Mercredi 4 novembre 2026

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Smic : le gouvernement envisage une hausse anticipée mais limitée dès décembre

Le gouvernement étudie une revalorisation du Smic dès le 1er décembre, avec un éventuel « coup de pouce » de faible ampleur. Jean-Pierre Farandou promet des annonces « autour du 5 novembre », sous la pression des syndicats et des contraintes affichées sur l’emploi.

Portrait de Jean-Pierre Farandou en costume.
Jean-Pierre Farandou, président de la SNCF, en 2019. (photo d’illustration) Maxime Huriez · CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

L’essentiel

  • Le gouvernement étudie une revalorisation du Smic avancée au 1er décembre.
  • Un coup de pouce limité de 0,5 % à 0,6 % est discuté, sans décision arrêtée.
  • L’exécutif invoque les risques sur l’emploi, l’inflation et le coût du travail.

Une décision attendue autour du 5 novembre

Jean-Pierre Farandou veut aller vite. Devant l’Assemblée nationale, le ministre du Travail a dit espérer des annonces « autour du 5 novembre » afin de « réenclencher la dynamique salariale » en France, à la veille d’une mobilisation intersyndicale centrée sur les salaires.

Selon Le Monde, le gouvernement examine l’hypothèse d’avancer au 1er décembre la revalorisation automatique du Smic normalement prévue au 1er janvier. L’exécutif étudie aussi la possibilité d’un « coup de pouce » supplémentaire, même si aucune décision n’est arrêtée à ce stade.

Le dossier est politiquement sensible. Seul revenu indexé sur l’inflation, le Smic se trouve au cœur des tensions sur le pouvoir d’achat. Le gouvernement cherche donc un signal suffisamment visible pour répondre à la pression sociale, sans ouvrir la voie à une hausse qu’il juge trop coûteuse pour les entreprises.

Un geste limité plutôt qu’une forte hausse

Les discussions portent, pour l’heure, sur une augmentation modérée. D’après l’article économique publié le 29 octobre, les syndicats ont rejeté la simple anticipation de la revalorisation attendue au 1er janvier, évaluée à environ 1 %. Une autre piste est désormais sur la table : un coup de pouce supplémentaire de 0,5 % à 0,6 %.

Un tel scénario resterait très éloigné des revendications syndicales évoquées dans les échanges avec le gouvernement, qui portent sur des hausses de 100 à 150 euros. La France insoumise défend, de son côté, une augmentation de plus de 220 euros afin de porter le salaire minimum à 1 700 euros net mensuels.

Jean-Pierre Farandou a toutefois écarté l’idée d’une hausse massive. Sur France Inter, le ministre a parlé d’une « fausse bonne idée », invoquant les risques pour l’emploi et l’inflation. Il dit chercher un « chemin de crête » entre soutien au pouvoir d’achat et préservation de l’activité.

Le coût du travail au centre des arbitrages

Dans les arbitrages de l’exécutif, le coût du travail pèse lourd. Jean-Pierre Farandou a rappelé que 14 % des salariés sont rémunérés au Smic et mis en garde contre les conséquences d’une revalorisation trop forte. Selon lui, une hausse de 16 %, correspondant à la proposition portée par LFI, pourrait entraîner 250 000 suppressions d’emplois, sans qu’il détaille le calcul ayant conduit à cette estimation.

Les précédentes revalorisations donnent la mesure du nombre de salariés concernés. Selon la Dares, la hausse de 1,2 % intervenue au 1er janvier dernier a directement touché 11,8 % des salariés du secteur privé non agricole, soit 2,1 millions de personnes. Une nouvelle hausse de 2,41 % a ensuite été appliquée au 1er juin, en raison de la forte inflation.

Chaque relèvement du Smic se répercute aussi sur les grilles de salaires. Des branches professionnelles se retrouvent alors avec des minima conventionnels inférieurs au nouveau salaire minimum légal, le temps de négocier un rattrapage. D’après le dernier décompte du ministère du Travail cité dans l’article économique, 69 branches de plus de 5 000 salariés restaient en situation de non-conformité, sur 179 examinées.

Syndicats, patronat et fonction publique sous pression

La question dépasse les seules entreprises privées. Dans la fonction publique, la revalorisation du 1er juin a obligé l’État à verser une indemnité différentielle à de nombreux agents afin qu’ils atteignent le niveau du Smic. Bercy a communiqué le chiffre de 862 000 agents concernés, après une anticipation supérieure à un million avancée par le collectif Sens du service public.

Le patronat redoute, lui, l’addition entre une hausse du salaire minimum et la réduction prévue des allégements de charges sur les bas salaires. L’effet total de cette réduction est estimé à environ 9 milliards d’euros en 2027. Jean-Pierre Farandou a ouvert la porte à des discussions sur les allégements généraux, tout en rappelant qu’un effort était attendu pour redresser les comptes publics.

Après un premier cycle de consultations avec les syndicats et les organisations patronales, le ministre du Travail a annoncé son intention d’en engager un second. Les arbitrages devraient donc se jouer dans les prochains jours, avec une annonce possible au moment où la mobilisation sociale cherche à peser sur la réponse du gouvernement.

Sources

Cet article croise 4 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication. Notre méthode