Lundi 2 novembre 2026

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Le BHV placé en redressement judiciaire, six mois pour tenter d’éviter la chute

Le tribunal des activités économiques de Paris a ouvert, lundi 2 novembre 2026, une procédure de redressement judiciaire pour la SEGM BHV. Le grand magasin de la rue de Rivoli et le site de Parly 2 restent ouverts pendant une période d’observation de six mois.

Façade du BHV à Paris avec l’enseigne Bazar de l’Hôtel de Ville.
Le Bazar de l'Hôtel de Ville, à Paris, le 4 février 2015. (photo d’illustration) GFreihalter · CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

L’essentiel

  • Le BHV a été placé en redressement judiciaire le 2 novembre 2026.
  • La procédure concerne le BHV Marais et le BHV Parly 2, soit environ 700 salariés.
  • La période d’observation durera six mois, renouvelable une fois.

Le tribunal ouvre une période d’observation

Le BHV passe sous protection judiciaire. Lundi 2 novembre 2026, le tribunal des activités économiques de Paris a décidé d’ouvrir une procédure de redressement judiciaire à l’égard de la SEGM BHV, selon un document consulté par l’AFP et cité notamment par Le Figaro et franceinfo. Cette société regroupe le Bazar de l’Hôtel de Ville, rue de Rivoli, au cœur de Paris, ainsi que le BHV Parly 2, situé dans les Yvelines.

La décision fait suite à une demande formulée la semaine précédente par la direction. Selon franceinfo, celle-ci avait récemment admis être « en faillite », alors qu’elle affirmait encore peu auparavant ne pas être en cessation de paiements. Ouest-France rapporte également que la société gestionnaire du BHV avait reconnu ses difficultés quelques jours avant la décision du tribunal.

Cette procédure n’entraîne pas la fermeture immédiate des magasins. Elle ouvre une période d’observation de six mois, renouvelable une fois pour la même durée, comme le rappellent Le Figaro et franceinfo. Durant cette phase, l’activité peut se poursuivre sous contrôle judiciaire, le temps d’examiner si l’entreprise peut être redressée. Au terme de cette période, le tribunal pourra valider un plan de continuation, retenir un repreneur dans le cadre d’un plan de cession, ou prononcer une liquidation judiciaire si aucune solution viable n’est trouvée.

Une enseigne de 170 ans et 700 salariés

Le dossier touche une institution commerciale parisienne. Le BHV, héritier du Bazar de l’Hôtel de Ville, est présenté par plusieurs sources comme une enseigne vieille de 170 ans, longtemps associée au Marais et à la rue de Rivoli. Le Figaro rappelle que le magasin fut à ses débuts, au XIXe siècle, porté par Xavier Ruel, qui le présentait comme le « meilleur marché de tout Paris ».

L’urgence est désormais autant sociale que financière. L’enseigne emploie environ 700 personnes, selon des données de septembre reprises par Le Figaro, franceinfo et actu.fr. La direction a indiqué avoir demandé le redressement judiciaire pour « préserver l’activité et l’emploi » et pour « sécuriser son plan de relance », selon franceinfo et actu.fr.

Le magasin doit rester ouvert. Dans un communiqué cité par Le Figaro, la direction a « salué » la décision du tribunal et expliqué attendre de cette protection judiciaire qu’elle facilite les discussions avec Brookfield, propriétaire des murs. Karl-Stéphane Cottendin, président de l’entreprise, a aussi reconnu que les tensions de trésorerie avaient fragilisé une période commerciale importante, en évoquant les « meilleurs mois de l’année ».

Une relance entravée par le manque de trésorerie

La situation du BHV s’est détériorée au fil de plusieurs mois de turbulences. Selon franceinfo et Home Fil actu, le grand magasin a été revendu à perte en juin par la SGM de Frédéric Merlin à certains de ses dirigeants. Cette cession a précédé la présentation, pendant l’été, d’un plan de relance destiné à remettre l’enseigne à flot.

Ce plan s’est vite heurté à un manque de trésorerie. La direction impute notamment cette difficulté à un différend avec Brookfield, le fonds canadien propriétaire des murs, indiquent Le Figaro, franceinfo et Home Fil actu. Brookfield conteste fermement cette version. La divergence pèse sur tout le dossier : pour la direction, le blocage avec le bailleur aurait réduit la capacité de l’entreprise à financer sa relance ; pour Brookfield, cette explication ne tient pas.

Le Figaro rapporte aussi que le BHV était accusé de ne plus payer certains fournisseurs. Ces accusations se sont ajoutées à une image déjà dégradée de l’enseigne, marquée par des rayons vides, des changements de marques et une stratégie commerciale instable, selon le récit du quotidien. Le redressement judiciaire doit donc traiter une difficulté immédiate de trésorerie, sans résoudre pour autant, à lui seul, la question de l’attractivité du magasin ni celle du modèle économique.

Les représentants du personnel demandaient une intervention rapide

Le placement en redressement judiciaire était également réclamé par les représentants du personnel. Selon franceinfo, ils demandaient « urgemment » l’ouverture d’une telle procédure. actu.fr rapporte que l’intersyndicale avait estimé, au lendemain de la demande de la direction, que les dirigeants actuels avaient « manifestement failli ».

Dans un communiqué cité par actu.fr, les représentants du personnel dénonçaient aussi « l’absence de stratégie et de moyens réels pour redresser l’enseigne » ainsi qu’une « opacité sur les flux financiers » des dirigeants. Leurs critiques disent une inquiétude plus large : le redressement judiciaire apparaît à la fois comme une protection possible pour l’activité et les emplois, et comme l’aboutissement d’une gestion contestée.

Après la décision du tribunal, les représentants du personnel ont indiqué vouloir d’abord informer les salariés avant de s’exprimer publiquement, selon Le Figaro. Cette prudence tient à la sensibilité de la procédure. Les salariés entrent dans une phase où l’entreprise continue de fonctionner, mais où son avenir dépendra des décisions du tribunal, de la capacité à stabiliser la trésorerie et des solutions industrielles ou financières qui seront présentées.

Un symbole parisien fragilisé par les polémiques

Les difficultés du BHV ne se limitent pas à sa dette. Le Figaro décrit une « longue descente » marquée par des revers accumulés depuis une dizaine d’années. Le magasin, autrefois présenté comme un poumon économique du Marais, aurait perdu en lisibilité commerciale, avec des marques qui changent, des rayons moins fournis et une fréquentation affectée par les polémiques.

Parmi celles-ci figure le partenariat décrié avec le site asiatique de mode en ligne Shein. Le Figaro estime que cette arrivée, présentée comme un levier de relance, a au contraire renforcé les critiques visant le grand magasin. Les sources ne détaillent pas ici les modalités de ce partenariat, mais elles soulignent qu’il a pesé sur l’image du BHV au moment même où l’enseigne cherchait à convaincre clients, fournisseurs et partenaires financiers de sa capacité à repartir.

La période d’observation va désormais concentrer les décisions. La direction devra démontrer qu’un redressement est possible, dans un contexte où le litige avec Brookfield reste ouvert et où les représentants du personnel demandent des garanties sur l’emploi et la stratégie. Le tribunal examinera ensuite les options possibles : poursuite de l’activité sous plan, cession à un repreneur ou liquidation si aucune solution ne permet d’assurer la survie de la SEGM BHV.

Sources

Cet article croise 5 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication. Notre méthode