Vrai ou faux ?
Vrai : la ramette de papier d’une mairie peut coûter plus cher qu’en rayon
Sur un achat aussi banal que du papier A4, le prix public n’est pas toujours celui qu’on croit. La centrale d’achat simplifie la procédure ; elle ne garantit pas, à chaque ligne du catalogue, le prix le plus bas.
Vrai ou faux ?
« Une mairie peut payer une ramette A4 plus cher via l’UGAP qu’un particulier chez Carrefour »
5,34 € TTCprix d’une ramette A4 80 g via l’UGAP, contre 4,50 € chez Carrefour
L’essentiel
- Une ramette A4 80 g revient à 5,34 € TTC via l’UGAP contre 4,50 € chez Carrefour dans le cas documenté.
- Le recours à une centrale d’achat n’est pas obligatoire, mais il sécurise juridiquement la procédure pour les acheteurs publics.
- Depuis mars 2026, l’UGAP propose un « bouton prix » pour signaler un tarif jugé décalé par rapport au marché.
La règle
Recours à une centrale d’achat · Code de la commande publique, articles L2113-2 à L2113-5en vigueur depuis 1er avril 2019
Une centrale d’achat peut acquérir des fournitures ou services pour le compte d’acheteurs publics. L’acheteur qui y recourt est réputé avoir respecté ses obligations de publicité et de mise en concurrence pour les opérations confiées à cette centrale.
Résumé fidèle du texte, rédigé par nos soins.
Vrai, avec une ramette bien précise
Oui, une mairie peut payer sa ramette plus cher qu’un particulier.
Le cas vérifiable porte sur du papier A4 blanc 80 g, 500 feuilles. L’UGAP affiche un carton de 5 ramettes à 26,70 € TTC, soit 5,34 € TTC la ramette. En face, Carrefour vend une ramette A4 500 feuilles 80 g à 4,50 €.
Écart : 0,84 € par ramette. Sur du papier. Pas sur un matériel rare, pas sur une pièce technique de centrale nucléaire.
La comparaison a toutefois une limite : l’offre UGAP comprend une livraison « avec manutention ». Le prix Carrefour est un prix de détail. Mais le format, le grammage et le nombre de feuilles sont comparables. La surprise tient là : même sur un produit très standardisé, l’achat public peut perdre la bataille du ticket de caisse.
Le raccourci qui rassure les maires
Le recours à une centrale d’achat n’est pas obligatoire. Une collectivité peut mettre en concurrence, acheter autrement, ou comparer plusieurs centrales.
Mais la centrale a un avantage très concret : elle sécurise la procédure. Le Code de la commande publique prévoit qu’un acheteur qui passe par une centrale d’achat est réputé avoir respecté ses obligations de publicité et de mise en concurrence pour les opérations confiées.
Pour une petite commune sans service achats, c’est tentant. On clique, on commande, on dort mieux. En théorie, la mutualisation doit aussi tirer les prix vers le bas.
En pratique, la réponse ministérielle sur le sujet reconnaît que certaines comparaisons sont délicates : caractéristiques techniques, normes, livraison, montage, garanties. Elle reconnaît aussi que des écarts de prix peuvent être « problématiques ». C’est le genre de phrase administrative qui mérite d’être lue avec une calculatrice.
Soixante-dix centrales et un bouton d’alerte
La réponse ministérielle indique qu’environ 70 centrales d’achat public sont identifiées. L’UGAP, centrale nationale, met ses prix en ligne et revendique plus de 300 000 références.
Depuis mars 2026, ses clients disposent d’un « bouton prix ». Le principe est simple : si une collectivité estime qu’un tarif est décalé par rapport au marché, elle le signale. L’UGAP analyse alors le prix du fournisseur et répond par un alignement ou par une justification de l’écart.
Autrement dit, le système a fini par créer un bouton pour dire : « j’ai vu moins cher ailleurs ». Dans la papeterie, cela ressemble beaucoup à une fonctionnalité que les familles pratiquent déjà entre deux rayons de supermarché.
Petit écart, grand volume
Pris seul, 0,84 € par ramette ne ruine pas une commune. Mais l’achat public fonctionne par volumes, catalogues et habitudes.
