Jeudi 5 novembre 2026

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Triple assassinat près de Marseille : au procès, les ex-alliés se déchirent

Devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône, Ahmed Zakaria Bensaci, dit « Zak », a de nouveau mis en cause Amine Oualane et Karim Harrat dans le triple assassinat de Châteauneuf-les-Martigues. Les deux hommes contestent, dans un procès sous forte tension sur fond de narcotrafic marseillais.

Façade du palais de justice de Marseille.
Le palais de justice de Marseille, à Marseille (France), le 2 septembre 2008. (photo d’illustration) Robert Valette · CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

L’essentiel

  • Ahmed Zakaria Bensaci accuse Amine Oualane d’être le tireur et Karim Harrat le commanditaire.
  • Oualane et Harrat nient toute implication malgré des éléments relevés par les enquêteurs.
  • Le procès est marqué par des tensions dans le box et des menaces visant Bensaci en détention.

Un accusé désigne un tireur et un commanditaire

Le silence s’est fait plus lourd, mercredi 4 novembre, devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône, à Aix-en-Provence, au moment où Ahmed Zakaria Bensaci, dit « Zak », a repris ses accusations. Depuis le début de la semaine, il maintient la même ligne : Amine Oualane aurait été « le tireur » et Karim Harrat « le commanditaire » du triple assassinat de Châteauneuf-les-Martigues, près de Marseille.

Selon RMC, Bensaci a répété ces déclarations « sans ciller », malgré les risques qu’elles peuvent faire peser sur lui. Le Parisien rapporte qu’il avait déjà livré, lundi, une mise en cause plus large : Oualane aurait tiré, Harrat aurait financé, et Malik Kariba se serait chargé du corps. Le Figaro indique également que Bensaci et Malik Kariba ont entamé des aveux lundi, lors d’une audience où les familles attendaient depuis deux semaines des éléments de vérité.

Trois victimes attirées dans un guet-apens

L’affaire jugée aux assises concerne la mort de Brahim Chabane, Réda Khaldi et Nassim Loubani, tués fin décembre 2020 à Châteauneuf-les-Martigues. Brahim Chabane était le frère aîné d’Amine Kessaci, militant antitrafic présent presque chaque jour à l’audience, d’après RMC.

Dans le récit qu’il livre à la cour, Bensaci affirme avoir cru participer à un vol de véhicule. Il dit avoir rejoint Amine Oualane, qui lui aurait parlé d’une opération visant Brahim et Réda. Une fois sur place, il se serait retrouvé dans une Mercedes conduite par Nassim Loubani, tandis que Brahim et Réda se trouvaient dans un autre véhicule. Bensaci raconte alors avoir entendu plusieurs détonations, puis avoir vu une personne ouvrir le feu sur Nassim. Il désigne Amine Oualane comme l’auteur des tirs. « Il y avait un seul tireur », rapporte RMC en citant sa version.

Les victimes ont ensuite été retrouvées dans des véhicules incendiés, selon les sources. Le Parisien précise que Bensaci affirme avoir lui-même été touché par balle au bras.

Oualane nie et dénonce une manœuvre

Amine Oualane rejette ces accusations. « Non je ne reconnais pas les faits », a-t-il répété mercredi, selon RMC. Le Monde le présente comme le fondateur présumé de la DZ Mafia ; RMC le décrit comme l’un des hommes considérés comme chefs de cette organisation criminelle. Les enquêteurs retiennent contre lui et Karim Harrat des écoutes et des traces d’ADN, toujours selon RMC. Les deux hommes nient toute implication.

La défense d’Oualane s’emploie, elle, à ébranler la version de Bensaci. Son avocate, Inès Medioune, a notamment interrogé la logique prêtée à son client : pourquoi aurait-il choisi de payer un témoin gênant plutôt que de l’éliminer sur place ? Le Parisien rapporte qu’Oualane voit dans les déclarations de « Zak » une façon de le « mettre dans la merde » pour espérer en tirer profit. D’après Le Monde, il attribue ces accusations à l’influence du clan Yoda, rival présumé dans l’univers du narcotrafic marseillais.

Une audience sous tension

Ces déclarations ont rompu le calme relatif du procès, ouvert le 19 octobre, selon RMC. Mercredi, l’audience a été brièvement suspendue après un échange tendu entre Bensaci et Oualane dans le box. Le Parisien décrit désormais un face-à-face central entre les deux anciens proches, tandis que d’autres accusés, dont Malik Kariba, Karim Harrat et Nadjim Ahamada Mbae, apparaissent soudés contre Bensaci.

Le président de la cour a toutefois rappelé la portée limitée de ces révélations à ce stade : la version de Bensaci « ne scelle pas la vérité objective », rapporte RMC. Depuis ses premières accusations, l’accusé aurait été visé par des menaces verbales en détention, selon son avocate citée par Le Figaro. Celle-ci dit craindre pour sa sécurité, alors que plusieurs mis en cause sont incarcérés au quartier d’isolement des Baumettes.

Les débats doivent à présent confronter cette parole nouvelle aux contestations des autres accusés, ainsi qu’aux éléments techniques de l’enquête et aux attentes des familles. Dans la salle, les proches des victimes ont salué les premières déclarations de Bensaci, tout en continuant de réclamer justice.

Sources

Cet article croise 4 sources. Il a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle à partir des contenus ci-dessous, puis relu avant publication. Notre méthode