Livret A : le plafond relevé en février, probablement entre 25 000 et 30 000 euros
Le plafond du Livret A sera relevé en février, a annoncé Sébastien Lecornu à l’Assemblée nationale, avec une limite envisagée « entre 25 000 et 30 000 euros ». Le gouvernement veut accroître l’épargne réglementée disponible, tandis que le futur taux reste à arbitrer.
L’essentiel
- Le plafond du Livret A sera relevé en février, entre 25 000 et 30 000 euros.
- Le taux doit aussi augmenter, mais son niveau n’a pas encore été annoncé.
- La mesure bénéficiera surtout aux 15 % d’épargnants déjà au plafond.
Une annonce faite à l’Assemblée
Le plafond du Livret A sera relevé en février. Sébastien Lecornu l’a annoncé mardi 3 novembre à l’Assemblée nationale, lors de la séance des questions au gouvernement, en avançant une nouvelle limite située « entre 25 000 et 30 000 euros », selon franceinfo et Le Figaro avec l’AFP.
Aujourd’hui, le plafond est fixé à 22 950 euros. Si l’exécutif retenait la borne haute, les épargnants ayant déjà rempli leur Livret A pourraient y déposer jusqu’à 7 050 euros supplémentaires. Le Premier ministre a également indiqué que cette hausse interviendrait au moment de la prochaine révision du taux de rémunération, qui « sera amené à augmenter ». Aucun niveau n’a toutefois été communiqué.
Le montant définitif doit être précisé « dans les semaines qui viendront » par le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, après une dernière concertation avec les banques et la Caisse des dépôts.
Des fonds orientés vers l’investissement public
Le gouvernement présente ce relèvement comme un moyen de mobiliser davantage d’épargne réglementée au service de priorités publiques. Le Livret A finance historiquement le logement social : les sommes collectées, avec celles du LDDS, sont en partie centralisées par la Caisse des dépôts, qui accorde ensuite des crédits notamment au logement social et aux politiques de la ville.
Sébastien Lecornu veut aller au-delà de cet usage traditionnel. D’après franceinfo, l’exécutif souhaite orienter une partie de ces ressources vers les nouveaux réacteurs nucléaires, le plan d’adaptation au changement climatique, les bâtiments publics et les infrastructures. Actu.fr rappelle également que le gouvernement envisageait ces dernières semaines d’utiliser les fonds collectés pour financer la rénovation des lycées.
L’annonce est intervenue en réponse à une question de Christophe Naegelen, chef de file des députés Liot, qui défendait l’idée d’un grand emprunt national. Le gouvernement privilégie, pour l’instant, l’augmentation du plafond d’un produit d’épargne déjà largement distribué plutôt que la création d’un nouveau support de financement.
Une mesure centrée sur les livrets déjà remplis
Le relèvement du plafond ne bénéficiera directement qu’aux détenteurs ayant déjà atteint la limite actuelle. Ils ne représentent pas la majorité des épargnants. Selon actu.fr, qui cite les statistiques de la Banque de France, seuls 15 % des Français atteignent le plafond du Livret A. L’encours moyen s’élevait à 7 554 euros dans un rapport de juillet 2026, très en dessous de la limite de 22 950 euros.
Cette donnée limite la portée sociale de la mesure. Les ménages disposant d’une épargne disponible importante pourront placer davantage d’argent sur un support garanti et défiscalisé. Ceux qui n’ont pas rempli leur livret, en revanche, ne verront pas de changement immédiat dans leur capacité à épargner.
La Fédération bancaire française a déjà exprimé ses réserves. Dans un entretien aux Échos cité par actu.fr, son président Olivier Gavalda estimait qu’un relèvement à 30 000 euros serait « une très mauvaise idée ». Il mettait en avant deux arguments : l’augmentation des encours ferait croître le volume d’intérêts échappant à l’impôt, tandis que les livrets déjà au plafond seraient surtout détenus par des clientèles aisées.
Un produit moins attractif depuis la baisse du taux
Le calendrier retenu coïncide avec la prochaine révision du taux. Selon franceinfo, les Livrets A et LDDS représentaient 606,7 milliards d’euros fin septembre, un encours stable sur un an d’après la Caisse des dépôts. La collecte, elle, s’est affaiblie : en septembre, les retraits ont dépassé les dépôts de 1,52 milliard d’euros sur les Livrets A.
Ce recul s’inscrit dans une tendance observée depuis le début de 2025, lorsque le taux de rémunération a commencé à diminuer, jusqu’à atteindre 1,5 % début 2026. L’annonce d’une remontée du taux peut donc contribuer à rendre le placement plus attractif, au moment où l’exécutif veut l’utiliser plus largement comme canal de financement.
Les arbitrages attendus portent désormais sur deux paramètres : le plafond exact, entre 25 000 et 30 000 euros, et le nouveau taux. De ces choix dépendront l’ampleur de la collecte supplémentaire et le coût de la rémunération pour le circuit de l’épargne réglementée.
Sources
Cet article croise 4 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication. Notre méthode