Lundi 2 novembre 2026

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Vrai ou faux ?

Le yacht gelé qui coûte 30 000 dollars par jour à garder à quai

Le gel d’un yacht n’est pas une confiscation. À Trieste, le Sailing Yacht A reste donc gardé, assuré, ventilé et entretenu, avec une facture évoquée autour de 30 000 dollars par jour pour la puissance publique italienne.

Vrai ou faux ?

« Un yacht gelé sous sanctions peut coûter environ 30 000 dollars par jour à la puissance publique »

VRAI

30 000 dollars par jourcoût évoqué pour garder le Sailing Yacht A immobilisé à Trieste

L’essentiel

  • Un yacht immobilisé sous sanctions peut bien coûter autour de 30 000 dollars par jour à garder en état, comme le Sailing Yacht A à Trieste.
  • Le gel européen bloque l’usage du bien, mais ne transfère pas automatiquement sa propriété à l’État ni ne permet sa vente immédiate.
  • La facture vient surtout du maintien en état : équipage réduit, générateurs, nettoyage, sécurité, assurance et conservation du navire.

La règle

Gel des avoirs et ressources économiques · Règlement (UE) n° 269/2014 du Conseil du 17 mars 2014, article 2 ; mise en œuvre nationale par les États membresen vigueur depuis 2014-03-17

Les fonds et ressources économiques appartenant à des personnes listées sont gelés ; il est interdit de mettre des fonds ou ressources économiques à leur disposition. La Commission rappelle que les navires détenus ou contrôlés par des personnes listées peuvent relever du gel, que les sanctions sont temporaires et ne constituent pas une expropriation, et que les autorités nationales assurent l’exécution.

Résumé fidèle du texte, rédigé par nos soins.

Texte : finance.ec.europa.eusource officielle

Vrai, mais pas pour tous les yachts

La formule est spectaculaire. Elle est pourtant documentée dans un cas précis : le Sailing Yacht A, immobilisé à Trieste depuis les sanctions prises après l’invasion de l’Ukraine.

Le maire de Trieste a chiffré le coût de garde à environ 9,9 millions d’euros par an. D’autres reprises de ses déclarations parlent d’environ 30 000 dollars par jour. On est donc bien dans cet ordre de grandeur : le prix d’un petit logement, chaque jour, pour un bateau qui ne sort pas du port.

Ce chiffre ne vaut pas automatiquement pour tous les yachts gelés. Il dépend de la taille du navire, du port, de l’équipage minimal, des assurances et des installations à maintenir. Ici, le bateau mesure 143 mètres, compte huit étages et trois mâts. Même immobile, il ne se range pas comme une remorque.

Geler n’est pas confisquer

Le cœur de l’affaire est là. Les sanctions européennes gèlent des fonds et des ressources économiques liés à des personnes listées. Un yacht peut donc être immobilisé. Mais le gel ne transfère pas la propriété à l’État.

Conséquence : le vendre immédiatement n’est pas la solution ordinaire. Le laisser pourrir non plus. Tant que la mesure dure, l’autorité qui le garde doit éviter qu’il devienne un danger, perde sa valeur ou se dégrade au point de créer un autre problème.

Dans le cas italien, la conservation du navire immobilisé est présentée comme une obligation. La facture couvre l’équipage réduit, le carburant des générateurs, le nettoyage spécialisé, la sécurité et l’assurance. Même la climatisation peut rester nécessaire pour empêcher les moisissures d’abîmer les intérieurs. Le luxe a aussi ses frais de garage.

Le contribuable avance, le propriétaire attend

Le paradoxe tient au calendrier. Le propriétaire sanctionné ne peut pas disposer librement du bien. Les prestataires ne peuvent pas, sans précaution, lui fournir des services qui reviendraient à contourner le gel. Et l’État membre reste chargé de faire appliquer les sanctions.

Résultat : la puissance publique peut avancer ou supporter les dépenses de maintien en état, en attendant une issue juridique. Si les sanctions sont levées, les frais peuvent être réclamés au propriétaire pour récupérer son bien. Mais entre-temps, les factures, elles, arrivent à quai.

D’autres cas italiens ont été signalés : le Scheherazade en Toscane, ou le Lady M à Imperia, avec des coûts également élevés. La France est aussi concernée par l’entretien de yachts immobilisés, comme l’Amore Vero. Le gel est européen ; les factures, elles, sont très locales.

