À Paris, une partie de Nation pourrait porter les noms de Zyed et Bouna
Emmanuel Grégoire soumettra au prochain Conseil de Paris une dénomination en hommage à Zyed Benna et Bouna Traoré, morts électrocutés en 2005 à Clichy-sous-Bois, pour une emprise de la place de la Nation, au pied du Triomphe de la République.
L’essentiel
- Emmanuel Grégoire veut nommer une partie de la place de la Nation en hommage à Zyed et Bouna.
- Les deux adolescents sont morts électrocutés en 2005 à Clichy-sous-Bois en fuyant la police.
- La proposition sera présentée au prochain Conseil de Paris.
Une proposition pour le prochain Conseil de Paris
Une plaque au cœur de l’est parisien, sur l’une des places les plus politiques de la capitale. Emmanuel Grégoire, maire de Paris et membre du Parti socialiste, proposera au prochain Conseil de Paris qu’une partie de la place de la Nation porte les noms de Zyed Benna et Bouna Traoré, rapportent Le Figaro, actu.fr et Le Monde, qui citent une tribune publiée vendredi par Libération.
L’initiative est défendue avec trois autres élus parisiens : Laurence Patrice, adjointe d’Emmanuel Grégoire, David Belliard, maire du 11e arrondissement, et Lucie Castets, maire du 12e. Tous souhaitent que cette dénomination prenne place au pied du Triomphe de la République, le grand bronze sculpté par Jules Dalou au centre de la place.
Dans leur texte, les élus disent vouloir donner à ce lieu une fonction mémorielle. « Des milliers de personnes passeront quotidiennement devant cette plaque et se souviendront de leur histoire », écrivent-ils, selon la citation reprise par Le Figaro avec l’AFP.
Le souvenir de Clichy-sous-Bois
Zyed Benna, 17 ans, et Bouna Traoré, 15 ans, sont morts le 27 octobre 2005 à Clichy-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis. D’après les éléments rappelés par Le Figaro avec l’AFP, les deux adolescents s’étaient réfugiés dans un transformateur EDF alors qu’ils tentaient d’échapper à la police. Ils y sont morts électrocutés.
Les mêmes sources rappellent qu’ils n’avaient commis aucun délit. Leur mort avait provoqué une onde de choc nationale. L’annonce du décès, puis le fait que les autorités aient d’abord nié l’existence d’une course-poursuite et évoqué à tort une tentative de cambriolage sur un chantier, avaient contribué au déclenchement de plusieurs semaines d’émeutes urbaines en France. La crise avait pris une telle ampleur que le pays avait été placé en état d’urgence.
Nation, un symbole républicain et militant
Le choix de la place de la Nation n’a rien d’anodin. Située à l’est de Paris, entre la Bastille et le bois de Vincennes, elle sert régulièrement de point de départ ou d’arrivée à des manifestations, rappelle Le Figaro. Son nom, comme la présence du Triomphe de la République, lui donne aussi une portée symbolique sur laquelle s’appuient les élus.
Dans leur tribune, Emmanuel Grégoire et les trois cosignataires affirment que Zyed Benna et Bouna Traoré étaient « des enfants de la République ». Ils justifient également l’implication de Paris dans cet hommage par un lien familial : les pères des deux adolescents travaillaient dans la capitale comme agents de propreté.
La proposition s’inscrit dans une lecture politique de la mémoire de 2005. Elle ne vise pas seulement à rappeler deux morts, mais à inscrire leurs noms dans l’espace public parisien, dans un lieu très fréquenté et associé aux mobilisations collectives.
Un hommage lié aux fractures persistantes
Les élus rattachent explicitement cet hommage à la situation des quartiers populaires. « Il est peu dire que la situation ne s’est pas améliorée depuis », écrivent-ils dans la tribune citée par Le Monde et actu.fr. Ils dénoncent la persistance du racisme, de la pauvreté et d’un système éducatif qu’ils décrivent comme « à deux vitesses ».
Ils estiment également que la République « ne garantit pas l’égalité des droits » et « fait des différences parmi ses enfants ». Le texte évoque enfin des relations entre la police et la population qui se seraient durcies, entraînant « de multiples drames et de nouvelles violences ».
La proposition doit désormais être présentée au Conseil de Paris. Si elle est retenue, les noms de Zyed Benna et Bouna Traoré entreraient dans la toponymie parisienne, au pied d’un monument consacré à la République.
Sources
Cet article croise 4 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication. Notre méthode