndicats.
Avant cette réunion, le Premier ministre a chargé le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, de finaliser d’ici dimanche soir les concertations engagées depuis plusieurs jours avec les syndicats et le patronat. Dans le même temps, le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, poursuit ses échanges avec les représentants des agents de la fonction publique.
Le Smic au centre des revendications
Les syndicats entendent installer la rémunération au cœur de la réponse gouvernementale. Selon 20 Minutes, la CFDT réclame une hausse de 100 euros net du Smic, tandis que la CGT demande une augmentation de 10 %. Les deux organisations ne veulent pas s’en tenir au seul salaire minimum : elles demandent que la progression se répercute sur l’ensemble des grilles salariales. La CGT défend en outre une indexation des salaires sur les prix.
Jean-Pierre Farandou a déjà laissé entendre qu’un geste n’était pas exclu. Mardi, il a estimé qu’une hausse du Smic n’était « pas tabou », tout en rappelant que le gouvernement devait en mesurer les effets possibles sur l’emploi, rapporte 20 Minutes. Le salaire minimum fait déjà l’objet d’une revalorisation automatique en fonction de l’inflation. Le dernier « coup de pouce » supplémentaire remonte, lui, à 2012.
Le ministre du Travail insiste aussi sur le rôle des branches professionnelles. Il souhaite que les minima conventionnels encore inférieurs au Smic soient relevés « par la négociation ». Une partie du sujet pourrait également être renvoyée aux négociations annuelles obligatoires dans les entreprises, où se discutent les hausses de salaires et l’évolution des grilles internes.
Fonction publique et bas salaires sous pression
La contestation ne concerne pas seulement le secteur privé. Dans la fonction publique, le gel du point d’indice alimente la colère syndicale, selon franceinfo. Les discussions menées par David Amiel doivent donc aborder ce volet spécifique du pouvoir d’achat des agents publics.
Un autre point cristallise les critiques : le maintien d’aides publiques à des entreprises relevant de branches dont les minima salariaux restent inférieurs au Smic, toujours selon franceinfo. La question met directement en regard la politique salariale, les soutiens accordés aux entreprises et l’usage de l’argent public.
Sur BFMTV, le secrétaire général de Force ouvrière, Frédéric Souillot, a indiqué avoir déjà alerté Sébastien Lecornu sur la difficulté de vivre avec moins de 2 000 euros par mois, rapporte 20 Minutes. Il a résumé la pression exercée sur l’exécutif par une formule : « Plus on attend, plus la facture est élevée à la fin. »
Un débat qui déborde sur le travail et les retraites
La conférence sociale s’ouvre dans un climat politique et budgétaire resserré. Le Parisien décrit un gouvernement affaibli politiquement et très contraint par la dette, ce qui réduit sa capacité à annoncer des mesures coûteuses. L’Élysée, cité par le quotidien, a donné à Sébastien Lecornu la consigne de « faire revenir la rivière dans son lit » après la mobilisation.
Le débat ne se limite cependant pas à la hausse des salaires. Dans une tribune publiée par Challenges, l’argument avancé est qu’un gain durable de pouvoir d’achat passe par la production, la croissance et l’emploi, plutôt que par des chèques publics ou des subventions. Le texte défend notamment une meilleure rémunération dans les entreprises qui en ont les moyens, un allègement de la fiscalité sur le travail, mais aussi davantage d’activité, avec un recul progressif de l’âge de départ à la retraite pour ceux qui le peuvent, un meilleur emploi des seniors et une entrée plus rapide des jeunes dans la vie active.
Ces pistes ne coïncident pas nécessairement avec les demandes syndicales, centrées sur le Smic, les grilles de salaires et le point d’indice. Jean-Pierre Farandou doit avoir bouclé ses échanges dimanche soir. Lundi, Matignon devra préciser jusqu’où le gouvernement entend aller, entre revalorisation salariale, négociation dans les branches et contraintes budgétaires.
Sources
Cet article croise 4 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication. Notre méthode