La règle produit une zone grise coûteuse

Il n’existe pas une « taxe européenne du yacht à 30 000 dollars par jour ». Ce serait trop simple. Ce qui existe, c’est un empilement : gel des ressources, interdiction de mise à disposition de services, compétence des États pour l’exécution, et obligation pratique de conserver un navire de très grande valeur.

Le dispositif se défend : il évite qu’un bien serve à une personne sanctionnée, tout en préservant les droits de propriété tant qu’il n’y a pas confiscation. Mais il fabrique aussi une situation peu intuitive : un yacht d’oligarque ne navigue plus, et c’est l’autorité qui le surveille qui peut payer le carburant des générateurs.

À Gibraltar, l’Axioma a été vendu aux enchères dans un autre cadre juridique. C’est l’issue que beaucoup de ports préféreraient : moins de moisissures, moins d’assurances, et moins de jours à 30 000 dollars.

Pourquoi cette règle existe

Le dispositif vise à empêcher des personnes sanctionnées de disposer de leurs fonds ou ressources économiques, tout en évitant une confiscation automatique. Sa défense principale est la réversibilité : le bien est neutralisé pendant les sanctions, mais la propriété n’est pas transférée sans base juridique distincte.

consilium.europa.eusource officielle

Ce que lui reprochent ses critiques

  • Le gel peut faire peser sur l’autorité de garde des coûts très élevés de conservation, comme les 9,9 millions d’euros par an évoqués à Trieste. portseurope.com
  • Comme le gel n’est pas une confiscation, la vente immédiate du navire n’est pas l’issue normale, ce qui prolonge les frais de port, de sécurité et d’entretien. finance.ec.europa.eusource officielle
  • Les restrictions sur la fourniture de services et la mise à disposition de ressources compliquent le paiement direct des dépenses par les personnes sanctionnées. finance.ec.europa.eusource officielle
  • Des cas italiens distincts montrent que le problème ne se limite pas à un seul bateau : Scheherazade, Lady M et Sailing Yacht A ont chacun généré des frais de garde ou d’entretien importants. leparisien.fr

Ce que ça coûte

EstimationEstimé par la rédaction

Estimation de la rédaction

11 M€ par an

Notre calcul

cout_jour * jours

HypothèseValeurSource
Coût journalier évoqué pour le Sailing Yacht A cout_jour30 000 dollars par jour leparisien.fr
Nombre de jours retenu pour annualiser un coût quotidien jours365 jourshypothèse de la rédaction

Ordre de grandeur annuel en dollars à partir du coût journalier cité pour le Sailing Yacht A ; il ne décrit pas tous les yachts immobilisés.

Ordre de grandeur calculé par nos soins à partir des hypothèses ci-dessus : ce n’est pas un chiffre officiel.

Les autres coûts

Les coûts non monétaires tiennent surtout à l’immobilisation longue, aux contentieux et à l’occupation d’infrastructures portuaires pendant des années.

Et ailleurs en Europe ?

  • Italie

    À Trieste, le Sailing Yacht A est maintenu à quai sous sanctions, avec des coûts d’entretien et de garde évalués à environ 9,9 millions d’euros par an ou 30 000 dollars par jour selon les reprises des déclarations locales.

    portseurope.com
  • Royaume-UniPlus simple qu’en France

    À Gibraltar, l’Axioma a été vendu aux enchères dans un autre cadre juridique, solution permettant d’éviter une garde prolongée à la charge de l’autorité qui détient le navire.

    kesq.com

Les pistes de solution

  • Recourir à une vente judiciaire lorsque le cadre juridique applicable le permet, comme pour l’Axioma à Gibraltar, afin d’éviter une immobilisation et des frais de garde prolongés.

    Proposée par Autorités de Gibraltar, 2022Adoptée

    kesq.com

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Sources

Cette fiche s’appuie sur 5 sources, dont 2 officielles (textes, rapports, données publiques). Elle a été rédigée avec l’aide de l’intelligence artificielle, contre-vérifiée par une seconde recherche indépendante, puis relue avant publication. Notre méthode

Recherche web complémentaire (5 sources)
  1. leparisien.frLe yacht « le plus laid du monde » confisqué à un oligarque russe coûte « 30 000 dollars par jour » aux contribuables italiens
  2. portseurope.comTrieste mayor says frozen Russian-linked Sailing Yacht A costs Italy €9.9 mln a year
  3. kesq.comItalian taxpayers are paying millions to keep Russian yachts afloat - KESQ
  4. consilium.europa.euHow the EU adopts and reviews sanctions - Consilium
  5. finance.ec.europa.euCommission consolidated FAQs on the implementation of Council Regulation No 833/2014 and Council Regulation No 269/2014