Vrai ou faux ?
Aire de covoiturage : quatre saisons d’étude avant le premier coup de pelle
Vrai, mais pas automatique. Pour un parking ouvert au public, le droit impose une étude proportionnée aux impacts possibles ; sur le terrain, le cadrage peut conduire à un inventaire faune-flore sur plusieurs saisons.
Vrai ou faux ?
« Pour une aire de covoiturage, une collectivité peut financer quatre saisons d’inventaire écologique »
13 485 €montant du marché d’étude faune-flore 4 saisons et zones humides attribué à Lens-Liévin
L’essentiel
- Un marché public de Lens-Liévin a bien attribué une étude faune-flore « 4 saisons » et zones humides pour 13 485 € autour de l’échangeur 13 de l’A21.
- Le code de l’environnement impose une étude proportionnée aux incidences possibles, mais pas une durée minimale d’un an pour tous les parkings.
- La durée vient souvent du cadrage écologique du dossier : espèces protégées, zones humides et passages nécessaires aux différentes saisons.
La règle
Évaluation environnementale proportionnée aux incidences du projet · Code de l’environnement, articles L.122-1, R.122-2 et R.122-5 ; article L.411-1 ; arrêté du 24 juin 2008en vigueur depuis en vigueur
L’évaluation environnementale comprend une étude d’impact dont le contenu est proportionné à la sensibilité environnementale de la zone et aux incidences prévisibles du projet. Les parkings ouverts au public de 50 unités et plus relèvent d’un examen au cas par cas. Les espèces protégées et les zones humides peuvent imposer des investigations spécifiques.
Résumé fidèle du texte, rédigé par nos soins.
Vrai, avec une nuance importante
Une aire de covoiturage n’emporte pas, à elle seule, une année obligatoire de jumelles, de bottes et de relevés botaniques.
La règle est moins mécanique, donc plus administrative : si le projet relève de l’évaluation environnementale, s’il peut toucher des espèces protégées ou s’il se trouve près d’une zone humide, l’étude doit être assez complète pour apprécier les incidences. Et, pour le vivant, « assez complète » peut vouloir dire passer au printemps, en été, en automne et en hiver.
C’est exactement ce que montre le cas de Lens-Liévin : un marché public intitulé « Étude Faune Flore 4 saisons et étude d’identification de zones humides » a été attribué pour les abords de l’échangeur 13 de l’A21. Montant : 13 485 €. Durée prévue : du 1er octobre 2024 au 2 février 2026. Le chantier attendra donc que les saisons aient parlé.
Le parking devient un sujet environnemental
Le point d’entrée peut être très concret : une aire de stationnement ouverte au public. Le guide officiel de lecture de la nomenclature environnementale rattache les aires de stationnement ouvertes au public de 50 unités et plus à la rubrique 41, avec un examen au cas par cas.
Autrement dit, un équipement banal — garer des voitures pour en prendre moins — peut déclencher une séquence environnementale si sa taille, son site ou ses incidences possibles le justifient.
Le code de l’environnement ne dit pas : « faites un an d’inventaires ». Il dit que l’évaluation environnementale comprend une étude d’impact et que son contenu doit être proportionné à la sensibilité de la zone et aux incidences prévisibles du projet. C’est la porte étroite par laquelle entre le calendrier large.
Les espèces et les zones humides allongent le calendrier
Deux sujets suffisent à transformer une petite opération en dossier patient.
D’abord, les espèces protégées. Le code interdit notamment leur destruction, leur capture ou leur perturbation intentionnelle. Si le projet présente un risque, il faut l’éviter, le réduire, ou demander une dérogation dans des conditions strictes.
Ensuite, les zones humides. L’arrêté du 24 juin 2008 fixe des critères de délimitation fondés sur les sols et la végétation. Là encore, on ne coche pas la case au jugé depuis un bureau : il faut des relevés.
La difficulté est connue : selon un rapport ministériel de 2021, l’administration demande en pratique un inventaire faune-flore sur quatre saisons de manière quasi systématique, tout en reconnaissant qu’aucune instruction ne fixe une durée minimale, encore moins une année obligatoire. La règle proclame la proportionnalité ; le dossier, lui, aime le cycle complet.