Le Sénat rappelle que l’UGAP a enregistré 5,9 milliards d’euros de commandes en 2024. À cette échelle, les écarts unitaires ne sont plus anecdotiques. Une ramette reste une ramette ; multipliée par des administrations, des écoles, des services techniques et des bureaux, elle devient une ligne budgétaire.
La centrale d’achat a donc une vraie utilité : simplifier et sécuriser. Mais elle produit aussi ce paradoxe très français : pour acheter plus simplement, une mairie peut payer plus cher qu’un particulier qui pousse un chariot.
Pourquoi cette règle existe
La règle vise à mutualiser les achats publics, sécuriser juridiquement les procédures et simplifier le travail des collectivités, notamment celles qui n’ont pas de service achats spécialisé. Sa meilleure défense est que le prix affiché peut intégrer des services que le prix grand public ne comprend pas toujours : livraison, manutention, garanties, normes ou conditions techniques.
questions.assemblee-nationale.frsource officielle
Ce que lui reprochent ses critiques
- La réponse ministérielle admet que certains écarts de prix sont problématiques et peuvent fragiliser la confiance des élus et des contribuables dans le système d’achats publics. questions.assemblee-nationale.frsource officielle
- La question parlementaire souligne que les petites communes rurales peuvent se tourner vers les centrales pour la sécurité juridique, tout en risquant de payer plus cher que via un fournisseur local ou en ligne. questions.assemblee-nationale.frsource officielle
- Le volume de commandes de l’UGAP, 5,9 milliards d’euros en 2024 selon le Sénat, donne un enjeu budgétaire réel à de petits écarts unitaires. senat.frsource officielle
Ce que ça coûte
Non chiffréNon chiffré
Ce coût n’a pas été chiffré : ni les administrations concernées ni notre rédaction ne disposent de données assez solides pour avancer un montant.
Les autres coûts
L’écart unitaire documenté est de 0,84 € TTC par ramette. Aucun chiffrage agrégé fiable du surcoût total pour les collectivités n’est fourni.
Le parcours du combattant
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Choisir de recourir à une centrale d’achat plutôt qu’à un marché propre ou à un autre fournisseur
questions.assemblee-nationale.frsource officielle -
Consulter le catalogue et les prix publics de la centrale
ugap.fr -
Commander via la centrale ; l’acheteur est réputé avoir satisfait aux obligations de publicité et de mise en concurrence pour l’opération confiée
legifrance.gouv.frsource officielle -
Signaler un prix jugé décalé via le « bouton prix »
questions.assemblee-nationale.frsource officielle
Les pistes de solution
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Création d’un « bouton prix » permettant aux clients de signaler un prix jugé dépositionné par rapport au marché
questions.assemblee-nationale.frsource officielle -
Mise en place d’un dispositif permanent d’observation de la performance des prix dans le contrat d’objectifs et de performance 2026-2028
questions.assemblee-nationale.frsource officielle -
Réflexion sur le renforcement des obligations de performance et de transparence de l’ensemble des centrales d’achat public
questions.assemblee-nationale.frsource officielle
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Sources
Cette fiche s’appuie sur 6 sources, dont 5 officielles (textes, rapports, données publiques). Elle a été rédigée avec l’aide de l’intelligence artificielle, contre-vérifiée par une seconde recherche indépendante, puis relue avant publication. Notre méthode
Recherche web complémentaire (6 sources)
- questions.assemblee-nationale.frQuestion écrite n° 11755
- eur-lex.europa.euEUR-Lex - 02014L0024-20240101 - EN - EUR-Lex
- ugap.frPapier A4 blanc non recyclé - ramette ou palette | Achat Public - ugap.fr
- senat.frL'urgence d'agir pour éviter la sortie de route : Piloter la commande publique au service de la souveraineté économique - Rapport - Sénat
- questions.assemblee-nationale.frQuestion n°11755 : Contrôle et transparence sur les prix des biens achetés par les administrations - Assemblée nationale
- legifrance.gouv.frSous-section 1 : Centrales d'achat (Articles L2113-2 à L2113-5) - Légifrance