Ce que prouve le cas Lens-Liévin
Dans l’avis d’attribution, la Communauté d’agglomération de Lens-Liévin ne commande pas une route, ni un parking, ni un giratoire. Elle commande d’abord une étude : faune-flore quatre saisons et identification de zones humides, aux abords de l’échangeur.
Le marché est attribué à SARL Routier Environnement. Quatre offres ont été reçues. La collectivité paie 13 485 € pour cette phase d’étude.
Conclusion : l’affirmation est vraie si on la formule précisément. Pour une aire de covoiturage, une collectivité peut devoir financer une étude écologique couvrant plusieurs saisons avant travaux. Ce n’est pas une obligation générale d’un an inscrite noir sur blanc pour toutes les aires. C’est le résultat d’un droit proportionné aux enjeux, appliqué à un site où l’on préfère compter les espèces avant les places de parking.
Pourquoi cette règle existe
La règle vise à intégrer les enjeux environnementaux avant la réalisation du projet : éviter ou réduire les atteintes aux milieux, identifier les espèces protégées et vérifier la présence de zones humides. Sa meilleure défense est la suivante : une espèce ou un habitat ne se détecte pas toujours au mois choisi par le calendrier des travaux.
legifrance.gouv.frsource officielle
Ce que lui reprochent ses critiques
- Le rapport ministériel de 2021 indique que l’administration demande en pratique un inventaire faune-flore sur quatre saisons de manière quasi systématique, alors qu’aucune instruction ne fixe une durée minimale. ecologie.gouv.frsource officielle
- Le principe de proportionnalité n’implique ni durée minimum d’un an ni durée maximum : le cadrage doit dépendre des enjeux réels du site. ecologie.gouv.frsource officielle
- Pour une aire de stationnement ouverte au public, l’entrée dans l’examen au cas par cas peut commencer dès 50 unités, ce qui peut concerner des équipements publics de taille modeste. ecologie.gouv.frsource officielle
Ce que ça coûte
Chiffre officielChiffré par les institutions
13,485 Euro ponctuel
valeur du marché « Étude Faune Flore 4 saisons et étude d’identification de zones humides » attribué par la Communauté d’agglomération de Lens-Liévin
Chiffre publié par boamp.fr
Les autres coûts
Le marché prévoit une durée du 1er octobre 2024 au 2 février 2026. Le coût non monétaire principal est donc le temps de cadrage et d’inventaires avant tout aménagement.
Le parcours du combattant
-
Vérifier si l’aire de stationnement ouverte au public entre dans une rubrique de la nomenclature environnementale, notamment à partir de 50 unités.
ecologie.gouv.frsource officielle -
Déterminer le contenu proportionné de l’étude d’impact ou du dossier environnemental selon la sensibilité du site et les incidences prévisibles.
legifrance.gouv.frsource officielle -
Commander les inventaires naturalistes et l’identification éventuelle des zones humides.
boamp.fr -
Réaliser les passages faune-flore sur plusieurs saisons et les relevés liés aux zones humides.
boamp.fr
Les pistes de solution
-
Rappeler que les inventaires faune-flore doivent être proportionnés aux enjeux du site et qu’aucune durée minimale d’un an ne résulte du principe de proportionnalité.
ecologie.gouv.frsource officielle
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Sources
Cette fiche s’appuie sur 6 sources, dont 5 officielles (textes, rapports, données publiques). Elle a été rédigée avec l’aide de l’intelligence artificielle, contre-vérifiée par une seconde recherche indépendante, puis relue avant publication. Notre méthode
Recherche web complémentaire (6 sources)
- boamp.frAvis d’attribution de marché - Avis n° 24-126911 du 07/11/2024
- legifrance.gouv.frArticle L122-1 - Code de l'environnement - Légifrance
- ecologie.gouv.frGUIDE MÉTHODOLOGIQUE
- ecologie.gouv.frecologie.gouv.fr
- legifrance.gouv.frArticle 2 - Arrêté du 24 juin 2008 précisant les critères de définition et de délimitation des zones humides en application des articles L. 214-7-1 et R. 211-108 du code de l'environnement - Légifrance
- legifrance.gouv.frArticle L411-1 - Code de l'environnement - Légifrance